France : La cuve du réacteur nucléaire EPR a été fabriquée... au Japon !


La technologie nucléaire, fleuron de l'industrie française ? Pas vraiment. Areva ne sait pas fabriquer la cuve du nouveau réacteur EPR, en cours de construction à Flamanville. Cette pièce cruciale d'une centrale nucléaire a été fabriquée? au Japon. Un secret jalousement tu.
 
EDF a enfin posé la cuve du réacteur EPR de Flamanville lundi 27 janvier après une semaine de préparation minutieuse. Ce gros objet de 425 tonnes qui mesure 11 m de haut et plus de 5 m de diamètre a été positionné dans le puits de cuve sous le regard attentif de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
 
Cet événement ponctue un feuilleton qui a commencé en octobre dernier lorsque la fameuse cuve est arrivée dans le Nord Cotentin après un long voyage. On a cru un moment qu'elle ne pourrait jamais être posée. Il faut dire que cet équipement a connu une série d'incidents au cours de l'automne, suffisamment significatifs pour amener l'ASN à demander une suspension des travaux dans le bâtiment réacteur . Le chantier de Flamanville accumule en effet retards et malfaçons .
 
Mais là n'est pas le plus intéressant. A l'heure où le nucléaire est salué comme un pilier du redressement productif de la France, il convient de s'intéresser de plus près à cette cuve. Si elle a été assemblée en Saône et Loire dans l'usine de Chalon-Saint-Marcel d'Areva, on ne peut pas dire que c'est un équipement made in France. Du reste, Areva ne dit jamais que les 50.000 heures d'études et de fabrication de ce gros morceau de ferrailles ont toutes été réalisées en France .
 
Lors du débat public sur le projet Penly III, Christophe Quintin, alors inspecteur de l'ASN, avait entériné ce fait : « Je confirme que tout ne se fait pas en France » (verbatim de la séance du débat public Penly III d'Envermeu, p. 10). Car non seulement, l'industrie française ne sait plus assembler un réacteur, mais elle ne parvient même pas à forger des viroles de cuves.
 
Si le couvercle de cuve a été forgé à Châlon, comme l'atteste un courrier de l'Autorité de sureté (courrier de l'ASN au président d'AREVA NP, Réf : CODEP -DEP -2011 -006846), nous ne disposons d'aucune information sur la fabrication de la cuve elle -même, dont les dimensions dépassent largement celles qui ont été réalisées pour les réacteurs actuellement en service.
 
Ce que nous savons, c'est que la cuve de l'EPR a nécessité des techniques nouvelles, en particulier la réalisation de la virole porte -tubulure et de la bride de cuve en une seule pièce monobloc. Areva n'a jamais été en capacité de mettre en oeuvre ces techniques nouvelles malgré les travaux d'agrandissement réalisés depuis une dizaine d'années. Car il n'est pas simple de forger des lingots de 500 tonnes d'acier pour réaliser des viroles de cuve de réacteur nucléaire. Le fleuron de la métallurgie française, dont le savoir-faire s'est érodé au fil des années, a donc dû sous -traiter la forge de composants essentiels des EPR.
 
On comprend mieux dès lors le souci d'Areva de conclure en 2006 un partenariat industriel avec la compagnie japonaise Mitsubishi. Cette alliance a permis la fabrication des cuves qu'Areva ne maîtrise plus. Derrière les déclarations sur le souci d'oeuvrer en commun à la promotion du nucléaire en Asie se cache un simple contrat de sous-traitance industrielle.
 
Le conglomérat japonais, Mitsubishi Heavy Industries, a annoncé ainsi dès mars 2004 qu'il fournirait la cuve du réacteur EPR finlandais , travaux menés à Kobé. Quant aux générateurs de vapeur, ils ont été réalisés par Japan Steel Works ! Ainsi les éléments clés du fleuron de la technologie française sont japonais pour la simple raison qu'il n'y a pas en France d'installations pour les fabriquer.
 
En dépit des affirmations d'Anne Lauvergeon, l'entente entre les deux groupes ne s'est pas arrêtée à Olkiluoto, en Finlande. La filiale de Mitsubishi spécialisée dans la fabrication de grands éléments n'a pas réalisé des investissements colossaux pour une seule commande . Puisque la seule usine capable de forger des lingots de la taille nécessaire appartient à Japan Steel Works... c'est elle qui a fourni les composants pour les EPR finlandais et français .
 
Au total, si l'industrie européenne a conçu l'European pressurized reactor - le nom de l'EPR  - à partir du plan Westinghouse, elle n'a jamais été en capacité de réaliser elle -même cette machine. Certes, des opérations industrielles ont été réalisés à Châlon, mais elles ne concernent que l'assemblage des viroles  - qui ont été forgées au pays du soleil levant. Source reporterre.net
 
EPR : Suicide, mode d'emploi (repris d'un article de Jean Pierre Petit à propos de l'EPR)
 
L'EPR, (Europan Pressurized Reactor), est le fleuron du savoir-faire des Français en matière de réacteurs à eau pressurisée. Ce sont « de nouveaux réacteurs », destinés à prendre la suite « des anciens, arrivés en fin de vie, au bout de trente ans de bons et loyaux services ». Simple détail : on ne sait pas démanteler ces réacteurs en fin de vie, pas plus qu'on ne saura démanteler les EPR. AREVA se polarise simplement sur le profit attendu. Avec ces monstres (1600 MW électriques) on pourra produire 22% d'électricité en plus. Coût : 6 milliards d'euros. Gestion des déchets : pas de solution, on verra « plus tard ». Coût du futur démantèlement : même motif, même punition.
 
