Cryosat : un quart de la banquise disparue en 20 ans


Après un an de fonctionnement, le satellite européen Cryosat-2 peut dresser la ppremière carte dynamique de l'épaisseur de la banquise arctique.

Un petit film d'animation (voir vidéo) diffusé par l'Agence spatiale européenne, qui a développé ce satellite innovant, permet de visualiser l'évolution de l'étendue et de l'épaisseur de la banquise arctique d'octobre 2010 à mars 2011.

Cette carte dynamique succède à la première carte de l'épaisseur de la glace pour période hivernale de l'hémisphère nord publiée en juin dernier (lire cette note).

Cryosat est le deuxième du nom, mais il remplace un premier satellite perdu au lancement en 2005. Avec ce satellite, les scientifiques observent avec une précision sans précédent les surfaces et surtout les volumes de glaces de la Terre.

Ces glaces jouent un rôle climatique local mais aussi à l'échelle de la planète. Comme source de froid local, et comme facteur de refroidissement global car elles réfléchissent près de 90% de la lumière solaire. Elles vont réagir très fortement au changement climatique et en devenir une cause.

Les observations de la banquise arctique réalisées ces dernières années ont montré que, au delà de la rétraction en surface lors de l'été, un processus d'amincissement généralisé s'était engagé par la réduction du volume des glaces pluriannuelles.

La glace de plus d'un an ne constituait plus en mars 2012 qu'environs le quart de la banquise contre près de 45% en 1983. La glace de plus de cinq ans qui représentait environ le quart de la banquise il y a 20 ans a presque disparue (graphiques).

l'épaisseur vue par Cryosat et l'âge des glaces montre une corrélation assez bonne, mais non totale, entre les deux paramètres.

La rétraction estivale de plus en plus forte de la banquise arctique bouleverse l'écosystème local, et met la surface océanique directement en contact avec l'air et le rayonnement solaire qu'elle absorbe en très grande majorité. Lire ici une longue note sur le débat scientifique soulevé par la rétraction de l'été 2011.

Depuis 2007, les rétractions estivales sont en effet beaucoup plus fortes que prévu par les modèles et des scientifiques proposent une explication à ce hiatus.

Quant à l'évolution du volume des calottes polaires (Groënland et Antarctique), elle contribuera fortement à l'évolution du niveau marin.

Le satellite CryoSat-2 a été lancé le 8 avril 2010, à bord d'une fusée Dniepr de la société ISC Kosmotras depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan (lire cette note sur le tir). Cette fusée est un ex-missile reconverti grâce aux accords de désarmement USA/Russie.

L'apport spécifique de CryoSat, c'est sa précision. Il doit être très stable sur son orbite, savoir où il vise avec son radar interférométrique (SIRAL) fabriqué par Thales Alenia Space. D'où un concept spécial, avec des panneaux solaires collés sur son «toit» et non disposés en ailes. D'une altitude de 720 km et une orbite quasi polaire, il ne va manquer que 2° autour des pôles. Il est prévu pour 3 ans, mais pourrait vivre plus longtemps comme souvent pour les satellites, jusqu'à cinq ans à priori. C'est un satellite assez petit, avec 730 kg et une seule charge scientifique.

Après son lancement, le satellite est passé sous le contrôle des astronavigateurs de l'ESA à Darmstadt, l'ESOC.


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