France : Le scénario du Titanic se profile pour EDF et Areva


L’information du jour nous indique que le géant énergétique français est au plus mal, et que l’état qui en est le principal actionnaire va devoir mettre la main au portefeuille. Portefeuille que nous, contribuables, allons devoir renflouer...

L’industrie énergétique de la France se porte en effet très mal, et le fait que le directeur financier d’EDF Thomas Piquemal ait annoncé sa démission en mars de cette année - entraînant au passage une forte baisse des actions boursières d’EDF - reflète la situation économique de l’entreprise française, au plus mal depuis plusieurs années.

Les fédérations de l’énergie (CGT, CFDT, CFE-CGC et FO) auxquelles s’associent les syndicats européens IndustriALL et EPSU avouaient récemment être très préoccupées par « la mise en demeure » de la Commission européenne pour l’ouverture des concessions hydrauliques à la concurrence. Elles dénoncent également le projet de construction de deux EPR en Grande-Bretagne, projet nommé Hinkley Point qui devrait coûter la bagatelle de 23 milliards d’euros (source).

Un montant jugé démentiel, alors que l’EPR finlandais d’AREVA est une impasse ruineuse, et que l’EPR de Flamanville d’EDF a tout du chantier non maîtrisé, avec une échéance peut-être en 2018. Les deux tiers de cette facture devraient être payés par EDF et le tiers restant par un partenaire chinois. Cela veut donc dire qu’EDF doit trouver 15 milliards d’euros pour financer ce projet. Or EDF vaut en ce moment en Bourse moins de 20 milliards d’euros, trop peu donc (source).

Thierry Gadault, rédacteur en chef du site hexagone.fr indique que la dette d’EDF de 66 milliards d’euros à la fin de l’année 2015, ajoutant que :

Quand on a 66 milliards d’euros de dettes, 100 milliards à financer dans les centrales françaises, 20 milliards à rajouter pour la Grande-Bretagne, on peut considérer qu’on est dans une très mauvaise situation...

Ajoutez à cela que la filiale d’EDF qui développe les énergies renouvelables (EDF EnR) a été rachetée à prix d’or, mais ne représentait fin 2015 que seulement 2% du chiffre d’affaire d’EDF, car peu productives, intermittentes et donc non rentables. De plus, l’éolien érigé en symbole de l’avenir énergétique a répandu une image faussée de l’ensemble du groupe EDF mettant en péril le développement de ses autres activités majeures (source).

Cerise sur le gâteau, il y a quelques semaines le Journal de l’Énergie révélait une série de notes internes d’EDF mettant en lumière l’état de délabrement de nombreux moteurs diesel de secours dans les centrales nucléaires françaises. L’entreprise (EDF) leur a rapidement adressé un courrier les menaçant de poursuites si ces documents n’étaient pas retirés de leur site (source).

Areva également en difficulté

Areva, sous la présidence d’Anne Lauvergeon, est également en quasi-faillite. Après 5 milliards d’euros de perte en 2014, le spécialiste français du nucléaire Areva annonçait le 26 février de nouvelles pertes à hauteur de 2 milliards d’euros, alors que l’Etat français en est actionnaire à 86,5%(source).

Pour ne rien arranger, Olivier Fric, businessman et époux d’Anne Lauvergeon, a été mis en examen pour délit d’initié et blanchiment pour avoir bénéficié d’informations privilégiées sur le rachat par Areva en 2007, de la société minière canadienne UraMin pour 1,8 milliard d’euros, un actif qui s’est effondré en quatre ans, les faits ayant été révélés par un cinglant rapport de la Cour des Comptes (source).

La contribution au service public de l’électricité

Alors que la facture d’électricité a augmentée de près de 30 % chez les particuliers entre 2007 et 2015, elle a littéralement explosé entre 2010 et 2016, en étant multiplié par cinq. Cette explosion est due en particulier aux différentes taxes appliquées par l’État, taxes représentant près d’un tiers de votre facture d’électricité (source) . Ce qui laisse présager au vu du renflouement d’EDF par l’état une facture d’électricité de plus en plus salée à l’avenir...

