France : Explosion des violences policières sous la présidence Hollande


Que les choses soient bien claires, il n'est pas question d'encourager ou même tolérer les groupes de casseurs infiltrés dans de nombreuses manifestations, qu'il s'agisse de pseudos anarchistes en mal de sensations, ou encore - ce qui semble être en voie de généralisation -, de policiers « mandatés » afin de décrédibiliser tout mouvement populaire aux yeux des badauds.

Je ne met aucunement en doute le fait que de nombreux représentants des forces de l'ordre soient encore respectueux des règles et n'approuvent pas cette débauche de violence qui ne symbolise nullement les raisons de leur engagement, mais il en est encore bien trop qui obéissent à des directives douteuses, et aussi certains qui ne semblent même pas dissimuler leur jubilation lors d'un bon « tabassage en règle » !

Je n'ai aucunement la prétention de faire du droit, mais bien qu'il existe toujours une loi pour en contredire une autre, des règles de déontologie existent, en voici quelque unes qui m'ont semblé adaptées au contexte :

Article R. 434-5 – Obéissance - 1 : Le policier ou le gendarme exécute loyalement et fidèlement les instructions et obéit de même aux ordres qu’il reçoit de l’autorité investie du pouvoir hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public (...)

Article R. 434-10 - Discernement : Le policier ou le gendarme fait, dans l'exercice de ses fonctions, preuve de discernement. Il tient compte en toutes circonstances de la nature des risques et menaces de chaque situation à laquelle il est confronté et des délais qu’il a pour agir, pour choisir la meilleure réponse légale à lui apporter.

Article R. 434-14 - Relation avec la population : Le policier ou le gendarme est au service de la population. Sa relation avec celle-ci est empreinte de courtoisie et requiert l’usage du vouvoiement. Respectueux de la dignité des personnes, il veille à se comporter en toute circonstance d’une manière exemplaire, propre à inspirer en retour respect et considération.

Article R. 434-18 – Emploi de la force : Le policier ou le gendarme emploie la force dans le cadre fixé par la loi, seulement lorsque c’est nécessaire, et de façon proportionnée au but à atteindre ou à la gravité de la menace, selon le cas. Il ne fait usage des armes qu’en cas d’absolue nécessité et dans le cadre des dispositions législatives applicables à son propre statut. (Voir code de déontologie de la Police nationale)

La violence appelle la violence, d’où qu'elle vienne, et tout ceci risque de provoquer l'escalade et de mal finir...

Le Veilleur

Le nombre de citoyens tués par des policiers a plus que doublé depuis l’arrivée de Hollande

L’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) rompt le silence qui entoure les violences policières en France. Son dernier rapport (sorti avant les récentes manifestations contre la loi travail) montre une nette progression du nombre de tués par les forces de l’ordre à partir de 2012.

D’environ 8 décès annuels en 2004-2011, on passe brutalement à 19 en 2012, 10 en 2013 et 14 en 2014. La gauche, toujours prompte à dénoncer les violences policières quand elle est dans l’opposition, n’a aucun scrupule pour en faire usage quand elle gouverne.

Si l’alternance n’a en rien fait diminuer le niveau des violences policières, bien au contraire, elle en a fait changer le contexte. Souvent commises dans le cadre de gardes à vue il y a une dizaine d’années, elles s’exercent aujourd’hui majoritairement lors d’opérations de contrôle de l’espace public, comme les manifestations, les opérations de sécurité dans des quartiers jugés sensibles ou dans les Zones à Défendre (Notre-Dame-des-Landes ou Sivens). La répression policière qui a touché les récentes manifestations contre la loi travail, inédite par sa brutalité, en est un parfait exemple.

Les violences policières en France sont à la fois ignorées (il n’existe aucune statistique officielle des personnes blessées ou tuées lors d’opérations de police ou de gendarmerie) et impunies (celles-ci ne font quasiment jamais l’objet de sanctions). Le rapport de l’ACAT sort ainsi à point nommé à l’heure où de nombreux manifestants tombent sous les coups des forces de l’ordre.

Selon le rapport, la victime-type des violences policières et jeune (les trois-quarts ont moins de 35 ans et 1 sur 6 est mineur), masculin et issu de l’immigration (notamment dans le cadre d’interpellations lors des contrôles d’identité). Démonstration parfaite avec la répression impitoyable qui s’est abattue sur les manifestants contre la loi travail notamment le 17 mars à Tolbiac ou les CRS sont allés tabasser les manifestants jusque dans les amphithéâtres. Le lieu était, il est vrai, éminemment symbolique - Valls y a scellé son destin d’apparatchik socialiste.

Violence inédite selon des témoins et un journaliste de Libération qui relate des scènes de carnage :

il y avait des visages en sang, des gens traînés par terre, lors des charges policières contre les étudiants. Les gens qui voulaient sortir du site devaient le faire à visage découvert et étaient filmés par la police.

Au Lycée Bergson, la police s’est acharnée sur un étudiant noir, au total mépris de la campagne lancée par le PS « tous unis contre la haine. » (voir vidéo en bas de page). Pour la FCPE, ces violences policières injustifiées rapportées par les médias ne sont pas des cas isolés.

Pourquoi cette montée de la violence policière lors des manifestations ? En cause, selon l’ACAT, un récent changement de doctrine de maintien de l’ordre. On est passé en quelques années d’une gestion de mise à distance des manifestants (éviter de tuer et le plus possible de blesser) à une politique d’affrontement direct : là où les forces de l’ordre tentaient de repousser les manifestants, elles visent et attaquent désormais la foule avec des armes à « létalité réduite » comme le flashball. Il s’agit désormais de traiter les manifestants comme des ennemis de l’intérieur et de leur appliquer les méthodes de répression contre-insurectionnelle utilisée à l’origine contre la résistance algérienne.

On peut s’attendre à une augmentation des violences policières au cours des prochaines années, à l’heure où le gouvernement socialiste s’apprête à armer plus lourdement les forces de l’ordre suite aux attentats de Paris : outre des fusils d’assaut réservés aux agents de la BAC, des armes intermédiaires comme le Taser ou le flashball dont la dangerosité avérée a pourtant fait l’objet d’un récent rapport. Supposées non-létales, elles occasionnent en réalité de nombreux décès ou infirmités et ça ne devrait sans doute pas s’arranger avec la nouvelle réglementation française qui étend les zones corporelles et n’impose plus de distance minimale de tir, à rebours des recommandations formulées par le Défenseur des Droits. L’assouplissement des conditions dans lesquelles les policiers pourront faire usage de leur arme à feu (limité pour l’heure au cas de légitime défense) prévu par l’article 20 du projet de loi sur la réforme de la procédure pénale, devrait aussi entraîner une hausse des bavures.

C’est dans ces moments de crise sociale où sa légitimité est mise à mal que le Parti Socialiste montre sa vraie nature aux antipodes des engagements de campagne du candidat Hollande : une force politique totalement acquise aux intérêts de l’oligarchie qui n’hésite pas à faire usage de la répression la plus brutale contre tous ceux qui tentent de résister aux diktats des puissances financières.

Par Nicolas Bourgoin


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