Etats-unis : Qu'est-ce que le « fiscal cliff », le « mur budgétaire » américain ?


Depuis l'élection présidentielle du 6 novembre 2012, la presse américaine ne parle plus que d'une chose : le « fiscal cliff ». Traduit littéralement par « falaise fiscale », le public français lui préfère le tout aussi imagé « mur budgétaire ». De nombreuses expressions pour un phénomène qui reste encore flou pour beaucoup.
 
On a encore entendu parler du fameux mur pas plus tard que ce samedi 29 décembre : Barack Obama a affirmé cette nuit qu'un accord budgétaire restait possible avec le Congrès avant mardi pour éviter une cure d'austérité forcée aux Etats-Unis, se disant « modestement optimiste » quant aux perspectives d'aboutissement de négociations en cours au Sénat.
 
« Nous pouvons toujours parvenir à un accord »
 
, a déclaré le président américain lors d'une courte intervention à la Maison Blanche, tout en indiquant qu'à défaut, il demanderait au chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, de présenter un texte de loi pour bloquer les hausses d'impôts automatiques censées entrer en vigueur le 1er janvier.
 
Le HuffPost vous propose donc quelques clés pour comprendre cette échéance importante outre-atlantique.
 
« Mur budgétaire » et « plafond de la dette »
 
Le « mur budgétaire » désigne le choc économique qui frapperait les États-Unis si, faute de mieux au 31 décembre 2012, des mesures automatiques de réduction du déficit entraient en vigueur en janvier 2013.
 
Mais attention, il ne faut pas confondre « mur budgétaire » avec « plafond de la dette ». Le déficit budgétaire (qui mène le pays droit dans le « mur budgétaire ») est le fait que les recettes du budget des États-Unis sont inférieures à ses dépenses.
 
Dans le but de financer ce déficit, le pays emprunte de l'argent qui vient grossir le montant de sa dette. Dette qui va atteindre dans les prochains jours son plafond maximal autorisé (lien), déjà relevé près de 80 fois dans le passé, de 16.394 milliards. En théorie, si ce montant est dépassé le pays est alors en faillite et ne peut plus emprunter d'argent. En théorie.
 
Les origines du « mur budgétaire »
 
Ces dernières années, les élus américains n'ont fait que repousser l'inévitable et n'ont maintenant plus le choix. Pendant sa présidence, George Bush a d'abord fait adopter des allègements d'impôts qui arrivaient à échéance fin 2010 (lien).
 
Étant donnée la situation dans laquelle se trouvait l'économie américaine à cette date butoir, Barack Obama avait décidé de les reconduire pendant encore 2 ans (lien).
 
Mais nous voilà maintenant fin 2012 et à quelques jours de la date fatidique du 31 décembre démocrates et républicains demeurent incapables de s'accorder sur un plan de réduction du déficit.
 
Des négociations dans l'impasse
 
Les démocrates, qui contrôlent la Maison Blanche et le Sénat, voudraient préserver la classe moyenne et supprimer les allègements d'impôts pour les plus riches (ceux qui gagnent plus de 250.000 dollars par an). Tout en épargnant des budgets qui leur sont chers comme celui de l'assurance maladie.
 
Les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, refusent quant à eux d'augmenter les impôts pour les plus aisés et ont choisi de placer en grande partie leurs espoirs sur une reprise de l'économie. Ils n'ont d'ailleurs pas hésité à partir en vacances pour les fêtes de Noël en affirmant qu'il revenait au Sénat et à la Maison Blanche de trouver une solution.
 
Quelles conséquences ?
 
Selon la loi, un échec des négociations enclenchera automatiquement le 2 janvier 2013 une baisse des dépenses publiques de 7 à 9% et une augmentation de l'impôt sur le revenu pour 90% des Américains d'environ 2000 dollars par an pour un ménage moyen.
 
Des mesures fortes qui ont pour but d'entraîner une réduction du déficit de 1200 milliards de dollars d'ici 2021. L'équivalent d'une importante cure d'austérité à laquelle les Américains auraient bien du mal à faire face et qui pourrait, d'après des économistes, faire replonger les États-Unis dans la récession.



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