France : L'épandage aérien de pesticides est enfin interdit !


C'est une belle victoire de la société civile : le Conseil d'Etat a suspendu le 6 mai les autorisations d'épandage aérien de pesticides en France. La bataille juridique a été menée par des environnementalistes antillais.
 
La semaine dernière, des associations antillaises étaient venues à Paris pour présenter devant le Conseil d'Etat, une demande d'abrogation de l'arrêté permettant de déroger à l'interdiction de l'épandage aérien de pesticides en France. Nous avions rencontré Béatrice Ibéné, présidente de l'Association pour la Sauvegarde et la réhabilitation de la faune des Antilles (ASFA) et porte-parole du mouvement de lutte contre les épandages aériens en Guadeloupe.
 
Le Conseil d'Etat vient de donner sa réponse : son ordonnance interdit cette pratique en France et condamne les ministères concernés à verser mille euros aux associations. Malgré leur interdiction par le règlement européen de 2009, les épandages aériens continuaient en France, profitant d'un arrêté ministériel autorisant des demandes de dérogations.
 
Les Antilles, où l'on cultive intensivement les bananes, se battaient depuis plusieurs années pour empêcher les ballets d'avions au-dessus de leurs têtes. Déjà très touchée par la pollution au chlordécone, la population ne supportait plus de voir les îles saupoudrées de produits phytosanitaires toute l'année, au mépris de la santé des habitants et de la biodiversité exceptionnelle des Antilles.
 
Depuis 2012, les associations ASFA, EnVie-Santé et AMAZONA ?uvrant pour la protection de la nature et la santé des habitants, avaient déposé des recours devant les tribunaux administratifs de l'ile de la Guadeloupe et gagné à chaque fois. Mais les demandes de dérogations aux épandages continuaient et la Martinique restait durement touchée par les pulvérisations de fongicides.
 
En obtenant, lundi 6 mai 2014, la suspension de l'arrêté par le Conseil d'Etat, les associations font cesser définitivement ces pratiques dangereuses pour la santé publique en se faisant entendre à l'échelon suprême de la juridiction administrative. Les épandages aériens ne pourront plus avoir lieu dans les autres départements français, comme en Bourgogne où des protecteurs de la nature et de la santé bataillaient aussi contre cette pratique. C'est une belle victoire de la société civile.
 
Texte de l'ordonnance à télécharger (pdf), ou à consulter ici (Conseil d'Etat)
 
Par Bénédicte Martin pour Reporterre



Commentaires 3

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Enfin une bonne nouvelle, mais sera-t-elle tenue jusqu'au bout ? D'un certain côté j'en doute car pour pouvoir se passer de pesticides et autres produits phytosanitaires il existe des règles simples mais non appliquées, comme la diversification des cultures sur de petites étendues, le bocage, la rotation des cultures, etc ... Si l'on a besoin de traiter c'est justement dû à la trop grande concentration des monocultures et à l'immensité des champs. Pourtant en utilisant bien la nature nous ferions de sérieuses économies tout en améliorant les rendements. Le monde agricole est pourtant mal perçu par les autorités et appréhendé comme une activité secondaire, presque marginale or c'est le domaine le plus important dans une économie puisque c'est l'agriculture qui va déterminer notre capacité à nous alimenter donc à produire et servir de base aux autres activités. Mais c'est comme beaucoup de choses en France, les problèmes ne sont jamais posés dans le bon sens et les solutions les plus erronées sont donc admises pour vraies. L'agriculture n'a pas besoin des autres industries alors que l'inverse est totalement faux, or on constate que les autres industries sont devenues prioritaires sur l'agriculture. Il y a donc là un grave défaut de raisonnement.

avatar de Magn3tik
  • Par Magn3tik 0 0
  • Il est temps de faire quelque chose pour notre planète et notre santé !

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Comme d'habitude, les maitres mots sont argent, profit, rendement, et ce, au mépris total du bon sens et du respect de mère nature ! Les vrais problèmes sont ignorés, tout comme les solution naturelles existantes. L'homme ne réfléchit plus rationnellement, il ne prend pas en compte les déséquilibres de la faune locale, qui permettent ainsi l'augmentation de certaines espèces au détriment d'autres, qui habituellement contribuent à la régulation d'espèces nuisibles, que l'on préfère éradiquer à grands coups de matières chimiques nocives...

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