Consommer Bio : Derrière l'étiquette rassurante, une réalité bien différente


Vous qui pensez échapper à la malbouffe et donc forcément manger sainement en consommant « Bio », vous risquez de tomber de haut en apprenant la triste réalité de cet autre business des lobbies de l'agroalimentaire.

Si vous faites partie des éclairés (ou chanceux) qui achètent leurs aliments en circuit court auprès des petits producteurs locaux, vous n'êtes probablement que peu ou pas affectés par le sujet. Si par contre en bon consommateur que vous êtes, vous pensez être à l'abri en faisant confiance à la petite étiquette verte apposée sur l'emballage, c'est une autre histoire...

Dites-vous bien que ceux qui décident pour vous des normes à respecter pour mériter l'autorisation du label « Bio » sur un produit sont à la Commission européenne de Bruxelles, la ou ces mêmes « experts » financés grandes multinationales de l'industrie ont récemment donné un avis favorable au glyphosate après avoir perçu une généreuse « donation » de 500 000 dollars de Monsanto.

Vous pensiez peut être que ce secteur de l'alimentation avait échappé aux têtes pensantes des machines à fric mondiales ? Que nenni ! Ils sont sur tous les fronts et font la pluie et le beau temps, mieux encore, ce sont eux qui ont créée le concept et développé cette mode alimentaire dès qu'ils ont senti un début d'intérêt de la population pour une nourriture plus saine et naturelle.

Je remercie au passage Jimmy, auteur de l'article qui suit et admin d'Alimentation intelligente, au demeurant très sympathique et ouvert à la discussion. Je vous recommande d'aller faire un petit tour sur son site ou vous pourrez faire le plein d'informations très inspirées et dénuées de tout conflit d’intérêt ;-)

Le Veilleur

Le BIO, derrière les réalités apparentes

Bonjour à vous,

Alimentation intelligente va, aujourd’hui, s’attaquer au monde du BIO dans la mesure où cela est devenu un réel effet de mode. En un sens, il prolongera assez subtilement l’article La malbouffe BIO.

Alors, de prime abord, vous pourriez être tentés de vous demander quelles seraient les raisons de s’attaquer au BIO. Mais, en y réfléchissant un peu et en étant honnête envers soi-même, celui qui affirme qu’il n’y a rien de mieux que le BIO est juste un pantin du monde … biologique justement. Si vous pensez encore que les labels BIO sont les premiers artisans de votre bonne santé, c’est que vous avez encore besoin de creuser.

Les artisans de votre santé et sécurité ne sont ni les « blouses blanches » (vous comprenez de qui on parle) ni « les blouses bleues » (avec un képi sur la tête). Alors là, vous voilà perdus, n’est-ce pas ? D’un côté on prône le BIO dans la plupart des articles et de l’autre, aujourd’hui, on le critique.

Eh chérie, il se met à nous prendre pour des pigeons lui aussi ! Tonnerre de Brest, tu te rends compte à quel point tout le monde se fiche de nous, ce n’est pas possible ça !

Bon … que les gens soient pris pour des abrutis ce n’est pas une découverte. Mais cela en serait une qu’ils le soient sur CE site qui, à titre de rappel, est fait pour VOUS aider. Avant d’entrer d’aborder le cœur du sujet, sachez que derrière toute chose intéressante ou à priori exceptionnelle se cache toujours des choses moins … gracieuses (pour rester poli).

Curieux, intrigué ou intéressé par l’intitulé du sujet ? Alors joignez-vous à la réflexion proposée ce jour-ci.

Agriculture Biologique … quelle barbarie sémantique !

Eh les enfants, ça tourne à la philosophie maintenant. Vous étudiez la philo en ce moment, non ? Ah super, venez m’aider

Pour faire simple, l’agriculture Biologique est un mode d’agriculture se caractérisant essentiellement par la non-utilisation de produits dits « chimiques » et cherchant à revenir aux pratiques d’antan (ex : la jachère).

Mais savez-vous vraiment quand est apparu ce terme ? En fait, il est tout récent puisqu’il n’a même pas 70 ans. En effet, il est apparu vers 1950 dans le but de s’opposer au système de production agricole dit « chimique » s’étant progressivement mis en place depuis le XIXème siècle (dit « chimique » pour cause d’usage de produits de synthèse).

Généralement parlant, les agriculteurs dits « Biologiques » se doivent de respecter des cahiers des charges pour l’obtention de labels biologiques, tels que le fameux AB. Dans l’idée, voici les grandes lignes des cahiers des charges relatifs au BIO :

  • Utilisation de produits (engrais) aux origines naturelles ;
  • Interdiction, sauf exception, d’intrants d’origine chimique ;
  • Rotation modérée des cultures, élevages peu intensifs, etc. de façon à préserver les sols (reconstitution naturelle).

En agriculture BIO, la fertilisation nécessite l’apport de substances d’origine organique, animale ou végétale et à quelques minéraux, tous répertoriés sur une liste.

