Etats-Unis : Des esclaves de l'industrie du poulet réduits à travailler en couche-culotte


Je n’ai pas trouvé d’autre mot que l’esclavagisme pour qualifier ce refus des besoins humains élémentaires aux ouvriers par des employeurs aux yeux desquels seul le mot « productivité » compte. Vous imaginez le tableau ? En être réduit à porter des couches car on vous refuse le droit de faire vos besoins, et vous oblige ainsi à uriner et vous déféquer dessus ? Honteux, abject, ignoble, les qualificatifs ne manquent pas !

Comme le souligne à juste titre le site Quartz

Quand vous achetez votre poulet au supermarché ou quand vous mangez au KFC, l’étiquette ne mentionnera jamais les informations choquantes sur les gens qui rendent ce repas possible. Elle ne mentionnera pas, par exemple, que les employés qui ont préparé ce poulet ont peut-être dû porter une couche en travaillant.

Ne riez pas, car entre le retour d’un siècle en arrière imposé par la Loi travail, et dans l’inconnu d’un futur traité transatlantique qui donnera tous les droits aux entreprises, cette pratique pourrait bien se répandre et voir le jour chez nous un beau jour. Souvenez-vous de l’affaire récente à Blagnac ou des téléopérateurs devaient demander une autorisation sans aucune certitude de la voir acceptée. Également, celle d’une entreprise au Honduras qui obligeait ses salariés à porter des couches.

Et quand on pense avoir tout vu sur le sujet, on s’aperçoit qu’il existe aussi des personnes qui donnent tellement d’importance à leur travail qu’ils mettent d’eux-mêmes des couches afin de ne pas perturber une réunion ou encore être plus productif... Comment voulez-vous voir une lueur d’espoir en constatant que l’être humain est assez idiot pour s’asservir de lui-même ?

Le Veilleur

Des ouvriers privés de pause pipi réduits à travailler… en couche-culotte

L’ONG britannique Oxfam a publié une étude indiquant que la grande majorité des 250.000 ouvriers du secteur volailler aux États-Unis ne bénéficiaient pas de pauses pipi adéquates. Ce qui les oblige à porter… des couches ! Ou le dernier avatar du capitalisme, qui sacrifie des besoins humains élémentaires pour toujours plus de productivité.

Pas de répit. Les refus de pause WC dans l’industrie de la volaille.

C’est le titre improbable d’une étude de l’association britannique Oxfam publiée cette semaine. Dans plusieurs usines de volailles aux États-Unis, où règne l’obsession de la productivité, prendre une pause pipi est devenu tellement compliqué que les ouvriers en viennent à porter des couches-culottes durant leurs heures de travail.

Il faut « maintenir la vitesse de production », martèlent les chefs de ligne dans ces usines. Des ouvriers voient donc leurs demandes de pauses pipi ignorées par les supérieurs qui les menacent de sanctions, voire de renvoi. L’ONG rapporte une enquête menée auprès de 266 ouvriers en Alabama par l’association anti-discriminations « Soutern poverty law center », selon laquelle

presque 80% des ouvriers disent ne pas avoir le droit d’aller aux toilettes quand ils en ont besoin

De même pour une usine dans le Minnesota où 86% des ouvriers disent avoir moins de deux pauses pipi par semaine. Des habitudes en totale violation des lois américaines sur le travail. Plus encore qu’un manque de respect de la législation, une dégradation de la condition humaine pour des salariés qui déjà « gagnent de faibles salaires et souffrent de taux élevés de blessures et maladies ».

Les ouvriers se retiennent de boire

Pour de nombreux travailleurs, ce ne sont pas des ordres explicites mais un climat de peur qui les pousse à porter des couches. Ils n’oseraient, en effet, pas demander de pause pour aller soulager leurs besoins. Certains expliquent ainsi que les chefs les menacent sur l’air « humoristique » de

va aux toilettes et après, va aux ressources humaines...

Une pression psychologique qui les incite à se retenir durant des heures avant d’y aller éventuellement. D’autant que le fait même d’aller aux toilettes est un parcours du combattant, freinant de lui-même l’ouvrier qui prendrait trop de retard dans son travail :

Il faut traverser de vastes plateaux d’usines où les sols peuvent être glissants, couverts de sang ou de résidus d’animaux, et sachant qu’il leur faut enlever puis remettre des vêtements de protection

Conséquence de ces pressions plus ou moins insidieuses, voilà les ouvriers réduits à uriner et déféquer debout face à leur ligne d’assemblage, dans des couches qu’ils ne peuvent même pas changer. Et pour éviter d’en arriver là, l’étude explique qu’ils

réduisent leurs prises de liquides et fluides à des niveaux dangereux et risquent de graves problèmes de santé

Les quatres poids lourds de la filière avicole aux États-Unis sont particulièrement montrés du doigt : Tyson Foods, Pilgrim’s, Perdue et Sanderson Farms, qui contrôlent 60% du secteur. A eux tous, ils emploient plus de 100.000 personnes. Au lendemain de la publication de l’étude, Tyson Food a répondu dans un communiqué « ne pas tolérer le refus de demandes d’aller aux toilettes » dans ses usines. En attendant, le secteur volailler « affiche aujourd’hui des bénéfices records », souligne le rapport. De quoi donner des idées au Medef ?

Par Clémence Barral


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Commentaires 2

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Si cela peut prêter à sourire en se disant que c'est une exception aux USA, la réalité est souvent pire et cela même en France au mépris des lois en vigueur et de l'humain en général. De plus, si le TAFTA et consors venaient à être imposés sur le territoire français, cet événement risque fort de devenir banal et d'importance mineure.

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • C'est exactement ce à quoi je fais allusion en début d'article, et si d'aventure il m'arrivait un jour de me trouver dans ce contexte, je peux t'assurer pour ma part que j'irais ch..er sur le bureau du patron

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