Espagne : misère et montée de la faim... bientôt en France


La dette colossale de la Grèce a plongé le pays dans une situation critique. la Grèce inquiète les gouvernements et il est de plus en plus question d'une sortie prochaine de la zone euro, mais elle n'est pas la seule... La santé financière de l'Espagne inquiète plus que jamais en Europe. Les conséquences de cette crise se cristallisent plus particulièrement au niveau des taux de chômage, de plus en plus importants, notamment chez les jeunes. L'adoption des mesures économiques pour réduire la dette publique a pour effet de diminuer encore plus le pouvoir d'achat des habitants.

La résultante est que les Espagnols ont faim, de nombreuses familles entières n'ayant même plus de logement sont livrés à eux mêmes, redoutant l'arrivée proche de l'hiver, alors que le froid combiné à la faim risque de décimer un grand nombre d'entre eux... Ne vous méprenez pas, la France lui emboîte le pas et va subir le même sort, et les seuls responsables en dehors de nos politiciens-pantins sont les banques et la dette !

Tout d'abord, lisez cet article de Suzanne Daley paru dans le très sérieux New York Times (édition du 25/09) sous le titre « La montée de la faim en Espagne ». La journaliste y décrit avec une certaine naïveté les victimes de la crise contraintes de faire les poubelles pour se nourrir. L'original est là, mais dans mon infinie bonté je vous en offre une traduction que j'espère meilleure que celle de Google.

Madrid : L'autre soir, une jeune femme bien mise était en train de fouiller dans une pile de cageots devant une boutique de fruits et légumes, fermée pour la nuit, de la banlieue ouvrière de Vallecas.

À première vue, elle aurait pu passer pour une employée du magasin. Mais non. La jeune femme était en train de chercher son prochain repas dans les poubelles du jour.

Elle avait déjà trouvé une douzaine de pommes de terre ridées qu'elle avait jugées comestibles et les avait chargées dans un caddie posé à côté. « Quand on n'a pas assez d'argent », dit-elle, refusant de donner son nom, « c'est comme ça ».

Cette femme, âgée de 33 ans, nous a dit qu'elle a travaillé une fois à la poste, mais que ses allocations chômage étaient terminées et qu'elle vit désormais avec 400 euros par mois. Elle squatte avec des amis dans un immeuble qui a encore l'eau et l'électricité, tout en récupérant « un peu de tout » dans les ordures après la fermeture des magasins, quand les rues sont sombres et tranquilles.

Des tactiques de survie comme celle-ci deviennent de plus en plus courantes ici avec un taux de chômage de plus de 50% chez les jeunes et de plus en plus de foyers avec des adultes sans emploi.

Les problèmes de mendicité sont en telle expansion qu'une ville espagnole a décidé de mettre des verrous sur les poubelles de supermarché dans un but de santé publique.

Dans un rapport datant de cette année, l'association caritative catholique Caritas annonce qu'elle a nourri près d'un million d'Espagnols affamés, plus de deux fois plus qu'en 2007. Ce nombre a encore augmenté de 65000 en 2011.

Alors que l'Espagne essaie désespérément d'atteindre ses objectifs budgétaires, elle a été obligée de suivre le même chemin que la Grèce, introduisant une mesure d'austérité après l'autre, supprimant des emplois, diminuant les salaires, les pensions, les allocations, alors même que l'économie continue à se contracter.

Plus récemment, le gouvernement a augmenté la TVA de 3 points à 21% sur la plupart des biens, et de 2 points sur la plupart des denrées alimentaires, rendant simplement la vie considérablement plus difficile à ceux qui étaient sur la corde raide.

Il n'y a pas de pause à attendre, puisque les gouvernements régionaux du pays, confrontés à leur propre crise budgétaire, sont en train de réduire les services gratuits, y compris la cantine scolaire pour les familles à bas revenus.

