France : il est interdit désormais de manifester !


Voici un témoignage accablant trouvé aujourd'hui sur le blog Paris.RéelleDémocratie.Net et relayé par visions-csfa.org, qui nous démontre une nouvelle fois que notre pays n'est plus dans un état démocratique. Des droits si chèrement acquis par nos ancètres, bafoués de la sorte par l'oligarchie... Que dire ? je suis ecoeuré ! Et vous ?
 
Ce témoignage vient d'une amie qui a voulu manifester à Paris à l'occasion de l'appel international des Indignés. Nous nous sommes rencontrés à Athènes et elle avait pris 24 heures de garde-à-vue pour avoir occupé la place Syntagma en solidarité au peuple grec après avoir marché quelques 2600km depuis Nice et avant de passer en jugement. Comme tous les marcheurs elle a été acquittée. Bref, cette fois, voyons du côté de Paris et de la France.
 
« Je suis arrivée à 17h pour l'assemblée populaire... et là une armée de gendarmes en uniforme de supers-flics m'accueille. Je vois l'assemblée à 50mètres, donc, je m'avance mais le cordon de flics se resserre et me dit :
 
 - Non Madame, par là c'est interdit. Faites le tour.
 
 Je dis:
 
 - Non, je veux pas faire le tour, je veux aller à l'assemblée populaire.
 - C'est impossible Madame, circulez.
 - Et quelle est la loi qui me l'interdit ? Est-ce qu'il y a un règlement, une directive quelconque qui interdise la participation aux assemblées populaire ?
 
 - Non mais Madame, c'est la fin d'une manifestation, ils vont bientôt se disperser. Vous ne pouvez pas y aller.
 
 - C'est peut-être la fin d'une manifestation mais c'est surtout une assemblée populaire. Tout le monde doit pouvoir y participer, ça concerne la dette, l'Europe, ça vous dit quelque chose ? Laissez-moi passer, s'il vous plaît, je pense qu'un bon citoyen se doit de participer aux assemblées populaires.
 
Et là, je m'aperçois que je suis entourée d'un nouveau cordon de flics caparaçonnés de la tête au casque. Je leur arrive à peine aux mentons. On me dit :
 
 - Ne nous obligez pas à employer la force ce serait ridicule, circulez.
 
J'ai beau rappeler que le trottoir est à tout la monde, ils m'obligent à reculer. Ils sont huit pour me ramener au métro. Je leur demande si c'est leur conception de la démocratie. L'un me répond « c'est pas moi, c'est les ordres ». Je dis qu'ils sont pas obligés d'obéir. Et ils me rétorquent :
 
 - C'est ça, on est des moutons !
 
Alors là je leur crie :
 
 - Non, vous êtes pas des moutons ! Un mouton, ça se contente de suivre. Vous, vous obéissez et c'est pire, parce que pour obéir, il y a la conscience qui entre en jeu. Ça veut dire que vous cautionnez les mesures iniques et les ordres arbitraires qu'on vous donne. »
 
On me répond ironiquement :
 
 - On n'a pas fait philo dans notre formation, Madame.
 
Moi j'ai pas fait philo non plus mais j'hallucine... Et je suis descendue dans le métro et j'ai pas vu l'assemblée. Quand on dit que c'est une dictature, c'est pas qu'un slogan, c'est vrai. J'ai pu goûter de la police grecque, italienne et espagnole cette année. Et bien j'affirme que la police française est pire parce qu'elle tue la révolte au stade embryonnaire. Alors pour ça elle n'a pas besoin de matraque. C'est une violence sournoise qui humilie et désespère sans bruit ni heurt.
 
J'ai même vu une journaliste, caméra, à l'épaule se faire recaler avant moi aujourd'hui... Voilà contre quoi il faut apprendre à lutter. Courage : à nous tous, on y arrivera ! »

 
Merci Enna Niluap. Oui nous y arriverons car de Martin Luther King aux féministes, le changement s'est toujours opéré dès que la population a compris que les revendications allaient dans le sens de la démocratie. Ton témoignage est un éclairage on ne peut plus parlant. Notre limite aujourd'hui est l'occupation des médias par un contexte culturel qui ne nous est pas favorable, un contexte d'influence aussi.

Mais rappelons-nous de la lutte des noirs et de celle des femmes. Les médias non plus n'étaient à leurs avantages. Au regard de ça, nous avons beaucoup plus de moyens d'action. Donc le combat est long et difficile, plein de désillusions par moment, mais certainement pas vain, loin de là.
 
Témoignage de Enna Niluap relayé par Boris Aubligine

Appel à témoignages : Paris.RéelleDémocratie.Net



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