Ces substances que nous cachent... les blocs WC


Les désodorisants et blocs WC sont des produits dont on parle peu. A priori, pas de quoi s'enflammer pour des produits aussi triviaux.

Et pourtant ! Il faudrait porter un peu plus d'attention à ces désodorisants WC auxquels dont on fait si peu de cas. Car certains contiennent un cancérogène possible, le dichlorobenzène, qu'il vaut mieux éviter.

Stop aux désodorisants et aux blocs WC dangereux

Le bloc WC Harpic, le plus connu, « colore l'eau en bleu, nettoie et fait briller, désodorise, combat la formation du tartre ». Mais ce n'est pas tout ! Les spécialistes sont au courant mais rien ne change. De la même façon que pour parabens ou les bisphénols, il a fallu attendre que des médias s'emparent de la question avant que quelque chose ne change. Alors, parlons-en !
 
A quoi sert un bloc WC ?
 
Les blocs pour WC ont une double fonction : nettoyer la cuvette des WC et maintenir une odeur parfumée dans les toilettes. Ici, on parle d'un produit qui est utilisé dans des millions de foyers mais aussi dans les crèches, les entreprises, les écoles et qui est désormais mis en cause pour son action comme perturbateur endocrinien quand il contient du dichlorobenzène. Le dichlorobenzène est classé cancérogène possible pour l'être humain et est désormais suspecté d'être un perturbateur endocrinien.
 
La plupart des blocs désodorisants pour WC contiennent un colorant destiné à lui donner sa belle couleur bleue ou verte dans la cuvette. La composition des blocs désodorisants varie généralement recouvre du borax, troclosène de sodium dihydrate, (utilisé pour remplacer l'eau de Javel) et fréquemment un parfum additionnel.
 
Ces produits sont donc irritants pour les yeux, la peau et les voies respiratoires. A long terme, le paradichlorobenzène peut avoir des effets sur le foie, les reins et l'AFSSE préconise son interdiction car il peut être cancérigène pour l'homme :
 
« La très forte toxicité sur les organismes aquatiques et la classification cancérigène catégorie 3 incitent à préconiser également une interdiction pour ces usages (blocs toilettes). »
 
Composants contribuant au danger d'Harpic WC
 
Voici par exemple la composition d'Harpic WC, ça sent bon le naturel non ?
 
Dénomination : Composant / Code danger
 
 • Acide chlorhydrique / C
 • Hydroxyethyloleylamine / C, N
 • Alkyl-Trimethylammonium chlorure / C, N
 
Légende codes : C  = Corrosif ; Xn = Nocif,  N = dangereux pour l'environnement, R22 = Nocif en cas d'ingestion ; R34 = Provoque des brûlures ; R37 = irritant pour les voies respiratoires ; R50 = très toxique pour les organismes aquatiques.
 
Le cas du paradichlorobenzène (PDCB)
 
Autrefois utilisé pour désodoriser notamment dans les trains, le paradichlorobenzène (PDCB) était commercialisé sous forme de bloc. Être exposé à ce produit peut provoquer des irritations de la gorge, voire des intoxications. Les effets cancérigènes de cette substance ont été prouvés chez l'animal. Il est classé N (dangereux pour l'environnement ) et Xi (irritant) Sa commercialisation en France est interdite depuis 2005.
 
Une étude des Centres de Contrôle et de Prévention des Maladies (Etats-Unis) vient de rappeler les liens possibles entre puberté précoce chez la jeune fille et une exposition à des substances chimiques de synthèse.
 
Menée sur 440 filles âgées de 12 à 16 ans, l'étude a montré que les premières menstruations chez les filles exposées aux niveaux les plus élevés de dichlorobenzène et de ses dérivés (concentrations urinaires) survenaient en moyenne à 11,8 ans contre 12,4 ans pour celles qui avaient les taux les plus faibles. Le niveau de l'exposition avant les premières règles ou in utero n'a pas été mesuré: les scientifiques plaident pour de nouvelles études dans ce sens, afin de disposer de données plus solides. La situation du dichlorobenzène dans l'Union européenne.
 
En Europe, si le dichlorobenzène est interdit dans les boules anti-mites (contrairement aux USA) depuis 2007. Toutefois, il constitue jusqu'à 99% du total des ingrédients de blocs désodorisants pour WC.
 
L'Union européenne, dans le cadre de la directive REACH, envisage une restriction de l'usage du 1,4-dichlorobenzène dans les désodorisants d'intérieur et les blocs désodorisants pour les toilettes. Une consultation en ligne  sur  le  site  de  l'ECHA  (Agence  européenne  des produits chimiques) est en cours jusqu'à fin décembre 2012.
 
