Diktacrassie : Herr Walls utilise un ultime 49-3 pour dicter la Loi Travail


C’est sans surprise que le principe de démocratie vient une nouvelle fois d’être piétinée au nom d’un néolibéralisme accru et d’une régression sociale sans précédent. Pour la troisième fois, l’article 49 alinéa 3 de la Constitution a été utilisé afin de faire taire toute contestation concernant un projet de loi travail pourtant rejeté à 70% par la population ainsi que par les syndicats, exception faite de la CFDT qui, sans étonnement, s’est rangé du côté du patronat.

Nous sommes donc pour la première fois face à une loi adoptée sans pour autant avoir été votée une seule fois à l’Assemblée nationale, une première ! Un énième 49-3 qui engage ainsi de nouveau la « responsabilité » du gouvernement, cette même responsabilité qu’il n’assume pourtant pas quand cela concerne les tragédies des nombreuses personnes décédées au cours d’attentats résultants de leur politique interventionniste et belliciste.

Comme le dit à juste titre Gaston Balliot sur son site, « Avec Hollande, Valls, Cazeneuve, Urvoas et Le Drian, le pouvoir en place vire rapidement vers l’autoritarisme et bafoue la démocratie », avec à leur actif, et dans le désordre :

  • Instauration d’un état d’urgence permanent :
  • application répétée et abusive du 49.3 ;
  • déclarations hasardeuses et mensongères ;
  • propagande tentant à diviser les citoyens ;
  • manipulation de l’information ;
  • répression des luttes sociales ;
  • atteinte au droit d’informer ;
  • complaisance avec le dictateur Erdogan en Turquie ;
  • soutien du régime d’extrême droite et d’apartheid d’Israël ;
  • soutien aux dictatures islamistes du Proche Orient ;
  • participation active aux expéditions militaires de l’OTAN à l’étranger ;
  • record de ventes d’armes y compris à des pays peu recommandables…

A cela, ajoutez l’odieuse récupération opportune de l’attentat du 14 juillet à Nice par le gouvernement afin de prolonger de six mois un état d’urgence jusqu’ici inefficace en termes de protection des citoyens, mais aussi pour l’enrichir de nouvelles mesures, dont certaines sont en dehors de tout cadre judiciaire, ce qui n'a pas manqué d'interpeler la Ligue des Droits de l'Homme. Parallèlement, un rapport parlementaire préconise de restreindre la liberté d’expression sur internet, prétextant « mieux lutter non seulement contre le terrorisme mais aussi, de façon plus vague, contre les discours extrêmes ». Par « discours extrêmes », comprenez que cela inclus tout discours allant à l’encontre des déclarations officielles.

Nulle mention ne semble par contre concerner l’augmentation de moyens ou d’effectifs de sécurité lors de rassemblements populaires, ni même envisager la fermeture d’établissements reconnus pour soutenir le salafisme. Pire encore, puisqu’une source que je qualifierai de fiable nous avertit que le terroriste « modéré » syrien Abdul Razzak Tlass aurait obtenu l’asile politique en France !

On continue dans le sanglant, puisque la Syrie demande à l’ONU de prendre des mesures après qu’un raid aérien français ait causé la mort de plus de 120 civils le 19 juillet à la frontière turco-syrienne, selon Damas, qui déplore en outre que la coalition soutienne des groupes terroristes. Le ministre syrien cité par l’agence Syrian Arab News a déclaré à cette occasion :

L’injuste agression française a coûté la vie à plus de 120 civils, dont la majorité sont des enfants, des femmes et des personnes âgées, en plus des dizaines de blessées, donc beaucoup sont aussi des femmes et des enfants. Le nombre de civils toujours présents sous les décombres reste inconnu à ce jour.

Une boucherie qui survient juste après la fameuse déclaration de Hollande :

Nous allons intensifier nos frappes en Syrie et en Irak. Nous continuerons de frapper ceux qui nous menacent

Notre gouvernement a donc tenu parole en allant ôter la vie à des civils, femmes et enfants pour venger la mort des victimes de l’attentat à Nice. Ces pauvres familles qui doivent être en train de pleurer leurs proches disparu(e)s et se demandent pourquoi, c’est donc eux « ceux qui nous menacent » monsieur Hollande ? Vous qui nous affirmez sans la moindre honte que

la colère est légitime, parce que des compatriotes ont été tués, parce que des innocents ont été frappés. Mais elle ne peut dégénérer dans la haine et la suspicion

C’est à mes yeux une évidence, la place de ce gouvernement au grand complet est en prison, avec une liste de chefs d’inculpation longue comme le cou d’une girafe.

Mais je m’égare, revenons au sujet initial concernant la Loi travail...

