Espagne : Manifestations contre la corruption


Alors même que Rajoy sait qu'il a perdu toute légitimité, non seulement il ne fournit aucune explication quand aux accusations de corruption qui pèse contre lui mais préfère s'accrocher à son trône indiquant simplement qu'il ne démissionnera pas (cela rappelle la position de Morsi en Egypte).
 
Les manifestations dans plusieurs villes dont Madrid et Valence (au moins 40 villes au total) se sont terminés en charge policière avec la violence qui les caractérisent. On ne se demande donc pas pourquoi l'Espagne a augmenté son budget anti-émeute de 1900% en un an, ils savaient bien ce qui les attendaient.
 
Environ un millier de personnes, selon l'AFP, ont manifesté jeudi soir à Madrid contre la corruption, criant « démission », aux abords du siège du parti de droite au pouvoir en Espagne, après les nouvelles révélations sur une comptabilité occulte présumée au sein de ce parti.
 
« Démission », « Qu'ils partent, en prison »
, criait la foule rasasemblée via les réseaux sociaux à l'appel notamment de collectifs proches de la mouvance des indignés. Les manifestants étaient tenus à l'écart du siège du Parti populaire, que préside depuis 2004 le chef du gouvernement Mariano Rajoy, par des barrières et des fourgons de police.
 
Le scandale révélé par la presse au mois de janvier, sur des compléments de salaire en liquide dont auraient bénéficié de hauts responsables du Parti populaire, dont Mariano Rajoy, a rebondi ces derniers jours avec notamment l'audition par un juge d'instruction de Luis Barcenas, l'ex-intendant puis trésorier du PP entre 1990 et 2009.
 
Ce dernier, en prison depuis le 27 juin pour une autre affaire de corruption liée au financement du PP, a confirmé lundi devant le juge Pablo Ruz l'existence d'une comptabilité parallèle et affirmé avoir versé des sommes en liquide à Mariano Rajoy, ainsi qu'à la numéro deux du PP, Maria Dolores de Cospedal, selon des sources judiciaires présentes à cette audition.
 
Dans une Espagne frappée par la crise et par un chômage de 27%, le scandale a soulevé de nombreuses réactions indignées. L'opposition socialiste notamment réclame la démission de Mariano Rajoy, Premier ministre depuis la fin 2011, mais aussi qu'il accepte de s'expliquer devant le Parlement.
 
« J'ai honte de toutes ces affaires de corruption. Jusqu'à présent nous n'avons eu aucune explication, et surtout pas de la part du chef du gouvernement qui est un lâche, incapable de se présenter devant le Parlement », s'indignait José Martinez, un retraité de 70 ans. « Cela va être très difficile de les pousser dehors, mais nous devons manifester et nous unir pour essayer de changer les choses ».
« Le plus choquant est qu'il refuse de donner des explications », lançait aussi Alvaro Lopez, un jeune diplômé en physique de 21 ans. « Cela fait six mois qu'il a perdu sa légitimité. Le fait de remporter des élections à la majorité absolue ne veut pas dire qu'on la conserve toujours ».
Après avoir au mois de février assuré qu'il n'avait jamais touché d'argent au noir, Mariano Rajoy s'était borné lundi, lors d'une conférence de presse protocolaire, à affirmer qu'il ne démissionnerait pas.
 
Mis en difficulté par cette affaire, même s'il n'a pas à ce jour été inquiété par la justice, le chef du gouvernement peut tout de même compter sur une confortable majorité absolue au Parlement. Les démissions d'hommes politiques sont en outre très inhabituelles en Espagne, un pays où les cas de corruption chez les élus sont multiples.




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