France : Des paysans boulangers accusés d'excès de transparence


300 000 euros et une peine de prison de deux ans, c'est ce qu'encoure un couple d’agriculteurs qui pourrait être condamné pour avoir précisé sur un panneau que leur pain était fabriqué à partir de farine biologique !

Pour information, le pain incriminé est fabriqué au levain, d'eau, de sel de guérande, et uniquement à partir de farine locale certifiée « Agriculture Biologique » (moulue sur meule de pierre s'il vous plaît !). Peu de chances de se tromper en avançant que ce pain - cuit au feu de bois de surcroît - possède tous les atouts et ingrédients caractéristiques d'un aliment aussi sain qu'hors-normes.

Aucun lien donc avec la baguette ou la boule moisie que votre « Super Q » de quartier ose vous vendre sous l'appellation de pain. Mais non, vous comprenez madame, le label, c'est le plus important, et même si tous les ingrédients utilisés sont certifiés « Bio » et que vous le faites avec amour « à l'ancienne », ça ne suffit pas, il faut le label, allez hop, passez à la caisse !

Et pour ceux qui pensent savoir ce qu'est le label bio (ou qui ont des doutes), quelques liens en fin d'article vous révéleront ce qu'il retourne de ce fabuleux business. Merci à vous de partager les mésaventures de ces paysans afin de les soutenir, et les encourager à continuer de perpétrer ces traditions pour le plus grand régal de nos papilles.

Le Veilleur

Pain noir pour Françoise Bourgeois, accusée pour excès de transparence

Françoise Bourgeois apicultrice et paysanne-boulangère, est convoquée au tribunal correctionnel d'Amiens le 12 mai prochain, en sa qualité de cheffe d’exploitation de APILGER Earl, pour un motif bien étrange : avec son mari Alain, ils ont été transparents avec leur clients, en précisant sur un panneau que leur pain était fabriqué à partir de farine biologique. Ils encourent pour cela une amende de 300 000 euros et d’une peine de prison de deux ans.

Ce qui leur est reproché par l'administration c'est que,

Les boulangers ou distributeurs ne peuvent pas commercialiser impunément des « pains à la farine biologique » en lieu et place de « pain bio » croyant par ce biais pouvoir éviter le contrôle de la panification finale par un organisme agréé.

Ce procès d'intention, Françoise et Alain Bourgeois ne le comprennent pas.

Travaillant à petite échelle (200 kg de pain vendu par semaine), en lien direct avec les consommateurs, ils n'ont pas vu d'intérêt à être certifiés par un organisme agréé mais ont préféré mettre en avant la mention « Nature & Progres » dont le cahier des charges, bien que plus contraignant, se rapprochait plus de leur manière de panifier.

1462984608_ble-bio.jpg Par souci de transparence et par fierté de travailler avec un agriculteur proche de chez eux ils précisent le type de farine utilisé et collent l’étiquette de cet agriculteur sur leur panneau. Ce qui leur est reproché.

D'ailleurs, le contrôleur n'a pas pris la peine de vérifier si la farine utilisée était bien de la farine biologique.

Au vue de la gravité des faits le contribuable pourra en tout cas se féliciter de l'efficacité de l'administration et de l'utilisation de l'argent public. M. Ramery peut impunément détenir 350 vaches de plus qu'autorisé pendant plusieurs mois, il ne sera pas inquiété.

Mais un « gros poisson », tel que APILIGER, produisant du pain pour environ 200 clients potentiellement trompés, selon l’administration, est aujourd'hui convoqué devant la justice pour s'expliquer.

Pourtant, les clients de Françoise et Alain sont leurs premiers soutiens. Beaucoup d'entre eux ont proposé spontanément d'apporter leur témoignage : jamais ils ne se sont sentis trompés. La qualité des produits et la transparence dont font preuve Françoise et Alain, c'est ce qui est important pour eux !

Aujourd'hui Françoise et Alain dénoncent la violence de cette procédure. Dans les courriers et convocations reçues, avant même d'avoir été jugés, on leur prête l'intention d'avoir voulu « faire croire que », ou d'avoir « voulu éviter le contrôle », quant ils ont uniquement voulu être transparents et mettre en avant le label « Nature et Progrès ».