Bien que les députés puissent déposer une motion de censure avant jeudi 16h30 (aujourd’hui), il y a peu de chances que cela se produise, vu les derniers échecs des frondeurs et de l’opposition. Il faut bien comprendre que l’aboutissement d’une motion de censure ferait tomber le gouvernement, et que les députés y participant seraient exclus du parti, d’où la frilosité expliquant le peu de votes. Si en revanche la motion n’est pas votée ni déposée, le texte sera considéré comme adopté. End of game.

Par contre, des contestataires de gauche - Front de gauche, des écologistes et socialistes frondeurs - cherchent à réunir 60 parlementaires pour saisir le Conseil constitutionnel pour « non respect du débat parlementaire » et forcer ainsi la loi à être retoquée, ce qui permettrait un petit gain de temps avant que la kommandantur ne dégaine à nouveau un 49.3...

De son coté, le syndicat CGT dénonce une adoption aux « forceps » et entend bien continuer la lutte durant tout l’été, et appelle à un rendez-vous le 15 septembre pour la journée d’action interprofessionnelle décidée par l’intersyndicale. Le mouvement de protestation est suivi par la Confédération nationale du travail, qui estime que « Les patrons et le gouvernement ne comprennent qu’un seul langage : la grève et le blocage ! », et entend bien ne pas baisser les bras puisqu’elle annonce que « la lutte ne fait que commencer » :

En septembre, changeons de braquet. Dopons nos luttes pour construire un tour de France des grèves et des blocages. Aucune montagne ne saurait nous résister : notre EPO, c’est l’entraide et la solidarité ; notre pénalty, c’est la grève générale ; notre surface de réparation, les lieux de travail ; notre meilleure défense, c’est l’attaque.
(...)
Alors fini de manifester comme des bêtes de foire à qui la police et l’armée lancent des grenades et des Flash-Ball à défaut de cacahuètes. Fini de négocier la longueur de la laisse dans les salons de l’Élysée ou de Matignon. Notre arme, nous ne cessons de le répéter depuis des mois, c’est la grève, le blocage de l’économie et des services publics.

Ne commettons pas une nouvelle fois l’erreur de partir dispersés, lycéens et étudiants, puis raffineries, puis dockers, puis cheminots, etc. Ne jouons plus la carte des journées de mobilisation en pointillés. Dès maintenant, contre la loi travail et son monde, mettons en place les moyens de construire une grève générale reconductible en l’automne, forte et unitaire.

Une nouvelle bataille vient donc d’être perdue, mais tout espoir de gagner cette guerre n’est pas encore totalement éteint, et vous l’aurez compris, la rentrée pourrait s’annoncer très tendue.

A suivre...

Par Le Veilleur

Note

Ayant du hier devoir me justifier après avoir employé dans une phrase le mot « fuhrer » pour désigner le nouveau passage en force annoncé pour cette loi, on m’a reproché de ne pas avoir connu cette période (la dictature - que cette personne n’a probablement pas vécue non plus), me suggérant de revoir mes cours d’histoire. Aux hurluberlu(e)s qui pourraient eux aussi s’indigner de l’emploi du terme « dictature » employé ici, je tiens à rappeler comme je l’ai fait hier que

Une dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite. La dictature est donc synonyme de régime autoritaire. L’origine du terme remonte à la Rome antique, où la dictature était un état de la République romaine où un magistrat (le dictateur) se voyait confier de manière temporaire et légale les pleins pouvoirs en cas de troubles graves. (wikipedia)

Si vous ne voyez pas ici l’analogie avec la situation actuelle, je ne saurais que vous recommander d’arrêter le cas échéant la consommation de stupéfiants et/ou prendre rendez-vous avec le neurologue le plus proche. En ce qui concerne ma connaissance de l’histoire, bien qu’incomplète je l’avoue, mais devenue avec le temps épurée de nombreuses désinformations propagées par les établissements scolaires publics, je me permet la aussi de faire un petit rappel politique à propos d’Adolf Hitler.

En effet, avant de devenir le nationaliste décrit dans les livres, il adhérait au DAP, qui était le Parti ouvrier allemand, avant de le transformer en Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), parti fondé avec des socialistes révolutionnaires. Pour reprendre un passage de « Mein Kampf », hitler dit :

La lutte contre la finance internationale et le capital de prêt est devenu le point le plus important de la lutte de la nation allemande pour son indépendance et sa liberté économique.

à comparer avec la déclaration de François Hollande en 2012 :

Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance

L’existence d’un pouvoir prônant une politique de gauche tout en exerçant une politique de droite est donc toujours d’actualité, mais comme je le disais également hier « toute similarité avec notre gouvernement serait purement fortuite » ...

Crédit photo par Acé (Image de couverture)




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