Des poissons d'aquarium mutilés pour être attractifs


Quand nous étions petits nos parents étaient obligés de nous acheter des poissons rouges pour nous faire plaisir mais aujourd'hui des poissons multicolores, avec des nageoires improbables se sont imposés...

Une véritable maroquinerie ! Or nous sommes face à des êtres vivants que des hommes vernissent, passent à la soude... Pour le seul plaisir de nos yeux, en toute impunité, depuis plus de dix ans !
 
Des salons de coiffures aux poissons « arc-en-ciel », il n'y a qu'un pas !
 
Les poissons ne sont certes pas des animaux domestiques très affectueux mais depuis quelques années ils sont sujets à un phénomène de mode. Face à cet engouement, des éleveurs peu scrupuleux utilisent des méthodes pouvant quelque fois être qualifiées de barbares, afin d'obtenir des poissons originaux, aux couleurs chatoyantes, aux formes dilatées, drapées...

Pour obtenir des colorations qui n'existent pas naturellement, outre les hybridations et mutations, certains se prennent pour des Léonard de Vinci dont les toiles ne sont rien d'autres que des êtres vivants. Pour obtenir des « toiles » vierges, il faut de prime abord plonger les poissons dans de la soude. En effet, ce produit dissout le mucus recouvrant et protégeant le corps des poissons. Cette technique entraine une mortalité pouvant s'élever à 80%, mais les poissons sont si prolifiques...

Autre méthode, mais moins pratiquée, car les résultats sont moins probants pour obtenir des sujets blancs : sélectionner et élever des sujets albinos. Ensuite dans les deux cas le traitement est le même, injection de colorants sous la peau pour avoir une coloration homogène. Toutefois les éleveurs n'obtiennent pas toujours une coloration homogène dès la première injection, une seconde, voir une troisième peuvent être nécessaires.

Normalement peu colorés, des espèces deviennent très « tendances » avec des couleurs allant du vert à l'orange, en passant par le bleu. Ce traitement affaiblit et réduit la durée de vie des poissons-martyrs. Cette coloration est de plus éphémère, elle dure le temps de tromper le futur acquéreur qui se retrouve avec un poisson décoloré quelques mois plus tard, payé deux à trois plus cher. Voici quelques espèces victimes de cette pratique : Chanda rancya avec 6 à 7 colorations différentes sur le dos et le ventre, Corydoras aeneus et aeneus albinos, Barbus tetrazona rouge, Colisa sota, Discus, ...

Des poissons fluo ou tatoués à votre nom ? Mais si ça existe !
 
Des techniques scientifiques sont également détournées pour servir ces intérêts « esthétiques ». Ainsi, depuis quelques années, le Glofish ou poisson-zèbre, un poisson qui devient fluorescent sous une lampe à ultraviolet, est de plus en plus apprécié. Ce spécimen, génétiquement modifié aux Etats-Unis, avait été à la base « mis au point » par les scientifiques pour détecter la pollution, ..., puis les esprits mercantiles ont eu le dessus.

Autre recherche, autre dérive, les scientifiques ont conçu un marquage à l'aide d'un laser de faible intensité et d'un colorant pour suivre la croissance des poissons d'élevage. Aujourd'hui les éleveurs asiatiques proposent des poissons tatoués à votre nom, à celui de votre entreprise, avec une fleur, ... La technique est malheureusement aisée, il suffit de maintenir le poisson en place sur un linge humide pendant qu'il se fait graver les éléments issus de l'imagination de son futur propriétaire.

Que pouvons-nous faire contre ces pratiques ?
 
Si vous aussi vous souhaitez vous mettre à l'aquariophilie, n'hésitez pas à multiplier les vérifications. Les résultats obtenus par ces transformations sont « peut-être » très jolies mais elles n'ont rien de naturelles. Un appel au boycott de l'achat de ces poissons a été lancés par des aquariophiles responsables afin d'interdire ces pratiques qui n'ont que trop duré. Mais les démarches pour obtenir une règlementation en la matière n'en sont qu'à leurs balbutiements.

Toutefois à notre niveau, pour repérer ces dérives, avant d'acheter en animalerie, il faut vérifier les descriptions des étiquettes. Des termes comme « voile » pour désigner de grandes nageoires, ou encore « baloon » et « jumbo » pour décrire un corps déformé, font forcément références à des animaux génétiquement modifiés. Au niveau de la couleur, les abus sont plus difficiles à repérer. Les étiquettes portant les indications « couleur » ou « fluorescent » sont toutefois à proscrire. A proscrire également, les hybrides comme le Luohan, le poisson-perroquet, ...



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