Extinction de la dernière tortue géante des Galápagos...


Les Tortues géantes des Galápagos font partie des animaux les plus emblématiques de la faune des îles Galápagos. Ces tortues terrestres peuvent atteindre jusqu'à 422 kg et mesurer 1,2 m long. Et bien que l'espérance de vie maximum d'une tortue sauvage soit inconnue, leur espérance de vie moyenne est estimée entre 150 à 200 ans. Elles sont endémiques de neuf îles de l'archipel. Le mois de juin 2012 a vu disparaître un de ses plus fameux représentant et en même temps dernier spécimen vivant connu au monde de Chelonoidis nigra abingdonii : Georges le solitaire (photo illustration).
 
La population des tortues des Galápagos était estimée à 250.000 spécimens avant que les îles soient découvertes en 1535 par un navire espagnol. Les Tortues géantes des Galápagos comptaient alors dix espèces, si proches que certains scientifiques les considèrent aujourd'hui comme des sous-espèces d'une espèce unique Chelonoidis nigra au sens large. Seulement 15.000 spécimens survivent aujourd'hui, répartis sur les îles d'Isabela, Santiago, Santa Cruz, San Cristóbal, Pinzón, et Española.
 
Leur déclin est principalement lié aux baleiniers et pirates qui les utilisaient comme réserves de viande fraîche au XVIIIe siècle et XIXe siècle. En effet, immobilisée (en la retournant) la tortue vivait plusieurs mois sans eau ni nourriture. Leur urine diluée était également employée en tant qu'eau potable. En outre, l'introduction d'espèces d'origine étrangère telles que des chèvres sur quelques îles a eu pour résultat la destruction de la végétation qui compose le régime alimentaire des tortues, et pour conséquence la chute de la population.
 
Chelonoidis nigra abingdonii était une espèce de tortue de la famille des Testudinidae endémique de l'île Pinta, dans les îles Galápagos. Le 24 juin 2012, son unique représentant connu, un mâle surnommé Solitario George, est mort sans laisser de descendance, entraînant par la même occasion l'extinction de l'espèce. Ce spécimen unique avait été découvert en 1971 alors que l'espèce était déjà considérée comme éteinte. Il avait été transféré à la Station de Recherche de Charles Darwin, sur l'île de Santa Cruz, avec une équipe dédiée et plus particulièrement une personne s'occupant directement de lui depuis 40 ans.
 
Ce mâle est mort à un peu plus de 100 ans bien que l'espérance de vie des individus de l'espèce atteint les 200 ans. Il ne laisse aucune descendance malgré l'introduction dans son enclos de deux femelles génétiquement proches originaires de l'île Española, une autre île des Galápagos. Les scientifiques avaient testé de nombreuses techniques pour inciter Georges à s'accoupler, allant même jusqu'à tenter de lui donner des idées, en lui montrant des mâles plus jeunes en pleine action avec des femelles. Plusieurs oeufs avaient finalement été pondus en vingt années de tentatives, mais aucun n'avait éclos. Une nouvelle espèce a donc disparu en juin 2012.
 
Le biologiste Edward Osborne Wilson a estimé en 2002 que si le taux actuel de destruction de la biosphère par l'homme se maintenait, la moitié de toutes les espèces en vie sur Terre seraient éteintes d'ici 100 ans. De façon plus significative, le taux d'extinction d'espèces à l'heure actuelle est estimé entre 100 et 1000 fois plus élevé que le taux moyen d'extinction qu'a connu jusqu'ici l'histoire de l'évolution de la vie sur Terre, et est estimée à 10 à 100 fois plus rapide que n'importe quelle extinction de masse précédente. Le taux d'extinction actuel correspondrait donc, pour une espèce, à une espérance moyenne de survie inférieure à 10.000 ans alors que l'espérance moyenne au cours des temps géologiques était de un à dix millions d'années.



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