Des eaux poissonneuses... Pour combien de temps encore ?


Partout dans le monde, les stocks de poissons sont victimes d'une surpêche scandaleuse. Dans les eaux européennes, loin d'être épargnées, près de trois espèces sur quatre sont surexploitées. Cette surpêche affecte 82 % des stocks en Méditerranée et 63 % en Atlantique. Si nous continuons à ce rythme effréné, les scientifiques prévoient que nos pêcheries pourraient disparaître d'ici 35 ans.
 
Les activités de pêche des États membres sont régies depuis 40 ans par la Politique commune des pêches (PCP), établie par l'Union européenne. Mais la PCP est en panne et, de l'aveu même de la Commission, est passée à côté de son principal objectif : garantir la viabilité des stocks de poissons tout en soutenant des pêcheries responsables et durables.

L'Union européenne semble incapable de gérer correctement ses pêcheries. Ainsi, la PCP a permis de financer l'une des pratiques de pêche les plus destructrices et les moins durables : le chalutage en eau profonde. A mesure que les stocks de poissons s'amenuisent dans les eaux côtières, les navires vont de plus en plus loin et pêchent de plus en plus profond, à la recherche de nouvelles espèces à exploiter. Les chalutiers de fond se livrent à un pillage insensé.

Ils rasent des formations coralliennes anciennes, raflent sans distinction tout ce qui se trouve sur leur passage et, au final, rejettent à la mer une grande quantité de poissons morts ou mourants. Des scientifiques du monde entier demandent d'ailleurs l'abandon de cette méthode de pêche, remettant en cause la viabilité économique et la durabilité de ces pêcheries. Greenpeace considère le chalutage en eau profonde comme l'une des pratiques les plus destructrices pour l'environnement marin et mène campagne pour l'instauration d'un moratoire international sur le chalutage de fond.

Cette méthode de pêche, véritable scandale écologique, est aussi le fruit d'une aberration européenne. Au lieu de financer l'adoption de pratiques et de techniques de pêche durables, l'argent public européen sert à engraisser les flottes industrielles des plus grands pays pêcheurs d'Europe, notamment l'Espagne et la France, sans définir de critères ni de garanties en matière de durabilité. Les subventions, financées par l'ensemble des contribuables européens, sont alors investies dans la construction et la modernisation de navires responsables du pillage des grands fonds océaniques.

Pour que ces bulldozers puissent pêcher aussi loin des côtes et à de telles profondeurs, il faut beaucoup d'argent : celui du contribuable européen. Des études ont montré que, sans ces aides communautaires, la plupart des chalutiers de fond présents en haute mer fonctionneraient à perte et ne pourraient plus mener leurs activités.

La PCP est en cours de révision. Cette réforme, qui n'intervient que tous les 10 ans, pourrait être la dernière opportunité pour l'Union européenne de changer de cap et faire en sorte que la future PCP mette un terme à l'ensemble des pratiques de pêche non durables et destructrices, comme le chalutage de fond, et favorise le développement de pêcheries sélectives, à faible impact et à petite échelle.

Dossiers Greenpeace sos-océans :
 
Le crime organisé fait main basse sur nos océans - lien (pdf)
Démasquer les crimes commis en mer - lien (pdf)



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