France : L’État à la tête d’un des plus gros réseaux de drogue européen ?


Un énorme scandale voit le jour à un moment ou l'exaspération des citoyens à l'encontre du gouvernement est à son apogée : L'ex patron de la lutte antidrogue serait à la tête d’un des plus gros réseaux de drogue en Europe !

Face à ces révélations sur un trafic d’État, nous pouvons donc entrevoir les raisons de l'entêtement de nos dirigeants à sans cesse rejeter vigoureusement toute idée de légalisation du cannabis. Cette affaire pourrait mettre le feu aux poudres alors qu'au delà d'une loi travail rejetée en masse et cause de la multiplications des grèves et blocages en France, l'utilisation d'un 49.3 anti-démocratique utilisé pour son passage en force est déjà considéré comme « la goutte d'eau de trop... ».

Si c'est l'ex patron des stups François Thierry qui est accusé, et qui à ce propos déclarait en 2011 que « Le trafic de stups est devenu moins rentable... », on peut sérieusement se questionner sur l'implication probable du gouvernement dans ce trafic international, car comme le dit à juste titre Libération

Difficile d’imaginer qu’un commissaire loué pour sa prestance, son professionnalisme et sa connaissance des dossiers ait pu agir de la sorte sans l’aval de sa hiérarchie.

De son coté, Égalité et réconciliation en rajoute une couche en argumentant que

C’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs, Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve. Que savaient ces derniers des méthodes de François Thierry ? Ont-ils cautionné ce trafic d’État ? De nouveaux éléments et un témoignage accablant recueilli par Libération dévoilent l’ampleur de ce système, dont l’existence pourrait mettre en péril des dizaines de procédures judiciaires. Contacté dimanche matin, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir avant la publication de notre enquête.

Un scandale qui n'est pas sans rappeler l'implication de la CIA dans le trafic de drogue aux États-unis...

Drogue : révélations fracassantes sur un trafic d’État

Libération révèle le rôle central de François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, dans l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis en lien avec un des plus gros trafiquants européens. Un système d’une ampleur inédite qui s’apparente à un trafic d’État.

1464011886_francois-thierry-claude-gueant-0b3b5.jpg C’est un scandale qui risque de provoquer une déflagration au sommet de la police judiciaire. L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, est soupçonné d’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Visage de la lutte antidrogue française depuis 2010, le commissaire avait pris l’habitude de poser devant ses plus belles saisies, aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs,Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

Que savaient ces derniers des méthodes de François Thierry ? Ont-ils cautionné ce trafic d’État ? De nouveaux éléments et un témoignage accablant recueilli par Libération dévoilent l’ampleur de ce système, dont l’existence pourrait mettre en péril des dizaines de procédures judiciaires. Contacté dimanche matin, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir avant la publication de notre enquête.

Le déclic

Le système a déraillé brutalement le 17 octobre à Paris. Ce soir-là, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) met la main sur 7,1 tonnes de cannabis entreposées dans trois camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement. Une saisie record pour la capitale. Le lendemain, François Hollande se déplace en personne au siège des douanes pour saluer ce « coup fatal » porté aux trafiquants. Mais l’enquête ouverte le jour-même par le parquet de Paris, confiée à la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), va réserver quelques surprises.

Une facture retrouvée dans une des camionnettes et des traces ADN permettent rapidement de remonter jusqu’à un certain Sofiane H., bien connu des services de police. L’homme habite justement boulevard Exelmans, dans un penthouse de 300 m2 avec piscine intérieure, dont le loyer de 9 000 euros est réglé chaque mois en cash. Mais il a surtout la particularité d’être un indic de l’Ocrtis, dûment immatriculé au Bureau central des sources.

Un informateur au pouvoir exorbitant, directement traité par le patron de l’Office, et capable d’importer chaque mois plusieurs tonnes de shit en « livraison surveillée ». Cette technique d’enquête, très prisée des services de stups, permet de laisser passer de la drogue sous le contrôle d’un magistrat, afin de démanteler des réseaux de revendeurs à l’arrivée. Une technique légale. Sauf qu’en l’espèce, Sofiane H. semblait bénéficier d’une protection en haut lieu, ce qui lui permettait de poursuivre ses activités sans jamais être inquiété.

L’affaire d’Exelmans est jugée d’autant plus sérieuse par le parquet que la drogue saisie à Paris fait partie d’un lot beaucoup plus important. Trois jours plus tôt, les douanes avaient déjà intercepté 1,9 tonne de cannabis sur l’autoroute A11, en direction de Nantes. Puis quelques jours plus tard, 6,2 tonnes sont saisies dans une fourgonnette en Belgique. À chaque fois, la marchandise a la même origine. Pour le seul mois d’octobre, plus de 15 tonnes sont donc passées par le même canal sans aucun encombre. Avant que les douanes, avisées par un mystérieux informateur, ne fassent capoter l’opération.

Quel rôle a joué Sofiane H. dans ce trafic ? Et surtout, quelle était la nature de sa relation avec François Thierry pour bénéficier d’une telle impunité ? Après quatre mois de cavale, le trafiquant est finalement interpellé le 22 février en Belgique. Un témoin tellement exposé que le parquet a jugé bon d’envoyer les gendarmes d’élite du GIGN pour aller le chercher en hélicoptère lors de son extradition. Une première en Belgique, quelques jours avant le rapatriement de Salah Abdeslam dans les mêmes conditions. Entendu depuis à deux reprises par les enquêteurs, Sofiane H. est resté très évasif, laissant simplement entendre qu’il avait toujours agi sous les ordres de l’Ocrtis.