Pour un nombre croissant, la nourriture dans les poubelles aide à joindre les deux bouts.

Récemment sur le grand marché de gros des fruits et légumes à l'extérieur de cette ville, des travailleurs s'affairaient à charger les cageots dans des camions. Mais quasiment à chaque emplacement, il y avait des hommes et des femmes qui ramassaient en douce tout ce qui avait roulé dans le caniveau.

« C'est contraire à la dignité de ces gens que d'avoir à chercher leur nourriture de cette manière », dit Eduardo Berloso, de la municipalité de Giron, la ville qui a verrouillé les poubelles de ses supermarchés. (ndT : cf ici, en l'espagnol)

M.Berloso a proposé cette mesure le mois dernier après avoir appris par des travailleurs sociaux et vu par lui-même un soir « le geste humiliant d'une mère avec ses enfants regardant autour d'elle avant de fouiller dans les poubelles »

Le rapport de Caritas a aussi révélé que 22% des foyers espagnols vivent dans la pauvreté, et qu'environ 600 000 n'ont strictement aucun revenu. On s'attend à ce que ces chiffres continuent à empirer dans les prochains mois.

Environ un tiers de ceux qui cherchent de l'aide, dit le rapport Caritas, n'avaient jamais eu recours à une banque alimentaire ou à une soupe populaire avant d'être frappés par la crise économique. Pour beaucoup d'entre eux, devoir demander de l'aide est profondément embarrassant. Dans certains cas, les familles vont dans les banques alimentaires des villes voisines pour que leurs amis et connaissances ne les voient pas.

Récemment à Madrid, alors qu'un supermarché s'apprêtait à fermer à Entrevias dans le district de Vallecas, une petite foule s'était rassemblée, prête à se jeter sur les poubelles qui n'allaient pas tarder à être amenées sur le trottoir. La plupart a réagi avec colère à la présence de journalistes. Au final, peu ont réussi à attraper quelque chose, les camions ayant évacué les ordures en quelques minutes.

Mais le matin, à l'arrêt de bus du marché de gros, des hommes et des femmes de tous âges attendent, chargés de leur récolte matinale. Certains prétendent qu'ils ont acheté les denrées, même si la nourriture ne se vend généralement pas aux particuliers ici.

D'autres avouent fouiller dans les poubelles. Victor Victorio, un immigré péruvien, dit qu'il vient ici régulièrement pour trouver des fruits et des légumes jetés aux ordures. M. Victorio, qui a perdu son travail dans le bâtiment en 2008, dit qu'il vit avec sa fille et qu'il rapporte à la maison ce qu'il trouve - aujourd'hui des poivrons, des tomates et des carottes. « C'est ma pension », dit-il.

Pour les commerçants qui travaillent ici, la vue de ces gens qui fouillent dans les déchets est dérangeante.

« Ce n'est pas beau à voir ce qui arrive à ces gens, dit Manu Gallego, le directeur de Canniad Fruit. « Ça ne devrait pas être comme ça ».

A Gijon, M. Berloso dit que son but en verrouillant les poubelles est de garder les gens en bonne santé, et de les obliger à aller chercher de la nourriture dans les banques alimentaires et les soupes populaires. Alors que des serrures sont installées sur les poubelles, la ville poste des employés municipaux avec des tickets expliquant aux gens d'aller s'inscrire aux services sociaux et aux banques alimentaires.

Il dit que 80 à 100 personnes tournaient régulièrement autour des poubelles avant qu'il n'agisse, avec une forte probabilité que bien plus encore n'aient besoin de la nourriture jetée pour survivre.

Mais les serrures de M. Berloso ont provoqué un tollé à travers l'Espagne, où la crise économique alimente de plus en plus de manifestations mettant en lumière la faim. Un groupe de maires et de syndicalistes dans le sud de l'Espagne, où le taux de chômage est très au-dessus de la moyenne, a récemment monté des opérations « Robin des bois » dans deux supermarchés, remplissant les chariots de denrées de base, et les pressant de donner plus de nourriture aux nécessiteux.

