Equateur : explosions et coulées pyroclatiques du volcan Tungurahua


Le volcan Tungurahua (Equateur) est en pleine éruption aujourd'hui avec chute de cendres localement fortes et des coulées pyroclastiques qui, combinés avec des précipitations, de générer un risque potentiel de lahar dans les bassins hydrographiques entourant le volcan. Le sismogramme Tungurahua (station RETU) a été saturé avec des tremblements volcaniques forts depuis tôt ce matin. L'EPN rapporte au moins deux grandes explosions d'aujourd'hui qui ont généré des nuages de cendres qui s'élevaient à plus de 7 km d'altitude.
 
L'édifice a connu hier une nouvelle journée d'intense activité. Dès la matinée, entre 05h48 et 06h02 heure locale trois explosions ont secoué le volcan générant une colonne de cendres haute de 7000 m. La première de ces explosions, entendue à Pijui (70 km au nord-ouest) a été d'une telle puissance que les vitres de l'église de Cusua ont volé en éclats. Des écoulements pyroclastiques ont accompagné ces événements, affectant les ravines Choglontus, Achupashal et Mapayacu.
 
Plus tard dans la matinée, peu après 10h00 et peu avant 11h00, deux explosions plus faibles se sont faites entendre et ont provoqué la formation de nouveau écoulements pyroclastiques plus restreints. Cette activité explosive s'est suite calmée, suivie d'une émission constante de gaz et cendres, plus diluée. Les premières explosions matinales ont été suivies de chutes de Cascajos (blocs ponceux) dans plusieurs villages du flanc ouest (Cusua, Pillate, Runtun).
 
Les indicateurs (sismicité, déformation) orientent les volcanologues vers une nouvelle phase intrusion magmatique à l'origine de cette phase éruptive intense. Même si celle-ci a diminué d'intensité depuis les épisodes d'hier, l'activité reste élevée pour les volcanologues qui n'excluent pas de nouvelles explosions puissantes, avec écoulements pyroclastiques. On peut lire dans la presse que malgré les chutes de cendres, abondantes à certaines endroits, et de cascajos, les touristes ont afflué pour venir voir le spectacle.

Evènements récents au Tungurahua
 
Après une augmentation de la pression interne ces derniers mois se traduisant par une inflation au niveau des flancs supérieurs, le Tungurahua est marqué depuis le 8 décembre par un phénomène déflatoire. Le 12 décembre, l'IGEPN enregistre une augmentation de la sismicité associée à des mouvements de fluides et de la fracturation.
 
Le 14 décembre, à 14h15 locale, une explosion qualifiée de modérée à forte s'accompagne d'un panache chargé en cendres montant à 6.000 - 7.000 m d'altitude. Des coulées pyroclastiques sont signalées sur le flanc sud-ouest, descendant jusqu'à mi-hauteur du cône.
 
Le 16 décembre, à 5h48 locale, une explosion modérée s'est produite, suivie d'explosions plus importantes à 5h54 et 6h03, accompagnées de bruits en coup de canon et de vibrations ressenties à plus de 30 km, d'un panache montant à plus de 7.000 m. au dessus du cratère et de coulées pyroclastiques sur les flancs ouest du volcan, spécialement dans les quebradas Achupashal, Mapayacu Choglontus et La Hacienda. Des chutes de cendres grossières sont signalées dans les secteurs de Baños, Runtún, Pondoa, Ulba, Pelileo et Cevallos.
 
IGEPN / Instituto Geofísico  Escuela Politécnica Nacional

Détails du Tungurahua :
 
Nom : Tungurahua
Région/Pays : Cordillière Royale / Equateur
Latitude/Longitude : 1.47 S/78.44 W
Altitude : 5023 m
 
Culminant à plus de 5000 m d'altitude, le Tungurahua est un imposant strato-volcan à la forme conique régulière. Surnommé « le géant noir », il est principalement composé d'andésite et de dacite. Trois anciens édifices se sont succédés depuis le milieu du Pléistocène. Le Tungurahua 2 fut ainsi édifié sur les « restes » de l'édifice primordial effondré. Puis le Tungurahua 2 lui-même s'effondra il y a 3000 ans, formant alors une caldera en forme de fer à cheval ouverte vers l'ouest.
 
C'est à l'intérieur de cette dernière que s'édifia le cône récent coiffé d'un cratère. Toutes les éruptions historiques ont eu lieu à partir de ce cratère, y compris la dernière débutée en 1999. Cette éruption modérée, principalement explosive, se poursuit à l'heure actuelle. Des lahars ont également été observés et la ville de Baños, située au pied du volcan, a déjà été évacuée (octobre 1999). Cependant, le paroxysme explosif violent attendu par les volcanologues n'a pas encore eu lieu et les gens, ne voyant rien de grave se produire, sont revenus d'eux même à Baños.
 
La question est de savoir s'ils accepteront une nouvelle évacuation, dans les mois ou années à venir, si l'éventualité d'un paroxysme se fait de nouveau sentir.



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