Source : définition de l’Agriculture BIO

A ce niveau, commencez-vous à entrevoir des pistes de réflexion ? Non ? Bon, alors dans ce cas, laissez-vous guider pour la suite de l’article. Pour pousser les choses un peu plus loin, vous allez découvrir le véritable sens donné à deux mots très courants : Agriculture Biologique.

Pris séparément, connaissez-vous leur définition ? Il y a de quoi en douter !

Pour Larousse, l’agriculture désigne « l’ensemble des travaux dont le sol fait l’objet en vue d’une production végétale ». Des travaux ? pour la Terre ? Donc on va la torturer, n’est-ce pas ? Eh oui, malheureusement. En effet, le mot « travail » vient du latin « tripalium » qui désignait un instrument de torture. Donc, en faisant des travaux, on a pour volonté de faire mal à la Terre.

Toujours pour Larousse, biologique est « relatif à la production de denrées naturelles non traitées chimiquement ». Mais cette définition est incomplète car elle devrait stipuler, à l’origine, l’absence d’intervention de l’homme.

Si vous avez un peu de bon sens, vous comprendrez que ce n’est pas le grand amour entre les mots « agriculture » et « biologique », et pourtant ils sont associés. L’un a pour but de travailler la terre pour l’exploiter et ainsi la torturer alors que l’autre désigne le processus naturel par lequel un aliment a vu le jour (sans intervention humaine).

Ainsi peut être réellement dit « biologique » tout aliment dit « sauvage », c’est-à-dire ayant poussé dans la plus lointaine nature, où il a développé ses propres défenses dans un milieu hostile et où il a grandi sans la moindre pollution atmosphérico-chimique.

Sémantiquement et logiquement parlant, c’est une aberration de dire que les aliments produits en grande quantité dans des champs où l’on utilise aucun pesticide sont BIO.

Panique à bord … invasion politique du BIO

De plus, à chaque fois que nous parlons du BIO, on vante – indirectement ou directement – des cahiers des charges soi-disant stricts, respectueux des gens et de l’environnement (bla bla bla) dont on ne connaît strictement rien.

Maintenant, réfléchissons un peu et ……… bim. « Géo trouvetout » a encore trouvé ce que personne ne remet jamais en question alors que c’est gros comme une piscine dans une maison : d’où vient le cahier des charges général du BIO et son application est-elle toujours réglementaire

Bah oui, comme nous vivons dans un merveilleux monde où le bien-être général est la priorité (on peut attendre que les poules aient des dents), il est logique de se poser cette question qui va certainement soulever quelques rochers. Mes chers lecteurs, aussi enthousiastes soit-il possible de l’être, permettez de dire ceci : la fin est proche ! En fait non, il ne peut y avoir de fin dans la mesure où le début était en réalité un faux-départ. Explications….

RÈGLEMENT (CE) N° 834/2007 DU CONSEIL du 28 juin 2007
relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits
biologiques et abrogeant le règlement (CEE) n° 2092/91

Voici d’où nous vient la part la plus importante des lois en vigueur concernant l’agriculture bio. Pour faire court, le règlement (CE) N° 834/2007

met en avant l’ensemble des règles à suivre concernant la production, la transformation, la distribution, l’importation, le contrôle et l’étiquetage des produits biologiques. Il est complété par des règlements d’application, notamment le règlement (CE) n°889/2008.

Sources : les textes réglementaires du BIO ; Règlement (CE) n°834/2007 ; Règlement (CE) N°889/2008

Quand BIO et BIO ne font pas bon ménage

Derrière les jeux de mots parfois un peu alambiqués au premier coût d’œil se trouve, en réalité, un constat vraiment terrible de ce qu’est (et peut être) le bio. D’ailleurs, voici les meilleurs passages d’un des articles du Huff Post intitulé « Les produits labellisés agriculture biologique sont-ils vraiment bio ? » et publié en 2012.

