Brexit : La Grande-Bretagne quitte l'UE, l'effet domino commence et la bourse panique...


C'est acté, les Britanniques ont voté à 51,9% pour la sortie de l'Union européenne lors du référendum, avec un taux de participation estimée officiellement à 72,2%. Contre toute attente et malgré toute la propagande utilisée pour garder le Royaume-Uni en son sein, l'Union européenne va donc voir le nombre de ses États membres se réduire à 27 [1].

Bien que cette information soit assez énorme, ne nous emballons pas trop vite pour le moment, car comme l'évoque l'économiste Jacques Sapir « (...) on peut penser qu’il y aura certainement une volonté d’essayer d’annuler l’effet du référendum par un nouveau traité qui à sa manière remettrait la Grande-Bretagne dans l’Union européenne ».

En attendant une possible contre-attaque désespérée de l'Union européenne, les faits sont la, et c'est un tremblement de terre pour elle puis-qu’aucun État membre ne l'avait quittée jusqu'ici. Nigel Farage, du parti britannique anti-européen UKIP en a profité pour déclarer que le 23 juin sera désormais l'« Independence Day » national.

Pour le moment, le Royaume-Uni doit notifier au Conseil européen son intention de s'en aller, et si le Premier ministre, David Cameron, avait laissé entendre qu'il saisirait ce conseil des chefs d’État rapidement, il n'en sera rien puisqu'il vient d'annoncer son intention de démissionner en automne. Un autre Premier ministre devra donc engager les négociations de sortie de l'UE, ce qui va donc retarder quelque peu le processus.

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Les premiers signes d'un « black friday »

Vous imaginez bien que l'annonce des résultats du référendum a crée une onde de choc, et les premières conséquences sont énormes, à commencer par une panique sur les marchés financiers à travers le monde digne d'un « black friday ». La Bourse de Londres plonge depuis ce matin et les principales Bourses européennes se sont effondrées ce matin à l'ouverture.

Quelques chiffres : Royal Bank of Scotland (RBS) (-26,07% à 185,2 pence), Barclays (-25,46% à 139,35 pence), Lloyds Banking Group (-24,05% à 54,8 pence), St James' Place s'effondrait de 43,61% à 521 pence, International Airlines Group (IAG), la maison mère de British Airways et Iberia, perdait 20,13% à 421,7 pence, Randgold Resources bondissait pour sa part de 24,17% à 8.015 pence.

L'onde de choc était générale sur toutes les places européennes : Une chute de près de 10% pour la Bourse de Paris, de quasiment 10% pour celle de Francfort et de plus de 7% pour Londres. La Bourse suisse a elle aussi ouvert en forte baisse, et la Bourse de Madrid a chuté de près de 12%. La livre britannique tombait quant à elle au plus bas depuis 1985, alors que les places boursières asiatiques perdaient pied. L'or, valeur refuge par excellence, a aussi bondi d'environ 8%.

L'effet domino commence...

La aussi, l'onde de choc se propage comme prévu, à commencer par la France, ou la présidente de l'extrême droite française Marine Le Pen a réclamé « le même référendum en France et dans les pays de l'UE ».

La présidente du Front National Marine Le Pen a salué vendredi sur Twitter une "victoire de la liberté" après le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne, réclamant "le même référendum en France et dans les pays européens

Les Pays-Bas ne sont pas en reste, puisqu'un député néerlandais (d'extrême droite également), Geert Wilders, réclame également un référendum.

Les Néerlandais ont le droit à un référendum aussi. Le Parti pour la liberté demande ainsi un référendum sur un Nexit, une sortie néerlandaise de l'UE

Mais ce n'est pas tout, puisque la Suède, la République Tchèque et le Danemark pourraient également emboîter le pas aux Britanniques après cette victoire du Brexit. Un effet de contagion qui pourrait ne pas s'arrêter là !

Dans l'immédiat, la banque centrale européenne tente de calmer le jeu pour stabiliser les places boursières en déroute, et je n'ai pas les connaissances suffisantes en économie pour anticiper ce qui peut suivre, il va donc falloir suivre de près l'évolution des évènements, mais la journée est partie pour rester assez chaude (au sens propre comme figuré), et elle peut encore nous réserver des surprises...

Le Veilleur

Note

[1] L'Union européenne n'est pas encore passée de 28 à 27 membres. Comme le prévoit l'article 50 du Traité sur l'Union européenne, le Royaume-Uni doit auparavant notifier au Conseil européen son intention de s'en aller.




Commentaires 2

avatar de PH7
  • Par PH7 0 1
  • En fait, tous les pays qui vivaient bien avant l'Europe politique de Bruxelles devraient faire ce type de référendum. Le Brexit est un signal fort envoyé à l'oligarchie régnante pour lui signifier le raz le bol des peuples. Seuls ceux qui profitent des largesses financières de l'Europe votent contre la sortie, mais on constate qu'il ne s'agit que d'une minorité et de ceux qui ne se sentent pas concernés (mais ils sont de moins en moins nombreux !). Le message est donc : Oui à l'Europe des peuples, Non à l'Europe politico-financière et industrielle. Mais n'en doutons pas, il va y avoir des représailles pour continuer à nous imposer par la force s'il le faut l'idée de l'Europe actuelle.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • En effet, un « euroxit » devrait être proposé à tous les pays embourbés dans cette dictature européenne, mais ne rêvons pas trop. Quand tu parles de « signal fort », j'ai pour ma part des doutes, dans le sens ou ce brexit m'apparait de plus en plus comme une mascarade faisant parti d'un plan, et que le pire est à venir

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