Le recrutement

Le parcours de Sofiane H. est à la mesure du scandale qui couve depuis la saisie record du boulevard Exelmans. L’homme peut en effet se targuer d’être le plus gros importateur de cannabis en France, ni plus ni moins.

Dès la fin des années 90, à seulement 20 ans, il est déjà considéré comme un des barons du trafic international entre le Maroc, l’Espagne et la France. Recherché pour l’importation de plusieurs tonnes de shit, il est condamné en 2002 à cinq ans de prison, puis à dix-huit ans pour avoir continué à trafiquer depuis sa cellule. Sur une écoute téléphonique, on l’entend menacer un de ses acolytes de « lui trouer les genoux avec une perceuse » après le vol présumé d’une tonne et demie de marchandise. Quelques mois plus tard, il parvient à s’évader de la prison de Metz lors d’un transfert et s’installe dans le sud de l’Espagne. Une période faste au cours de laquelle Sofiane H. se refait rapidement un nom dans l’élite du trafic international.

1464012072_villa-in-La-Cerquilla-Marbella-f2409.jpg Mais après avoir échappé à plusieurs coups de filet, le Français est finalement arrêté en mars 2009 à côté de Marbella, en Andalousie, dans le cadre de l’opération « Baleine blanche », la plus grosse enquête jamais menée en Espagne sur le blanchiment lié au trafic de drogue. L’opération, qui porte sur un montant de 250 millions d’euros, permet d’interpeller une cinquantaine de personnes et de saisir plus de 200 propriétés et véhicules de luxe. En garde à vue, Sofiane H. essaiera d’effacer ses empreintes digitales en se frottant les doigts aux barreaux de sa cellule. Selon plusieurs sources, c’est lors de sa détention en Espagne qu’il aurait été recruté par François Thierry. « Tamponné », comme on dit dans le milieu.

Extradé en France, Sofiane H. est condamné en avril 2011 à treize ans de prison. Mais il a désormais une bonne avocate. Anne Claire V. n’est autre que la compagne de François Thierry. À l’énoncé du verdict, elle dénonce une « peine sévère ». Mais à peine trois ans plus tard, l’avocate spécialisée en droit immobilier dans un grand cabinet d’affaires parvient à faire libérer le trafiquant. Contre toute attente, Sofiane H. bénéficie d’une remise de peine exceptionnelle suivie d’une libération conditionnelle, accordée par un juge d’application des peines de Nancy.

Une mesure rarissime, réservée à certains repentis. Selon nos informations, Sofiane H. a dû s’acquitter au passage d’une amende douanière de 2 millions d’euros. Qui a réglé cette somme ? Avec quel argent ? Et comment a été payée l’avocate ? Contactée par Libération, Anne Claire V. n’a pas souhaité s’exprimer. Seule certitude : Sofiane H. va désormais s’imposer comme le plus gros trafiquant de l’Hexagone grâce à la protection de François Thierry.

Un homme à la tête du troisième réseau d’Europe en termes de volume de trafic

, selon un enquêteur spécialisé.

Par Emmanuel Fansten - Article complet sur liberation.fr - Introduction par Le-veilleur.com

Notes

On peut aussi se poser d'autres questions, car comme il en est fait mention dans un commentaire concernant cette affaire, on peut s'interroger sur les motivations du journal Libération, puisque ses actionnaires de référence sont :

  • Bruno Ledoux, homme d'affaires qui détient aussi l'Express, l'Expansion, l’Étudiant, Le Nouvel Economiste, la chaine I24news et de nombreux autres médias. Il est aussi l'investisseur en immobilier dont Médiapart a révélé les montages de sociétés en cascade vers des paradis fiscaux. il a également réalisé de nombreuses acquisitions en partenariat avec les principales banques d'affaires mondiales Lehman Brothers, GE Capital, Natixis, ou des acteurs importants tels que Vinci Immobilier. Détail amusant, il avoue « s'intéresser aux périodes de bouleversements politiques majeurs » (source) ;
  • Patrick Drahi, homme d'affaires et entrepreneur franco-israélien, est le président-fondateur (avec Bruno Ledoux) du consortium Altice Media Group, une multinationale spécialisée dans les télécommunications et les réseaux câblés. Il est aussi principal actionnaire de l'opérateur français SFR-Numericable, Virgin Mobile, de l'opérateur israélien Hot, mais aussi Portugal Telecom, Orange Dominicana et l'américain Suddenlink. Classé selon Forbes en 2015 « l'homme le plus riche d'Israël, la 5e fortune française et la 57e fortune mondiale ». Il entretien aussi de très bonnes relations avec le milliardaire Vincent Bolloré et le président du conseil de surveillance de Vivendi (source).

Bien qu'un certain flou règne quant aux orientations politiques de ces deux hommes d'affaires aux affinités pour le moins capitalistes, la position du journal Libération qui fut auparavant affirmé à une appartenance de gauche tend depuis à s'aligner à droite. De la à penser que ces deux hommes pourraient bien vouloir favoriser le retour de la droite au travers du parti des républicains...


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