Brésil : Un enregistrement prouve la corruption du gouvernement Temer dans l'affaire Petrobras


Le nouveau gouvernement brésilien « mis en place » par Michel Temer est de nouveau au cœur de la tourmente. Après le récent scandale révélant que 7 des 23 ministres du nouveau gouvernement sont cités dans l'enquête sur l'affaire Petrobras, et alors que Michel Temer lui-même a déjà été cité comme bénéficiaire de pots-de-vin dans cette même affaire, un enregistrement accablant met en cause Romero Juca, un ministre proche du nouveau président.

Une fois encore, le thème récurrent de tous les grands conflits mondiaux est le pétrole, et nous pouvons y voir la une priorité de l’Empire américain pour qui le but est de prévenir l’émergence de puissances régionales alimentées par d’abondantes ressources naturelles, et pourquoi pas, se les accaparer.

Ce nouveau scandale voit le jour peu de temps après l'annonce par le gouvernement putchiste de l'arrivée de mesures austéritaires dignes de la troika qui se poursuit en Grèce et dans d'autres pays de l'Union Européenne. Espérons qu'au vu de cette flagrante mascarade, le peuple brésilien précédemment manipulé par des politiciens corrompus saura retrouver sa lucidité et œuvrer pour le retour de Dilma Roussef.

Le Veilleur

Brésil : le gouvernement de Temer déjà rattrapé par le scandale Petrobras

Le scandale de corruption Petrobras n'a mis que 12 jours pour exploser au sommet du nouveau gouvernement brésilien et coûter lundi son poste à l'un des ministres les plus proches du président par intérim Michel Temer. Mis en cause dans la matinée par des révélations explosives, le ministre de la Planification Romero Juca a été contraint d'annoncer sa « mise en réserve » du gouvernement.

Le quotidien Folha de Sao Paulo a déclenché une tempête en publiant l'enregistrement d'une conversation datant de mars, dans laquelle M. Romero prônait un « pacte » passant par la destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff pour étouffer l'enquête sur les détournements de fonds au sein du groupe étatique Petrobras dans laquelle il est lui-même visé.

L'impeachment est nécessaire. Il n'y a pas d'autre issue. Il faut résoudre toute cette merde. Il faut changer de gouvernement pour stopper l'hémorragie

, déclarait M. Juca lors d'un rendez-vous à son domicile avec un ancien sénateur de son parti, Sergio Machado, ex-président de la compagnie pétrolière Transpetro, lui-même soupçonné de corruption. Romero Juca a tenté dans la matinée de se justifier en affirmant qu'il se référait par « hémorragie » à la crise économique et non à l'enquête Petrobras.

Mais aucun des extraits de sa conversation publiés par Folha ne se réfère à la sévère récession économique qui plombe le géant émergent d'Amérique latine. Il n'y est question que de l'inquiétude des deux interlocuteurs face à l'avancée inexorable de l'enquête Petrobras, qui éclabousse une grande partie de l'élite politique brésilienne.

Accord anti-juges

Il faut un accord, mettre Michel (Temer au pouvoir, NDLR), un grand accord national

, y déclare M. Machado, qui a semble-t-il enregistré cette conversation à son insu en vue de nouer un futur accord de collaboration avec la justice contre remise de peine. Un accord « avec le tribunal suprême, et tout le monde », abonde M. Juca, s'inquiétant à son tour de l'action des enquêteurs :

Ils veulent en finir avec la classe politique, pour faire émerger une nouvelle caste pure

L'entourage de Dilma Rousseff a immédiatement réclamé la démission de M. Juca, dénonçant « un scandale, une honte ». Ce dialogue

démontre la véritable raison du coup pratiqué contre la démocratie et contre le mandat légitime de Dilma Rousseff. L'objectif est de freiner l'enquête Petrobras et de la mettre sous le tapis

, a réagi l'ancien ministre de gauche Ricardo Berzoini, sur la page Facebook de la présidente suspendue. Accusée de maquillages des comptes publics, mais pas de corruption, Mme Rousseff a été écartée de la présidence le 12 mai pour un maximum de six mois par le Sénat, dans le cadre d'une procédure de destitution, en attendant le jugement final des sénateurs.

Le sénateur Romero Juca a été l'un des principaux articulateurs politiques de cette procédure de destitution, dénoncée par Mme Rousseff comme un « coup d’état » institutionnel ourdi par le vice-président Temer. M. Juca est l'un des hommes de confiance de Michel Temer, 75 ans. Il a assumé récemment à sa place la présidence du grand parti centriste PMDB qui avait précipité la chute de Mme Rousseff en claquant la porte de sa coalition chancelante fin mars.

Le PMDB est éclaboussé au plus haut niveau par le scandale Petrobras, au même titre que le Parti des travailleurs (PT, gauche) de Mme Rousseff avec qui il a dirigé le pays depuis 2003. Romero Juca avait reconnu dans la matinée l'authenticité de sa conversation avec M. Machado, tout en accusant Folha de Sao Paulo d'avoir tronqué ses propos en n'en publiant que des extraits « hors de contexte ».

Temer, putschiste !

Il avait remis son sort entre les mains de M. Temer. Le président intérimaire a été été hué aux cris de « putschiste ! » en fin de journée à sa sortie d'une réunion au Sénat. Dans la matinée, la police militaire avait dispersé avec des gaz lacrymogènes des manifestants devant son domicile à Sao Paulo. Le suspense n'a duré que quelques heures.

Je me mets en réserve à partir de demain car je ne veux pas qu'aucune manipulation malintentionnée puisse porter préjudice à l'action du gouvernement

, a annoncé en début de soirée Romero Juca. Le ministre a souligné qu'il allait demander au parquet de se prononcer rapidement sur la légalité de ses propos, dans l'espoir d'être blanchi et réintégré au gouvernement.

Ce scandale tombe mal pour Michel Temer, dont la volonté déclarée de ne pas entraver l'enquête Petrobras avait déjà été mise en doute par la nomination de sept ministres visés par des enquêtes judiciaires dans son gouvernement de « salut national ».

L'express via Afp

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Commentaires 5

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Pas un pour rattraper les autres ... Et ces gens là veulent qu'on leur fasse confiance ? Mais comment c'est qu'on ferait ? A moins d'être indécrottablement Con ...

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Les pendre haut et court, voilà ce qu'il faut

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Trop doux comme châtiment ! Moi, je les parquerai dans un lieu isolé en pleine brousse bien clôt, sans téléphone ni internet avec juste quelques outils, qu'ils apprennent ce qu'est le travail pour construire sa maison et faire pousser sa nourriture ! Et se battre contre ceux qui auraient l'outrecuidance d'essayer de les voler ! Ç a c'est du châtiment !

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • C'est aussi une possibilité, mais laisser la moindre chance de s'en sortir à de telles ordures est un cadeau que je ne leur laisserais pas. A la limite les « déposer » au beau milieu du désert saharien avec une gourde remplie d'urine et des chaussures en plomb...

avatar de PH7
  • Par PH7 0 0
  • Extrémiste va ! Le véritable châtiment est de vivre longtemps et devoir se battre en sachant que tu ne retrouveras jamais ton niveau de vie antérieur. Je sais, il y en a qui ne supportent pas et se suicident, mais tu n'es pas responsable de leur mort puisque tu leur a donné une chance de vivre ! Alors qu'avec ta méthode, ils meurent trop vite et tu es directement responsable de cette mise à mort !

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