France : Du gaz de schiste américain sera livré cet été


« Vous ne voulez pas du gaz de schiste ? Eh bien vous en aurez quand même ! ». Bien que cette nouvelle puisse en irriter plus d'un au premier abord, nous pouvons malgré tout nous réjouir de certains aspects de cette annonce.

D'une part car ce gaz provient des État-Unis, il n'est donc aucunement question de fracturation hydraulique sur le sol français et des dangereux inconvénients que ce procédé comporte, et d'autre part car cela devrait avoir pour effet une baisse des tarifs du gaz domestique avantageuse pour les consommateurs que nous sommes.

Si toutefois des conséquences géopolitiques sont évoquées vis-à-vis de la Russie, il est bon de rappeler que nous n’importons que 16% de notre gaz de Russie, l’essentiel venant de Norvège (42%) puis des Pays Bas (16%), de l’Algérie (9%) et divers autres pays (source stopgazdeschiste.org).

Le Veilleur

Énergie : il y aura du gaz de schiste en France cet été

Après la Norvège et le Portugal, la France s'apprête à recevoir par bateau sa première cargaison de gaz de schiste américain. D'un point de vue économique, l'opération est rentable.

Il n'a pas réussi à entrer par la grande porte, il passera donc par la fenêtre. La France a beau avoir interdit en 2011 la fracturation hydraulique, et par conséquent l'extraction de gaz de schiste sur son territoire, celui-ci va tout de même faire son apparition dans notre pays.

Comment ? Après plusieurs années de forages intensifs, les États-Unis en sont venus à exporter leur surplus de production. Une vraie révolution dans le monde de l'énergie.

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Depuis le boom du gaz de schiste à la fin des années 2000, le continent américain, très gros consommateur d'énergies fossiles, se réservait en effet l'intégralité de sa production. Mais les volumes puisés dans son sous-sol sont tels que les Américains commencent désormais à inonder le marché mondial. Le 15 mars, une première cargaison de 85 millions de mètres cubes de gaz de schiste en provenance de la Louisiane est ainsi arrivée sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) au Brésil.

Un mois plus tard, c'était au tour de l'Europe de bénéficier des premières livraisons. Le 26 avril, le « Creole Spirit », affrété par le groupe gazier texan Cheniere Energy, a débarqué dans un port du sud du Portugal. Dans ses cuves, l'équivalent d'une semaine de consommation du pays.

La France veut, elle aussi, avoir sa part du gâteau. L'an dernier, les deux grands énergéticiens nationaux, EDF et Engie, ont signé une série de contrats avec Cheniere. Et, pour EDF, les premières livraisons dans l'Hexagone pourraient avoir lieu dès le mois de juin, grâce à d'importants travaux réalisés dans son terminal méthanier de Dunkerque (Nord).

Des conséquences géopolitiques et économiques

Les prévisions donnent le tournis, puisque les États-Unis vont exporter jusqu'à 60 millions de tonnes de gaz par an d'ici à 2020. A titre de comparaison, la production mondiale annuelle est actuellement de 250 millions de tonnes. Le gaz de schiste américain va donc apporter un quart de volumes supplémentaires sur le marché mondial. Et l'Europe représente un débouché évident pour écouler ce gigantesque surplus. Avec des importations de GNL qui pourraient tripler d'ici à 2020.

Les conséquences seront multiples. Géopolitiques tout d'abord, notamment vis-à-vis de la Russie, l'un des principaux fournisseurs de gaz en Europe. Mais également économiques, l'arrivée d'un nouveau géant du gaz ayant forcément un impact sur les prix.

Avec l'arrivée du gaz américain, il est possible de maintenir les prix à des niveaux bas pendant les trois ou quatre années à venir, estime-t-on chez Engie (ex-GDF Suez). Il est d'ailleurs intéressant de noter que nous sommes déjà dans une période de baisse des prix du gaz en Europe. Rien qu'en France, sur le segment des tarifs réglementés, la facture d'un ménage qui se chauffe au gaz naturel a baissé de 16 % hors taxe sur les douze derniers mois.

Malgré les nombreuses réticences, le gaz de schiste aura donc finalement réussi à faire sa place, même en Europe.

Par Erwan Benezet - Article complet sur leparisien.fr



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