Des alternatives sans danger aux blocs WC chimiques
 
Pourtant, il existe des alternatives inoffensives à  l'utilisation  très répandue de ces produits blocs WC dangereux même si ces produits ne sont pas éco-labelisables car  l'Eco-Label ne comprend pas de catégorie correspondant aux désodorisants et destructeurs d'odeurs. La plupart du temps ces blocs WC sont à base d'huiles essentielles 100 % pures et naturelles de pin et d'eucalyptus. Leur biodégradabilité est optimale et leur emballage est recyclable (carton recyclé).
 
Par exemple l'entreprise québecoise Innu-science, implantée depuis trois ans en France, et spécialisée dans la création de produits de nettoyage issus de la biotechnologie,  propose, entre autres, une gamme complète de produits d'entretien pour les WC. avec les avantages suivants :  produits sûrs pour les utilisateurs, les équipements et l'environnement, pas de vapeur nocive, non corrosif pour la peau, entièrement biodégradable, certifié Choix Environnemental, n'abîme pas les surfaces, ne nécessite aucun rinçage, un seul produit a de multiples applications.
 
Ces produits  surpassent  les  normes  internationales  d'accréditations  environnementales  et  il peut être utilisé avantageusement dans les programmes « Visez-Vert » ou de bâtiments écologiques « LEED ». ... Il n'est pas étonnant que cette entreprise ait en premier lieu développé son marché en Suède et en Finlande, pays de prédilection pour les environnementalistes. Aujourd'hui, Innu-Science possède des installations en France, en Suède et en Chine, avec une quarantaine d'employés.
 
Les blocs WC écologiques
 
Marque Arcy-Vert : Voici par exemple un bloc au parfum citron, à base végétale coprah bio, dégradable à 99,9% : il est composé de bactéries lactiques et alcool gras, sur un support végétal de soja et de parfum citron (citronellol).
 
« Le ph de l'urine étant réduit, les bactéries trouveront une source alimentaire dans l'urée (déchet de matières azotées de l'organisme, que celui-ci fabrique à partir d'acides aminés et de sels ammoniacaux, et que le rein extrait du sang et concentre dans l'urine). Le développement de la vie bactérienne dans la fosse septique sera donc plus important ».
La bactérie lactique génère un acide lactique, permettant d'éviter la formation des dépôts minéraux (pierre noire). Ainsi une diminution du ph sera constatée, favorisant ainsi la dissolution des sels uriques. Ce qui entraîne moins d'adhérence des matières et moins de développement bactérien indigène, donc moins de mauvaises odeurs et un meilleur écoulement. Ces blocs WC qui ne sont pas testés sur les animaux offrent une biodégradabilité rapide et complète.  Ils ne contiennent ni benzène, ni paradichlorobenzène dans l'acide bezène sulfonique.
 
Marque Etamine du Lys : Ces blocs WC dont les bases lavantes (tensioactifs) sont issues d'agro-ressources et conformes à la réglementation européenne en vigueur sur la biodégradabilité ultime (normes ISO 14593 et ISO 11734). Ils utilisent des matières premières naturelles, végétales ou minérales et des huiles essentielles.
 
Nota bene : ces blocs naturels dégagent une odeur moins fortes que les blocs chimiques. Ils moussent autant qu'un bloc WC chimique du fait de leur composition entièrement naturelle mais leur action anti bactérienne est tout aussi efficace ! Ce produit est non testé sur les animaux. Il est sans phosphate, sans phosphonate, sans soude caustique, sans EDTA (acide éthylène diamine tetra acétique), sans acide minéral fort, sans dérivé pétrochimique et sans conservateur.
 
Conclusion :
 
Les préoccupations auxquelles ces blocs désodorisants WC plus écologiques tentent de répondre sont intéressantes :  ils évitent la tentation déraisonnable de vouloir tout désinfecter dans un environnement quotidien ultra-hygiéniste (la désinfection systématique dans laquelle nous sommes aujourd'hui ne fait que créer des germes résistants et provoque des accidents chimiques qui peuvent être dramatiques). Les blocs WC naturels proposent des alternatives pour nettoyer efficacement sans nuire à la santé des utilisateurs (pas de solvants, pas de risque chimique lié à un mélange avec de la javel, pas d'allergène...). Enfin ces produits ont un impact plus limité sur l'environnement (pas de phosphate ni COV, biodégradabilité « ultime »).
 
Dans la série sur les composants des produits du quotidien :
 
 • Ces substances que nous cache Febreze
 • Ces substances que nous cache Nivea
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