Plus d'une douzaine de personnes sont poursuivies pour vol après cette opération. Mais elles ne regrettent rien et bénéficient d'un immense soutien local. « Prendre de la nourriture pour la donner aux familles qui sont dans une situation très difficile, si c'est du vol, je suis coupable », a dit à la presse locale l'un des hommes, Francisco Molero, du syndicat agricole SAT.

Des politiciens disent que les serrures de Giron ne sont là que pour protéger l'image de Gijon. Dominée par des bâtiments médiévaux et par les pittoresques rues pavées d'un ancien quartier juif superbement préservé, la ville d'environ 100 000 habitants tire la plupart des ses revenus du tourisme.

« Les travailleurs sociaux ou les employés municipaux pourraient amener les gens vers les centres de distribution de nourriture sans avoir à verrouiller les poubelles, » dit Pia Bosch, conseillère municipale socialiste à Giron. « C'est comme tuer une mouche avec un boulet de canon ».

Le taux de chômage est encore relativement bas à Giron, tout au plus 14%, comparés aux 25% de la moyenne nationale. Mais de plus en plus de familles n'ont aucun revenu. Sur les 7700 chômeurs de Giron, M. Berloso dit que 40% sont maintenant en fin de droits. Nombre d'entre eux, dit-il, sont « des gens qui n'auraient jamais pensé se retrouver dans cette situation »

Ramon Barnera, qui dirige les programmes de Caritas à Giron, dit que l'organisation s'est rapidement rendu compte que cette honte était un facteur qui empêchait les gens d'aller demander de la nourriture. Alors il y a trois ans, Caritas a participé à la créations de sites de distribution de nourriture qui ressemblaient davantage à des supermarchés, et enlevé l'enseigne de l'association à l'extérieur du bâtiment.

« Nous avons souhaité un système qui donnerait de la dignité », dit M.Barnera. « Ce n'est pas facile pour les gens »

Juan Javier, 29 ans, venu chercher du lait, des, pâtes, des légumes et des oeeufs dans un de ces centres de distribution, a été l'un des rares clients à s'exprimer sur le sujet. Ancien imprimeur, il est au chômage depuis deux ans. « Je préférerais avoir un travail », dit-il, « et ne pas être ici ».

Dans une soupe populaire des environs, Toni Lopez, 36 ans, attend tranquillement un repas gratuit avec sa compagne Monica Vargas, 46 ans, esthéticienne. Le couple est depuis peu sans domicile après 2 mois de loyers impayés. « Nous avons toujours travaillé », dit M. Lopez. Nous sommes ici uniquement parce que nous sommes des gens corrects. Notre propriétaire frappait à la porte pour réclamer son loyer, alors nous lui avons dit « Voilà les clés ».

M. Lopez, qui en ce moment travaille occasionnellement dans la cuisine d'un restaurant, dit qu'il a une soeur mais qu'il n'est pas allé lui demander de l'aide. « Je ne peux pas supporter de lui dire », dit-il. « Je m'en suis toujours sorti, j'ai toujours réussi à me débrouiller. Mais ça, c'est nouveau ».

Intéressant de voir ces braves Américains s'apitoyer sur le sort de pauvres européens « victimes de la crise ».

Ce n'est certes pas nouveau, même en France on a déjà pu voir à la télé des reportages similaires. Et en France aussi, le restaurant et la banque qui ont le plus de nouveaux clients, ce sont « Les restos du coeur » et la Banque Alimentaire. Il semble tout de même que l'Espagne, avec son taux de chômage officiel qui est deux fois et demie le nôtre, soit en fait un indicateur avancé de ce qui nous attend.

Car nous n'avons manifestement encore rien vu.