Nous, organisations agricoles et de la société civile, voulons apporter notre soutien à Françoise et Alain Bourgeois pour ce que nous considérons comme une dérive de l'administration. Les contrôles sont nécessaires pour protéger les consommateurs, mais pas de cette façon !

  • Vincent Chombart, porte-parole de la Confédération paysanne de la Somme (06 13 32 53 69)
  • Antoine Jean, porte-parole de la Confédération paysanne Nord Pas-de-Calais (06 07 95 68 88)
  • Catherine Fostier, présidente de l'AMAP d'Abbeville (minbiopaysan@gmail.com)
  • Conseil d'administration de la FAMAPP (famapp@amap-picardie.org)
  • Claude DUBOIS Vice-Président de NOVISSEN (novissen@free.fr - 03 22 31 07 09)

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Commentaires 4

avatar de PH7
  • Par PH7 1 0
  • Tout est de plus en plus absurde ! Jusqu'où ira la crétinerie administrative ? J'espère que la justice aura plus de bon sens mais j'ai un doute.
    C'est comme construire sa maison de façon durable avec les matériaux naturels (au lieu du parpaing, brique ou Ytong) du site de construction, bien mieux isolée que par la nouvelle norme RT chaitpluscombien, plus saine de par la conception et moins énergivore, mais c'est interdit ... Non, tu dois habiter dans des blocs de bétons, chauffé à l'électricité, au gaz et au fioul, ventillé mécaniquement et reposant sur du polistyrène ... Ah j'oubliais : surtout être obligatoirement raccordé aux réseaux !

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 1 0
  • C'est tout à fait cela, et crois moi que si j'ai la chance un jour de posséder mon lopin de terre, j'y collerais une maison faite de mes propres mains, et ce sera bois, pierre, argile, paille, bref que du naturel, et sans fondation en béton (ni demande du moindre permis). Pour ce qui est des réseaux, ils iront se faire voir, je ferais en sorte d'être autonome, et sans rien revendre à edf ! Par contre, ce ne sera probablement pas dans ce pays ou on doit encore payer pour ce qui nous appartient.

avatar de Emilio
  • Par Emilio 1 0
  • Hallucinant cette histoire . Qui s est plaint ? les organismes certificateurs du bio business, ou des fonctionnaires zeles payes pour foutre la merde des qu ils peuvent ?

    Soutien a Françoise et Alain , qui aiment leur metier et leurs consommateurs , leur façon de faire est de l amour , donc condamnable par le systeme qui est fait pour nous ecoeurer , c est leurs buts , satanique !

    ben , les temps changent aussi , c est partout dans le monde que tu dois payer pour vivre , en Colombie , on payait les impots pour la guerre , c etait raisonnable , maintenant il va falloir payer pour la paix .. et la ce sont des impots fonciers carrement confiscatoires .. plus de 470% d augmentation pour moi ! ( on a reussit a les ramenes a 20% , en etudiant leurs decrets de conseil municipal accessible par internet et , qui se contredisaient , du coup du temps de gagner )

    Mais bon , pour le reste , de vivre et travailler librement , ça reste cool . Et parce que l Etat ne peut pas faire autrement ..les gens ne sont pas trop dociles par chez nous , et trop c est trop . Du coup plus personne ne paie les amendes et les impots fonciers , ça grogne et la masse commence a entrer en resistance civile ...

    De toutes façons , le systeme est mort , alors dans pas longtemps , je ferai payer a ces fonctionnaires pourris , une salade (organique) contre 2 onces d or LOL non negociable ! je peux vivre sans eux , mais eux ne peuvent vivre sans moi ..

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Eh oui, la vraie richesse n'est pas l'argent quoiqu'on en dise, et tout l'or du monde ne peut remplacer la nourriture ou encore l'eau. Ce système se meurt en effet, mais il faut être vigilant quant à son effondrement, car sinon l'histoire se répètera !

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