Espagne : Para cuándo la revolución ?


Hasta la coronilla ! Rien ne va plus chez Cervantes. Le pays est au bord de l'implosion, la configuration est pré-insurrectionnelle. Le pouvoir, emmêlé dans des affaires de corruption sordides n'apporte aucune réponse aux aspirations légitimes du peuple. La situation se dégrade chaque jour. De grèves en blocage, les jeunes comme les séniors sont ulcérés, l'Espagne s'enfonce...
 
Le peuple réclame le départ d'une monarchie dispendieuse, arrogante et donneuse de leçon, (voir le Livre de la Reine Sofia) qui roule en carrosse alors que 6 millions d'espagnols (27 %) font la queue devant le « Servicio público de empleo estatal », espérant qu'un employeur leur donne de quoi bouffer. Le Roi, qui ne ternit pas la réputation des bourbons en matière de frasques sexuelles, traine un double boulet : celui des chasses royales au coût exorbitant, et celui de son gendre impliqué dans des détournements de fonds. Ce Roi de pacotille, qui avait coupé la parole à Chavez au sommet Ibéro-américain de 2007 en lui disant : « Por qué no te callas ? », ne joue plus les matadors aujourd'hui.
 
Le peuple réclame des solutions au chômage massif et une autre politique que la « rigueur sans perspective ». Politique contestée de toute part, y compris par le FMI ! Les espagnols ont déjà consenti à d'énormes sacrifices avec la hausse de la TVA, du prix des services publiques, des coupes budgétaires dans tous les services de proximité, des fermetures d'hôpitaux...
 
A titre d'exemple, les tarifs du Métro de la Communidad de Madrid ont grimpé en flèche : le carnet de 10 tickets valait 6,70 € en 2006, il vaut près de 12 € aujourd'hui. Le prix du ticket est passé d'1 € à 1,5 € du jour au lendemain. Pendant ce temps les salaires n'ont fait que baisser : un fonctionnaire du Métro de Madrid a vu son salaire passer de 1700 € à 1200 €.
 
Les droits sociaux se sont réduits comme peau de chagrin. Un chômeur ne peut quitter sa région sans en informer le « Servicio público de empleo estatal ». S'il contrevient à cette règle, il risque la radiation immédiate et la perte de ses allocations. Vous avez bien lu, les chômeurs sont traités comme des délinquants en liberté surveillée. La liberté de circuler, liberté ultra fondamentale, n'existe donc plus pour les chômeurs espagnols.
 
Quant aux salariés, ils sont sommés de ne pas se plaindre. Leurs primes de départ ont plongé et les licenciements se font sur un claquement de castagnettes : désormais les patrons sont des monarques absolus. Les jeunes, même diplômés, n'ont pas grand-chose à espérer (55 % des 16-24 ans sont au chômage), c'est la génération des galériens et des mileuristas...
 
Pendant ce temps, le pouvoir est aux abois, comme un taureau acculé dans l'arène. Le taux de popularité de Mariano Rajoy touche le fond ! Son parti politique, le Partido popular, qui n'a de populaire que le nom, est une organisation libérale de droite, bourgeoise jusqu'à la caricature, qui n'a jamais montré l'exemple sur la baisse de son train de vie. Au contraire, dans les années 2000, une caisse noire alimentée par des entreprises du BTP, a permis à des responsables du parti de percevoir un complément de salaire de 15.000 € par mois...
 
Le président n'a jamais eu le courage d'affronter les banques et de réclamer un peu d'oxygène pour épurer la dette nationale. Ne serait ce qu'étaler la dette le temps que le pays retrouve un peu de croissance... Rien, Nada ! Des promesses non tenues, des coupes sombres et des plans de relance inutiles. Et jamais les banquiers n'ont été aussi arrogants. Par ailleurs un scandale a ému l'Espagne : en plein hiver une famille a été expulsée de sa maison suite au non paiement de son crédit immobilier. La somme due à la Banque était... de 9000 € !
 
L'Espagne qui a connu entre 1986 et 2007 des années de prospérité, est un pays à l'économie peu diversifiée qui a opté pour l'atlantisme et le libéralisme absolu : entrée dans l'Europe, droits minimum pour les salariés, endettement des ménages, agriculture intensive aux OGM, droits sociaux réduits, ouverture aux investisseurs étrangers (les chinois qui créent une société sont exonérés d'impôts pendant 2 ans). Les aides européennes et le boom de l'immobilier (qui a déformé tant de paysages) ont soutenu la croissance pendant près de 20 ans. Mais aujourd'hui, grâce à l'imprévoyance et l'impéritie de ses dirigeants, le pays est exsangue... Para cuándo la revolución ?



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