En Espagne, c'est un gouvernement de droite, succédant à un gouvernement d'incapables de « gauche », qui exécute servilement les ordres des banksters et de leurs complices (Commission, BCE, FMI). Comme on le lit dans l'article, il a déjà appliqué tout un tas de mesures scélérates, comme l'augmentation de TVA préconisée par Sarkozy (et que Ayrault vient de rejeter provisoirement... on en reparlera d'ici un an ou deux).

L'Espagne a déjà obtenu une aide financière, et tente par tous les moyens de différer la demande d'une nouvelle aide. Mais selon les observateurs avisés, elle y sera bientôt contrainte (lien). Et les gentils sauveteurs ne viendront à son secours qu'en échange de nouvelles mesures dites « d'austérité », mais qui ne sont en fait que des traductions de la doctrine libérale. À ce compte-là, il n'y aura plus assez de poubelles pour tout le monde.

En France, c'est un gouvernement de « gauche » qui a succédé à des incapables de droite. Le changement s'arrête là, car tous ensemble s'apprêtent à ratifier un nouveau traité (le fameux TSCG, alias « Traité Merkozy ») qui non seulement privera les gouvernements nationaux de tout pouvoir budgétaire (et donc globalement de tout pouvoir tout court) mais les obligera, pour atteindre des objectifs aussi illégitimes qu'inatteignables, à prendre des mesures auprès desquelles les restrictions espagnoles passeront pour des sucreries.

Hollande a déjà promis de ramener le déficit budgétaire de la France à 3% en 2013. Personne n'y croit une seconde, et surtout pas lui. Le déficit 2012 étant prévu à 4.5% (et il sera certainement plus élevé), cela signifie qu'il faudrait trouver 30 milliards (c'est facile à retenir : 1%= 20 milliards) en 2013. Mais admettons.

Ensuite, il faudrait revenir à 0 en 2017. En 4 ans, 60 milliards de plus. Ou plutôt de moins. Par rapport à maintenant, ça fait 90 milliards. Et attention, hein, pas une fois : tous les ans.

Pour ceux qui sont fâchés avec les chiffres, qui confondent les millions et les milliards, quelques points de repère :

• L'impôt sur le revenu, c'est environ 50 milliards.
• L'impôt sur les sociétés, c'est 40 milliards.

Dans un autre style :

• Le budget de l'éducation nationale, c'est 60 milliards.
• La TIPP c'est 15 milliards :

Vous saisissez l'énormité ? C'est comme si les banksters nous prenaient l'intégralité de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés...

Surtout que ce n'est pas fini. Si nous poursuivons le raisonnement, on remarque que jusqu'en 2017, il y aurait toujours un déficit, et donc une hausse de la dette. Celle-ci a monté de 600 milliards dans les 5 ans du quinquennat apocalyptique de Sarkozy pour dépasser les 1700 milliards. Mais d'ici 2017, il est plus que probable qu'on sera proche des 2000 milliards, soit plus de 100% du PIB.

Or une clause du TSCG, moins connue que la fameuse « règle d'or », prévoit de ramener la dette à 60% du PIB, à raison de 1/20 de la différence tous les ans. Sur une différence de 800 milliards, ça nous fait dans les 40 milliards supplémentaires par an.

90 + 40 = 130 milliards.

Et ce n'est pas fini. Profitant lâchement de la montée, inéluctable dans ces conditions, du chômage et de la pauvreté, le patronat et l'UMP vont exiger et obtenir de nouvelles « baisses de charges » pour « améliorer la compétitivité ». Un Nième plan voué à l'échec pour « créer des zemplois ». Encore des milliards à lâcher que le peuple exsangue devra encore cracher.

Enfin, last but not least, rappelons que notre dette est suspendue aux sautes d'humeur des banksters, des « agences de notation »... Nos taux actuels sont bas, mais le « service de la dette » (la cavalerie financière qui consiste à émettre de nouvelles obligations pour rembourser celles qui arrivent à échéance) nous coûte déjà dans les 50 milliards par an. Si jamais les taux d'intérêts doublaient (ils seraient encore inférieurs à ceux de l'Espagne ou de l'Italie), nous glisserions progressivement vers les 100 milliards. 50 milliards de plus.

