Elections US : Des machines à voter qui choisissent Romney lorsqu'on vote pour Obama


Un électeur a filmé son vote dans un bureau de Pennsylvanie. Sur la machine électronique, il choisit une première fois Obama, mais la machine comptabilise Romney. Avant qu'il confirme le vote, il essaie à nouveau. Même résultat.
 
L'homme précise qu'il est lui-même « un développeur informatique », et qu'il a vite compris que la machine était « mal calibrée », car quand il choisissait un autre candidat, comme l'écologiste Jill Stein, ça fonctionnait correctement. Il dit être prêt « à donner les rush originaux pour vérification sur demande ».
 
La chaîne NBC a confirmé par la suite que la machine était bien défectueuse et a été retirée du bureau de vote (lien). Suite à la mise en ligne de la vidéo, l'auteur indique avoir reçu de nombreuses réactions l'accusant d'avoir trafiqué les images. Il a également assuré avoir signalé le problème alors qu'il était dans l'isoloir. On lui aurait alors répondu que « tout était en ordre ».
 
Avant les élections, démocrates et républicains ont demandé à de nombreux Etats de retirer certaines machines à voter par peur qu'elles soient mal calibrées. Les Etats en question, dont la Pennsylvanie, la Caroline du Nord, l'Ohio, le Nevada, et le Colorado, avaient refusé, estimant que le risque était quasi inexistant.

Mitt Romney est lié avec l'un des principaux fabricants de machines de vote aux États-Unis, Hart Intercivic, qui fournit des outils de vote électronique à de nombreux États américains.
 
Tagg Romney, le fils du candidat républicain, avec Spencer Zwick, responsable financier de la campagne de Romney ont créé Solamere, un fonds d'investissement de plus de 200 millions de dollars, crée en 2008. Mitt Romney lui-même y a investi une petite partie de sa fortune - 10 millions de dollars -, ainsi que son frère et sa femme.
 
De part son statut, le fond Solamere ne peut pas investir directement dans des entreprises. Il est donc « partenaire » d'un autre fonds d'investissement, HIG, basé à Miami (lien). Celui-ci investit son capital de 8 milliards de dollars notamment dans le secteur pharmaceutique, dans le BTP ou les transports. Rien de nouveau sous le soleil capitaliste. Et rien d'étonnant de la part du multimillionnaire Mitt Romney.
 
En juin 2011, HIG annonce un « investissement stratégique » » dans Hart InterCivic, troisième entreprise du pays dans le secteur des machines de vote (lien). Basée à Austin (Texas), ses machines de vote électroniques sont utilisées dans des centaines de circonscriptions dans tout le pays : du Texas à Hawaii en passant par l'Ohio? L'un des États décisifs de cette élection.
 
« HIG partage notre vision, nos valeurs », déclare alors Gregg Burt, président de Hart InterCivic, qui veut assurer avec le fonds d'investissement son leadership dans le domaine de « l'industrie des élections ». Suite à cette acquisition, son entreprise accorde trois sièges sur cinq à HIG au sein de sa direction exécutive.
 
La connexion entre Mitt Romney et l'entreprise Hart InterCivic est certes indirecte. HIG, l'intermédiaire, minimise le lien, affirmant que le fonds Solamere est un investisseur mineur, et qu'aucun de ses investissements n'est directement lié à Hart InterCivic. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que cette connexion n'est pas politiquement très opportune.
 
Surtout, les liens entre HIG et Mitt Romney ne s'arrêtent pas là. Tony Tamer, co-fondateur de HIG, a travaillé pour Bain, la société de gestion d'actifs fondée par Mitt Romney dans les années 80. Il est un soutien important de la campagne Romney, comme trois autres directeurs de HIG, détaille le magazine Forbes.
 
Est-ce si anecdotique que l'entreprise HIG qui gère Hart InterCivic et ses machines de vote, soit autant connectée au clan Romney ?




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