  1. Il ne suffit pas qu’un produit porte la mention « bio », pour que celui-ci soit bio. La mention « bio », qu’on peut trouver sur certains jus de fruits ou dans des soupes par exemple, indique seulement qu’une partie du produit est issue de l’agriculture biologique. Pour savoir dans quelle proportion, jetez un œil sur l’étiquette. Pour qu’un produit soit véritablement bio, celui-ci doit avoir été produit dans certaines conditions qui peuvent varier en fonction des différents labels.
  2. Le label AB garanti que 95% des ingrédients d’un produit sont issus de l’agriculture biologique. […] Depuis 2009, les règles définissant le label AB sont alignées sur celles de l’Union européenne. Elles restent strictes et autorisent la présence de traces d’OGM s’ils constituent moins de 0,9% du produit. Le label AB garantit le respect des règles françaises et européennes et la certification placée sous le contrôle d’un organisme agréé par le pouvoir public.
  3. Non [le label AB ne garantit pas que le produit soit d’origine française]. Si, c’était le cas avant, ça ne l’est plus maintenant. Les règles européennes étant harmonisées, tout produit en provenance de l’UE peut porter le label AB. Celui-ci devrait progressivement disparaître pour laisser place au label européen, qui sera bientôt le plus répandu.
  4. En France, le label AB est délivré par l’Agence bio, qui est une agence gouvernementale.
  5. [A propos des produits « BIO » hors UE] C’est là que le bât blesse. Si le produit est originaire d’Europe, alors pas de problème. Les contrôles sont stricts, les certifications sont fiables et les règles unifiées dans l’Union. En revanche, si le produit provient de l’extérieur de l’UE, il peut avoir été certifié par un organisme étranger à l’UE où les règles sont moins strictes et porter le logo agriculture biologique de l’Union, une fois entré sur le territoire.
  6. [Existe-t-il des faux produits « BIO » ?] Oui. Les autorités retirent régulièrement de la vente des produits estampillés bio sur lesquels des traces de pesticides ont pu être retrouvées. Début 2012, c’est même tout un trafic de produits bio entre la Roumanie et l’Italie qui avait été démantelé. Les trafiquants achetaient des céréales issues de l’agriculture conventionnelle en Roumanie, les ré-emballaient et leur faisaient obtenir une fausse certification biologique en Italie, avant de les écouler dans toute l’Europe. Mafia, producteurs mus par l’appât du gain, certificateurs corrompus, cette affaire rappelle que tout n’est pas rose dans le monde de l’agriculture biologique.
  7. [Les] consommateurs bio sont moins exposés aux pesticides, de l’ordre de 30% moins que les autres. En France, un groupe de travail pluridisciplinaire de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (l’AFSSA, devenue l’Agence nationale de sécurité sanitaire, ou ANSES), a évalué en 2003 l’ensemble des données disponibles à l’international sur le sujet. Sur la base de près de 300 articles scientifiques, elle a publié un rapport estimant que le bio était plus riche en minéraux, nutriments, oméga 3, polyphénols et antioxydants ou vitamine C, mais pas tous les produits.

Les très bons points évoqués dans l’article du Huff Post permettent à la fois de comprendre les dessous du bio, l’illégalité à laquelle il est parfois soumis (voir 6.) et de voir en quoi il est loin d’être « tout rose ».

Enfin, avant de terminer, sachez ceci : dans certains cas, le « BIO » n’a de BIO que le nom. En effet,

chaque produit industriel estampillé « BIO » peut en effet officiellement contenir – et sans obligation de les décliner ! – plus de 300 ingrédients chimiques, ainsi que du castoréum, c’est à dire de l’extrait de glandes anales de castors sauvages ou élevés en cages.

Conclusion

Ainsi, comment terminer un tel article ? Avez-vous une idée ? Alimentation intelligente a trouvé. En introduction, il a été écrit que : les artisans de votre santé et sécurité ne sont ni les « blouses blanches » (vous comprenez de qui on parle) ni « les blouses bleues » (avec un képi sur la tête).

Pour répondre à la question de savoir qui est l’artisan de VOTRE santé et de VOTRE sécurité, Alimentation intelligente serait tenté de dire : VOUS. Toutefois, il ne faut pas faire n’importe quoi non plus. Le gros bon sens a du mal à parfaitement fonctionner de nos jours puisqu’il y a toujours « anguille sous roche », pour reprendre une expression qui parlera à plus d’un.

Si vous voulez trouver une voie, dans le domaine de l’Alimentation, qui ne se base que sur les faits scientifiques indubitables, alors continuez de suivre ce site. Alimentation intelligente et ses futures parutions, premièrement sous forme d’e-books puis ensuite sous forme de livre(s), n’auront pour but que de VOUS aider à avancer et vous en sortir de ce périlleux chemin.

Mes chers lecteurs, excellente soirée à vous,

A bientôt.

Par Jimmy Dubois - Reproduction avec son aimable autorisation - Introduction par Le-veilleur.com

Copyright © 2016 Alimentation intelligente. Toute utilisation ou reproduction, même partielle, du site et de son contenu est strictement interdite sans l’accord express d’Alimentation intelligente.

Liens connexes


Vidéos :



Commentaires 3

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Comme quoi la politique est l'art de pourrir ce qui est beau et naturel. Et quand je parle de politique j'englobe aussi la religion qui est une forme de politique détournée de ses buts originels pour servir les intérêts d'une minorité.
    Le Bio, c'est la vie, la politique, l'anti-vie par excellence et la finance la mort assurée. Faites le mélange des trois et vous obtenez donc le résultat dénoncé par cet article. 2/3 de mort 1/3 de vie, fichu mélange non ?
    Donc le Bio, ça a le goût de la vie, l'odeur de la vie , l'apparence de la vie mais au final c'est la mort lente. Heureusement qu'il reste des pays où ni Bruxelle ni Ouchingueton n'ont leur mot à dire en matière de bio.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Il en reste en effet, mais pour combien de temps au train ou vont les choses ?

avatar de PH7
  • Par PH7 1 0
  • Normalement peu de temps mais il y aura toujours des points de résistance.

Ajouter un commentaire


Autres articles dans la catégorie « Evènements sociaux Alimentation »