Il est donc tout à fait possible qu'en 2018, l'Etat soit plus léger de 150 milliards d'euros par rapport à maintenant, alors qu'il est déjà squelettique. Comment Hollande, Ayrault et tous ceux qui soutiennent le TSCG, peuvent-il oser prétendre que c'est seulement imaginable ?

C'est impossible, c'est ridicule, c'est une escroquerie, c'est une blague. Et pourquoi, ces 150 milliards par an : pour les donner aux banksters !

La semaine dernière, l'un des débats sans intérêt du jour était de commenter l'idée de faire payer des frais d'inscriptions aux étudiants en classe prépa. En effet, lorsqu'ils effectuent ces deux ans dans un lycée public, les étudiants ne déboursent pas un radis. L'idée en débat était d'abolir cette injustice qui fait que les étudiants de fac, eux, doivent s'acquitter d'une somme qui en France reste modeste (un peu plus de 180 euros si je ne m'abuse).

C'est ce qui s'appelle « rationaliser ». On va focaliser le débat sur l'antagonisme entre ces « privilégiés » de math sup qui ne déboursent pas un radis, au contraire du pauvre étudiant de fac qui vient pourtant sans doute d'un milieu moins favorisé. Mais en fait, ce débat et ces arguments n'ont aucune importance. La seule chose qui compte, c'est que même si cette « réforme » se faisait, les 180 euros de l'étudiant en classe prépa iraient immédiatement dans les poches des banksters avides.

Et ça ne résoudrait pas le problème, car il n'y a pas un milliard d'étudiants en classes prépa pour trouver les 150 milliards en 2018.

Revenons à l'Espagne. En plus de fouiller dans les poubelles, les Espagnols recommencent à descendre dans la rue (lien). Oh, ne soyons pas naïfs, le Grand Soir est encore loin. Il y a déjà eu des zindignés l'an dernier, ils ont apporté une touche distrayante dans les JT, mais pour le reste, ils ont échoué. Partout. On a un peu parlé de ceux de Wall Street, mais là-aussi, c'est fini. En fait de révolution, l'Espagne a élu le conservateur Rajoy, trop heureux de mettre en place des « plans d'austérité », qui ressemblent tellement au paradis libéral auquel il aspire comme tous ceux de son espèce.

En France, pour trouver les 150 milliards, il faudrait prendre des mesures considérablement plus dures que celles actuellement en vigueur en Espagne.

La solution, la seule, je l'ai souvent évoquée ici, et pourtant les rares qui la préconisent n'ont pas de haut-parleurs assez puissants pour se faire entendre du peuple : il faut renier cette dette. L'auditer, constater que la majeure partie de ces 1700 milliards est le fruit d'une escroquerie, d'une connivence entre les banksters et des politiciens incompétents, irresponsables et corrompus (si vous en doutiez, jetez donc un oeil à la liste des donateurs du « premier cercle » de l'UMP révélée par Mediapart, c'est édifiant).

Les bonnes âmes qui refusent de voir le caractère honteux de cette dette, qui pensent que c'est scandaleux, que les dettes sont faites pour être payées, peuvent au moins admettre que la réalité est têtue, et que l'arithmétique est indépassable : il est tout simplement impossible de rembourser cette dette, dont les montants sont désormais délirants. Tout comme il est impossible d'asservir le peuple au-delà d'une certaine limite. Celle-ci est probablement encore éloignée en France, (un peu moins en Grèce ou en Espagne), mais faites gaffe quand même...

Pour accompagner l'article du NYT, il y a une série de superbes photos de Samuel Aranda (cliquez sur les photos pour les faire défiler).

Par Superno



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