Avant de se poser la question « faut -il sortir du nucléaire ? » on pourrait poser une question préalable :
 
 - Faudrait -il abandonner immédiatement cet usage, hyper dangereux, du fonctionnement au plutonium, au lieu de l'uranium ?
 
Réponse immédiate des nucléocrates irresponsables :
 
 - Impossible. Que ferions -nous de notre usine de la Hague ? Avant, on achetait du minerai d'uranium aux Africains et on l'enrichissait à Tricastin. Mais Tricastin arrive en fin de vie. On avait trouvé cette astuce, avec la Hague, de fabriquer notre combustible en récupérant le plutonium présent dans les déchets des autres pays.
 
 - Mais ça amène à fonctionner au plutonium. Ca devient hyper dangereux et ça passe par la dissémination incontrôlable de matière fissile pouvant se transformer en bombes ?
 
 - Oui, mais c'est plus profitable. Sinon, que faire ? Fermer la Hague ? Alors, que faire des salariés ? De plus, vous ne voulez pas qu'on déploie des surgénérateurs, sous prétexte qu'avec le sodium, et la tonne de plutonium qu'il y a en dessous, ça serait dangereux. Pourtant, on pourrait refabriquer du combustible à partir de notre immense stock d'uranium appauvri, issu de 50 ans d'enrichissement de minerai, et dont on ne sait que faire, sauf des obus, mais ça reste limité. Une solution intermédiaire est de construire des EPR.
 
 - Quelle différence avec les classiques réacteurs à eau pressurisée ?
 
 - Ils sont plus gros, plus puissants. On gagne en électricité produite, à cause du facteur d'échelle. Et on a prévu une enceinte supplémentaire, et un récupérateur de corium, en dessous, au cas où il y a fusion du coeur et que ça passe au travers de la cuve, pour éviter le « syndrome chinois ».
 
 - C'est pas très rassurant, votre truc ? Et c'est toujours les pieds dans l'eau, comme d'habitude.
 
 - Mais ça crée des emplois, et on peut les exporter, en fabriquer à l'étranger. Tenez, ça a été moins une qu'on n'en vende à Kadhafi, quand il est venu à l'Elysée. Et on vend du MOX. C'est un marché très porteur. Ca améliore notre balance des paiements, non ?
 
 - Dans tout cela, que fait -on des anciens réacteurs, en fin de vie ?
 
 - Ma foi ...
 
 - Et ces nouveaux réacteurs, que fera-t-on de leurs déchets ?
 
 - On le traitera de la même façon qu'on a traité ceux des réacteurs précédents.
 
 - Vous voulez dire qu'on... les stockera ?
 
 - On trouvera bien une solution. Les études ont montré que dans l'argile...
 
 - Mais ces nouveaux réacteurs, ces EPR, il faudra bien les démanteler à leur tour. Vous avez chiffré combien ça pourrait coûter.
 
 - Nous laisserons cette ardoise à la génération suivante.
 
La France fabrique, utilise du MOX et le vend. Le réacteur numéro III de Fukushima était chargé au MOX. L'EPR est conçu pour fonctionner au MOX à 100 %. Ce mélange a tous les défauts. Les assemblages sont 5 fois plus radioactifs que l'uranium enrichi. Le temps caractéristique de refroidissement des assemblages usagés atteint le chiffre vertigineux de 50 ans ! Et en cas d'accident, c'est l'horreur absolue...


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Commentaires 1

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Voilà où nous a mené la politique et le syndicalisme ! Nous ne sommes même plus en mesure de fabriquer nos propres aciers et pourtant nous avions quelques unes des meilleures aciéries mondiales possédant tous les outils nécessaires pour réaliser ces grosses pièces ainsi que les techniques de fonte et d'alliages. De plus ils savent bien que cette technologie est de loin une des plus mauvaises solutions et ils l'avouent ouvertement et sans honte, tout ça pour gagner le petit sou en plus au lieu d'investir dans des recherches de solutions meilleures tant pour l'environnement que pour les générations futures. Tant qu'il existera des personnes ne visant que leur profit immédiat et le bien être de leur triste et courte vie et sans possibilité de modifier les façons de penser en faisant émerger un courant idéologique ouvert sur les lois universelles, nous n'arriverons à rien d'autre qu'à la ruine totale de la civilisation et plus sûrement à l'extinction des espèces. Il serait possible de réaliser de sérieuses économies en stoppant net cette fuite en avant, en analysant le bilan des actions engagées et de la situation actuelle puis en reposant les problèmes en tenant compte de l'évolution des technologies et découvertes, et aussi des erreurs visibles dans le bilan posé. Tant qu'il existera des opposants majoritaires à une réforme totale et absolue de notre mode de vie actuel, aucune chance de voir le monde bouger et s'orienter vers un avenir meilleur. Pour finir, cela va finir ! contraint et forcé et pas véritablement dans le sens souhaité ni espéré, mais à qui la faute aussi ? Aux autres ou à tous ceux qui encouragent et subissent ce système ? Inutile de chercher ailleurs que devant votre miroir, vous en faites partie.

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