Concertation citoyenne : Vers une levée de l’obligation vaccinale ?


Est-il possible que nous assistions à un changement en matière de politique vaccinale de la part du ministère de la santé ? C'est le message que semble vouloir faire passer Marisol Touraine en organisant un débat national sur la vaccination.

Ne nous leurrons pas trop sur les intentions réelles de ce semblant de « prise de conscience » puisque le but réel de cette concertation est de redonner confiance au grand public quant au bien-fondé des vaccins, à une période ou de plus en plus de personnes mettent en doute l'efficacité de ces derniers et réalisent les risques énormes qui se dissimulent derrière cet acte devenu de moins en moins anodin.

Vous même avez sûrement lu de nombreux témoignages de familles détruites par les effets secondaires dévastateurs de certains vaccins, pourtant présentés comme sûrs par une autorité se voulant rassurante, mais ayant de plus en plus de difficultés à occulter des conflits d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique.

Car en effet, ces liens semblent être la source comme l'indique Bastamag dans un article récent ou des témoignages reflètent clairement que l’industrie pharmaceutique tente d’influencer les étudiants en médecine. Il faut dire que les enjeux financiers sont colossaux, et qu'il serait donc utopique d'espérer un seul instant que ces multinationales envisagent de « s'asseoir dessus » sans rien faire.

Doit on y voir une tentative désespérée de faire du charme aux électeurs en vue des scrutins de 2017 alors que l'image du gouvernement actuel est au plus bas dans les sondages ? C'est une possibilité, mais quoiqu'il en soit, « big pharma » n'a sûrement pas l'intention de voir cette manne financière lui échapper, et l'issue de ce débat citoyen apparaît d'ores et déjà connu d'avance...

Le Veilleur

La France est-elle à la veille d’un tournant majeur en matière de politique vaccinale ? Le débat sur la fin de l’obligation de vacciner est aujourd’hui lancé. Après avoir sous-estimé pendant des années la montée d’un sentiment de défiance à l’égard des vaccins, et souvent balayé d’un revers de main les inquiétudes sur d’éventuels effets secondaires graves, les autorités sanitaires se trouvent aujourd’hui acculées au débat.

La ministre de la santé, Marisol Touraine, a ainsi annoncé, mardi 12 janvier, une batterie de mesures pour tenter de rétablir une confiance écornée depuis la gestion maladroite de la vaccination contre l’hépatite B dans les années 1990, et plus récemment lors de la pandémie de grippe A (H1N1) en 2009.

La montée d’interrogations, de doutes, parfois même de suspicions, aboutit à fragiliser la parole publique, déclare au Monde Mme Touraine. Répondre à la défiance est aujourd’hui un enjeu de société.

1461251893_photos_vaccins_justice_m.jpg La situation devient d’autant plus préoccupante que les Français se détournent de certains vaccins, par exemple contre la grippe ou encore contre les papillomavirus – visant à prévenir les cancers du col de l’utérus.

De même, une enquête de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) a montré que la couverture vaccinale a baissé d’environ 5 % chez les bébés de 0 à 9 mois entre 2014 et 2015 pour le vaccin hexavalent qui protège contre six maladies, dont la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (DTP) et la coqueluche, et le vaccin Prevenar contre la pneumonie à pneumocoques

. Or, pour la plupart de ces infections, il faut un taux de couverture vaccinale supérieur à 90 % pour protéger la population.

Les mesures annoncées par Marisol Touraine

Outre la tenue d’un grand débat national sur la vaccination tout au long de l’année 2016, le plan d’action présenté par la ministre de la santé Marisol Touraine prévoit plusieurs mesures qui pourraient être rapidement mises en œuvre.

