Canada : Ces incendies titanesques qui ravagent la capitale des... sables bitumineux


Depuis maintenant plusieurs jours, des murs de flammes gigantesques sévissent dans une région du Canada, et ravagent actuellement Fort McMurray, forçant l'évacuation d'une centaine de milliers de personnes y résidant.

Au delà du drame humain que vivent ces personnes en voyant leurs maisons dévorées par les flammes, c'est le statut particulièrement stratégique de cette zone qui attire mon attention, car Fort McMurray n'est pas une ville comme une autre puisqu'elle est considérée comme la capitale des sables bitumineux, ainsi que la troisième réserve de pétrole de la planète.

Pour le moment, rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit d'une catastrophe naturelle ou pas, mais avouez que le contexte est assez troublant, et de plus il faut savoir que nous n'avons pas à faire à un simple incendie, mais quarante incendies simultanés, dont 5 considérés encore hier comme incontrôlables, ce qui semble se confirmer puisque lapresse.ca indique aujourd'hui que l'incendie a doublé en superficie avec plus de 200 000 hectares ! La première ministre de la province, Rachel Notley, a également indiqué que « L'incendie n'est aucunement maîtrisé... ».

Il faut savoir - et les médias n'en parlent que très peu - que ces incendies ont forcé les compagnies pétrolières à réduire leur production de plusieurs centaines de milliers de barils par jour, et que suite à cela les cours du pétrole brut ont subi une hausse en raison de cette baisse d'approvisionnement. Comme l'explique Boursorama, les incendies en plein cœur de la région d'exploitation des sables bitumineux sont un puissant moteur de hausse pour les cours du pétrole. Boursorama ajoute que

Cette catastrophe naturelle se produit alors que Fort McMurray subissait déjà de plein fouet depuis deux ans les contrecoups de la chute des prix du pétrole, avec la perte de plus de 40.000 emplois directs en Alberta, conséquence d'un chute de production dans la troisième réserve d'or noir de la planète.

Alors, accident ou acte délibéré ? Bien que toutes ces coïncidences ne constituent aucun élément de preuve, on peut tout de même se poser des questions. Afin de mieux appréhender l'étendue des dégâts, voici un extrait d'une publication provenant du site reporterre.net relatant la situation sur place.

Le Veilleur

Des feux de forêt dantesques ravagent la capitale canadienne du pétrole

Imaginez Poitiers ravagée par les flammes, entièrement évacuée et menacée de disparition. C’est la situation de Fort McMurray au Canada. Depuis dimanche dernier, des feux de forêts, alimentés par un temps chaud, sec et venteux, engloutissent cette ville construite au beau milieu d’une forêt boréale et devenue le plus grand chantier d’extraction pétrolière de la planète.

Le feu s’étend désormais sur plus de 100 kilomètres carrés. Toute la population de Fort McMurray, 88.000 habitants, a été contrainte d’évacuer. Une demi-heure pour rassembler l’essentiel, et fuir un gigantesque brasier. Dans le quartier de Beacon Hill, 80 % des maisons sont parties en fumée. Pour s’en aller, un seul chemin, l’autoroute 63, et deux directions, nord ou sud.

Depuis leurs véhicules, les automobilistes filment des murs de flammes : une vision d’enfer selon les témoins. Faute de carburant disponible, certaines voitures restent immobilisées sur le bord de la route. Le tout dans une chaleur caniculaire, exceptionnelle pour un mois de mai : plus de 30 degrés enregistrés mercredi 4 mai, quinze degrés de plus que la normale saisonnière.

L’Alberta a déclaré l’état d’urgence et la Croix-Rouge a mis en place un fonds pour aider les évacués logés dans des camps d’accueil à manger et se vêtir car certains ont tout perdu. Le brasier destructeur pourrait être la catastrophe naturelle la plus coûteuse du Canada.

La fin d’un Eldorado hyper polluant ?