Le Veilleur

EDF va mal, l’Etat à la rescousse avec 3 milliards d’euros

En difficulté, l’électricien va procéder à une augmentation de capital et à un plan sévère d’économie pour sortir la tête de l’eau. L’Etat, actionnaire majoritaire d’EDF, va donc devoir mettre au pot…

EDF, confronté à de lourds défis, a annoncé vendredi une série de mesures choc pour renforcer sa situation financière. Parmi elles, un projet d’augmentation de capital de 4 milliards d’euros, auquel l’état entend participer à hauteur de 3 milliards. Dans un communiqué publié vendredi à l’issue d’un conseil d’administration, le groupe détenu à près de 85 % par l’état a dit vouloir procéder à cette opération de renflouement d’ici à la clôture de ses comptes 2016 (c’est-à-dire le début de l’année prochaine).

Bercy a annoncé dans la foulée son intention de participer à cette augmentation de capital de l’électricien, pour un montant de 3 milliards d’euros. Le gouvernement a en outre accepté de recevoir les dividendes d’EDF qui lui seront dus au titre de 2016 et 2017 sous forme d’actions, plutôt qu’en numéraire, ce qui va soulager fortement la trésorerie du groupe. « L’Etat réaffirme ainsi sa confiance dans la direction de l’entreprise et l’ensemble de ses salariés pour assurer la réussite d’EDF dans le cadre d’un dialogue social de qualité », ont fait valoir les ministères de l’Economie et des Finances dans un communiqué commun. De la belle langue de bois pour indiquer que Bercy soutient le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy.

De son côté, EDF va se mettre encore plus au régime. Il entend désormais diminuer ses charges opérationnelles d’un milliard d’euros en 2019 par rapport à 2015, bien au-delà des 700 millions qu’il visait déjà en 2018. Le géant de l’électricité va également réduire de 2 milliards d’euros les investissements prévus entre 2015 et 2018, et entend céder pour 10 milliards d’euros d’actifs au cours de la période 2015-2020. Ces cessions incluront notamment une « évolution du capital » de RTE, autrement dit une cession totale ou partielle du gestionnaire du réseau électrique haute tension, actuellement détenu à 100 % par EDF, une hypothèse qui était à l’étude depuis des mois.

Source 20minutes



Commentaires 3

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Il est urgent de développer et rendre accessible à tous les technologies permettant de fabriquer sa propre électricité sans ajouter à la pollution actuelle. Ces technologies existent.

    Je ne pleurerai pas sur le sort de ces deux entités. D'une part pour avoir développé le nucléaire au détriment d'autres sources énergétique ayant entraîné une pollution inacceptable par émission de déchets nucléaires sans avoir ni les moyens ni le courage de trouver comment les éliminer sans danger, ainsi que présenter un danger inadmissible pour les populations tant avec les mines qu'avec des centrales risquant de lâcher à n'importe quel moment dès lors qu'il n'y aura plus d'argent pour en assurer l'entretien. Et d'autre part pour avoir versé plus de dividendes que leurs bénéfices ne le leur permettait, avoir pris en otage les utilisateurs de l'énergie électrique en autorisant des taxes sur des taxes et avoir rendu opaque leur gestion et continuer sur la voie avec notamment Linky et annoncé des augmentations du prix de l'énergie alors que leurs salaires et avantages ne sont jamais remis en question. Et bien d'autres griefs à l'encontre de ces deux sociétés vampires.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • C'est clair ! Quant à leur sort, l'état va les renflouer grâce à nos impôts, qui vont donc augmenter, alors que prix du kilowatt va lui aussi grimper et augmenter nos factures pendant que les licenciements vont se faire à la pelle, et pour finir le « fleuron » de l'énergie française en délabrement sera racheté comme l'a été alstom, par une société américaine ou chinoise... Fin de partie.

avatar de PH7
  • PH7 a répondu 1 0
  • Il va falloir réapprendre à fabriquer des bougies ... Et encore, si les matières premières ne sont pas déjà l'exclusivité des chinois ou américains ! Enfin, ça donnera du travail aux chômeurs, car il faudra pédaler pour alimenter les usines en énergie électrique.

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