  • Le « carnet de vaccination électronique », entièrement personnalisé, permettra d’améliorer le suivi du statut vaccinal des patients.
  • Gestion des pénuries Les industriels seront tenus de mettre en place des plans de gestion des pénuries, via la constitution de stocks.
  • Un « comité des parties prenantes » regroupant experts, médecins et usagers, il sera créé afin de « faciliter la compréhension ­mutuelle des différents acteurs et éclairer la décision publique en matière de vaccination ».
  • Coordination Par ailleurs, le comité technique des vaccinations sera rattaché à la Haute Autorité de santé, « pour renforcer son ­indépendance ».

20 recommandations

Principal volet du plan ministériel : la mise en place d’un débat citoyen, qui devra notamment déterminer s’il est pertinent de maintenir une distinction entre vaccins obligatoires et recommandés. Cette distinction – qui n’existe pratiquement nulle part ailleurs en Europe – contribue aujourd’hui à l’illisibilité de la politique vaccinale. Dans ce domaine, « le statu quo n’est plus tenable », assure l’ancienne députée PS Sandrine Hurel.

Chargée en mars 2015 d’une mission par le premier ministre, elle vient de rendre un volumineux rapport avec 20 recommandations, qui dans l’ensemble devraient être retenues. En France, trois vaccins sont obligatoires (DTP). Les autres sont seulement recommandés. Cette stratégie a été remise en cause ces dernières années par plusieurs rapports, et dès 2012 la réflexion sur ce sujet était inscrite comme une priorité par les autorités. Le Haut Conseil de la santé publique a même proposé il y a plus d’un an de lever ce principe d’obligation, instauré il y a des décennies.

La distinction entre « obligatoire » et « recommandé » n’est plus pertinente en termes de santé publique, assure aussi le rapport Hurel. Des maladies comme l’hépatite B ou les infections à papillomavirus, pour lesquelles la vaccination est seulement recommandée, ont un bilan comparable, voire plus lourd que des maladies pour lesquelles la vaccination est obligatoire. Mme Hurel ajoute que :

La distinction (…) rend le dispositif peu lisible, y compris pour les médecins, les vaccins recommandés pouvant sembler facultatifs.

Une « concertation citoyenne » en trois temps

De plus, insiste-t-elle,

une obligation vaccinale ne peut être respectée que si les vaccins sont disponibles.

Or ce n’est pas le cas aujourd’hui. Depuis 2008, il n’existe plus de vaccin trivalent DTP, contraignant les parents à recourir à des vaccins combinés protégeant aussi contre la coqueluche, l’hépatite B et l’haemophilus influenzae de type B, germe responsable de méningites. Une « vente forcée » qui a contribué à nourrir un peu plus la défiance. Un couple condamné le 7 janvier par le tribunal correctionnel d’Auxerre à deux mois de prison avec sursis pour n’avoir pas fait vacciner ses deux enfants contre le DTP a d’ailleurs fait valoir qu’il n’existait pas sur le marché ce vaccin trivalent.

La grande « concertation citoyenne » sera organisée en trois temps, sous l’égide du professeur Alain Fischer, spécialiste en immunologie pédiatrique. Une plate-forme web sera ouverte en mars pour recueillir des contributions. Dès mai, trois jurys analyseront ces propositions. Enfin, en décembre, un comité d’orientation formulera ses conclusions. Se prononcera-t-il en faveur de la levée de l’obligation vaccinale ? Et le cas échéant un certificat serait-il exigé pour l’entrée d’un enfant en collectivité ? A l’inverse, ce comité pourrait-il maintenir le principe de l’obligation, en modifiant la liste des vaccins concernés ?

Tout dépendra si un consensus se dessine, ce que je ne crois pas si facile.

, indique Sandrine Hurel, qui a elle-même refusé de trancher cette question après avoir auditionné 130 personnes. Elle poursuit :

En cas de levée de l’obligation, il faudrait faire attention au message envoyé, trouver dans la langue française l’équivalent de « mandatory » en anglais, un terme qui voudrait dire « faites-le parce que c’est bon pour votre santé »

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Par François Béguin, Sandrine Cabut et Pascale Santi pour Le monde



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