Etats-Unis : les « patriotes » extrémistes inquiètent les analystes


Un fait étrange... Aux Etats-Unis ou en Russie, le patriotisme est une valeur réellement importante, un mode de vie et de pensée même. En France, patriotisme est perçu comme nationalisme et donc comme racisme, cherchez l'erreur... Bref, les ultra-patriotes inquiètent au pays de l'oncle Sam, ils risquent un jour de s'attaquer aux traitres de Washington qui ne méritent pas vraiment mieux !
par Benji - Les moutons enragés

 
Rien ne semble pouvoir arrêter la montée en puissance des milices extrémistes antigouvernementales. Racistes, surarmées, elles menaceraient la sécurité intérieure américaine.
 
Ils n'ont jamais été aussi nombreux. Une récente étude du Southern Poverty Law Center (SPLC), une association américaine de défense des droits, a comptabilisé 1360 groupes extrémistes ultraconservateurs, dits « patriotes » aux États-Unis, en 2012. C'est 7% de plus qu'en 2011. Parmi ces groupes, le SPLC a recensé plus de 300 groupes paramilitaires (les milices), un chiffre bien supérieur au précédent record de 1994, date à laquelle une loi d'interdiction des armes d'assaut avait suscité l'ire des radicaux.
 
« Chaque proposition de contrôle des armes par l'État s'accompagne d'une furieuse réaction, c'est encore le cas avec l'Administration Obama »
, analyse Mark Potok, chercheur au SPLC.
 
graph_groupes_extremistes.jpgOpposées à toute ingérence de l'État fédéral, les milices « patriotes » seraient prêtes à prendre les armes pour défendre leur droit d'en porter.
 
Légende de la photo ci-contre : En rouge, le nombre de groupes extrémistes dits « patriotes ». En vert, les milices. Source: SPLC.

« Ils pensent sans cesse que la Constitution est violée. Avec ces groupes de haine, les choses vont empirer parce qu'ils croient mener une bataille »
, a expliqué David Gletty à CNN. Ancien informateur du FBI, ce spécialiste des milices radicales souligne que
 
« la haine de certains Américains envers la personne du président Obama a accompagné la multiplication des groupes extrémistes ».
« L'hystérie grandit »
 
Le SPLC s'inquiète : « Six mois après avoir alerté l'opinion sur la montée de l'extrémisme, en octobre 1994, une bombe explosait à Oklahoma City », l'attentat le plus destructeur sur le sol américain, jusqu'au 11 septembre 2001.
 
Encouragés par les échecs d'une économie atone, les militants extrémistes se retrouvent généralement autour d'une même haine des minorités ethniques, religieuses et sexuelles, qu'ils accusent de mener un vaste complot contre la nation. « L'hystérie grandit », affirme Mark Potok du SPLC, déplorant que les déclarations anxiogènes du Tea Party et de certains sites ultraconservateurs offrent un espace médiatique à des groupes plus radicaux.
 
« Ils se sentent dos au mur », résume Mark Potok. « Il est grand temps de prendre ce problème en main. » 
D'autres études confirment les observations de l'association indépendante. Une enquête récemment menée par l'Académie militaire de West Point a souligné que la violence d'extrême droite des dix dernières années était quatre fois plus importante que celle des années 1990. Même constat du côté du Congrès américain, dont le Service de recherche a comptabilisé une vingtaine d'actions d'extrémistes américains depuis 2001.
 
Une menace surestimée ?
 
Sans nier les chiffres du SPLC, plusieurs chercheurs veulent toutefois relativiser les menaces qui pèseraient sur la sécurité intérieure.
 
« La hausse du nombre de groupes extrémistes n'implique pas nécessairement une hausse de la violence »
, explique Jesse Walker, du think-tank conservateur Reason Foundation. Certains ont même accusé le SPLC de vouloir noircir le tableau en posant l'étiquette d'« extrémistes » sur des groupes très différents.
 
« Je suis une tueuse, a plaisanté Linda Hunnicutt sur CNN. Et pourtant j'ai 74 ans, les poumons malades et le coeur fragile. Mon activité du moment ? Je brode un dessus-de-lit ! »
, a raillé la fondatrice des « Grands-mères combattantes », une organisation pro-armes ouvertement raciste.
 
« On ne veut de mal à personne, a-t-elle assuré, on veut juste qu'Oncle Sam nous laisse tranquilles. »



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