En un siècle, Fort McMurray, à 400 km au nord d’Edmonton, la capitale de la province, a vu sa population multipliée par cent du fait de l’arrivée des compagnies pétrolières. Pour répondre à cette explosion démographique, la ville s’est progressivement étendue au milieu de forêts d’arbres résineux.

L’or de la région : un mélange de bitume brut, de sable, d’argile minéral et d’eau qui donne un pétrole brut de synthèse, plus cher à produire qu’une extraction traditionnelle dans un puits pétrolier mais équivalent à un pétrole brut de très grande qualité. La ressource était connue des Autochtones avant l’arrivée des Européens, ils l’utilisaient pour imperméabiliser leurs embarcations.

Les gisements de l’Athabasca contiendraient environ 1.800 milliards de barils de bitume, soit l’équivalent de l’ensemble des réserves de pétrole conventionnel dans le monde. Aujourd’hui, des entreprises comme BP, Shell et Total ont pignon sur rue à Fort McMurray. Mais l’exploitation des sables bitumineux est terriblement polluante, et par ailleurs très émettrice de gaz carbonique quand on prend tous les maillons de la chaîne, de la production à la consommation. C’est pourquoi en 2011, le Canada s’est retiré du protocole de Kyoto pour pouvoir continuer à exploiter sans entraves cette ressource.

Article complet sur reporterre.net



Commentaires 6

avatar de PH7
  • Par PH7 1 0
  • Je pense que tu as raison de poser la question qui ne m'avait même pas effleurée ! Incendie criminel ou causé par la sécheresse liée au phénomène El-Nino ? Quoiqu'on ait bien pu profité de l'un pour provoquer l'autre.
    D'un autre côté si on considère que les USA commencent à livrer du gaz de schiste et qu'ils sont à la recherche de finances pour redresser le pays, il n'y a qu'un pas pour imaginer qu'ils ne reculeraient devant rien pour éliminer un concurrent, d'autant que ce n'est pas la première fois qu'ils agissent juste pour leurs intérêts. La question est posée !

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  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Ils ont surtout besoin de voir le prix du baril remonter afin de ne pas voir le marché du schiste s'effondrer totalement, car cet effondrement est déjà en cours, du au coût trop élevé de la technique de fracking. Des entreprises de fracturation américaines sont présentes au Canada, et leurs situations financières ne sont pas reluisantes, et j'aimerais bien savoir à quel niveau sont elles assurées, car la aussi il y a peut être à creuser

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  • Par PH7 0 0
  • Ah ! la fameuse escroquerie à l'assurance ! Il me semble bien qu'il y avait eu un article il n'y a pas très longtemps à ce sujet.
    L'autre avantage de l'incendie, c'est qu'il permet de masquer les dégats environnementaux causés par l'extraction du gaz de schiste. C'est pas nous, c'est le feu ! Comme ça les contradicteurs à l'extraction n'ont plus de preuves à apporter pour s'opposer à l'extraction dans d'autres pays.

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  • Masquer les dégâts environnementaux ne serviraient à rien, puisqu'ils ont déjà été à maintes reprises constatés et vivement critiqués par des ONG environnementales, bien que cela soit en effet un énorme désastre, ça n'est plus à prouver. Par contre, je viens de découvrir que le fort mc murray stocke des déchets radioactif, avec les chiffres ne bas de la page 29 : http://www.radiationsafety.ca/wp...

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  • Par PH7 1 0
  • Hou là ! Alors c'est plus grave encore que ce à quoi l'on pourrait penser. Avec l'incendie, destruction d'une partie des déchets ou des fuites de ces déchets ce qui va entraîner la diffusion de particules radioactives. En France ce n'est pas grave, ça s'arrêtera à la frontière, mais je plains tous les autres pays avec cette pollution qui va se cumuler avec celle de Tchernobyl et de Fukujima. Blague à part, si ton information est véridique, il y a vraiment lieu de s'inquiéter. Quand à dire que les dégâts environnementaux sont constatés, tu oublies la véritable mauvaise foi dont font en général preuve les autorités.

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  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • Véridique et confirmée, je viens de publier l'info il y a quelques minutes

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