Brésil : La marionnette mondialiste Temer à son tour menacée de destitution


Le président Michel Temer, qui avait il y a quelques mois tiré les bénéfices du coup d'état organisé contre l'ancienne présidente légitime Dilma Roussef, est à nouveau dans la tourmente et se voit à son tour menacé de destitution.

Il faut avouer que l'ensemble des membres du gouvernement de Michel Temer semble corrompu, puisqu'après l'éviction du député Eduardo Cunha en septembre dernier pour avoir été titulaire de comptes bancaires secrets à l’étranger, nous apprenons que le 25 novembre, le secrétaire du gouvernement et homme de confiance du président, Geddel Vieira Lima, a été contraint de démissionner après avoir été dénoncé pour trafic d'influence. La semaine précédente, c'était le ministre de la Culture, Marcelo Calero, qui quittait le gouvernement en accusant Geddel Vieira, ainsi que le chef de l'État de pressions dans une affaire immobilière. Plus tôt en mai 2016, un enregistrement démontrait déjà la corruption du gouvernement Temer dans l'affaire Petrobras.

Devant l'ampleur de la corruption qui règne au sein de ce nouveau gouvernement, le peuple commence à perdre patience. D'autant plus que Carlos Fernando dos Santos, un procureur brésilien chargé de l'enquête sur la corruption dans l'entreprise d’État Petrobras, a dénoncé le 24 novembre le fait que le Congrès « manœuvre » pour tenter d'empêcher que les hommes politiques qui y sont impliqués soient châtiés.

En effet, les députés ont tenté jeudi de passer un projet de loi déguisé amnistiant la corruption avant d'y renoncer sous la pression populaire. Cette nouvelle tentative intervient au moment ou la justice est sur le point d'obtenir des informations qui pourraient se révéler désastreuses dans l'affaire Lava Jato, et ce pour l'ensemble de la classe politique, y compris Michel Temer.

De plus, ces scandales à répétition surviennent à un moment ou le pays est plongé dans une crise économique profonde qui ne saurait être résorbée ou même diminuée par les multiples mesures d'austérité décrétées par le gouvernement Temer, et auxquelles sont venues s'ajouter depuis une augmentation du temps de travail, de nouvelles coupes budgétaires, un gel des dépenses publiques, et la privatisation de quatre aéroports du pays ainsi que des installations électriques, pétrolières et agricoles.

Peut être est-ce « karma » comme le dirait Earl, car le scénario de l'« arroseur arrosé » semble se dessiner..

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Le Veilleur

Des manifestants brésiliens appellent à la destitution du président Temer

Les manifestants se sont rassemblés dans la plus grande ville du Brésil dimanche pour appeler la destitution du président et exprimer leur indignation face à sa politique, pendant que le dirigeant brésilien assiégé essaie de parer à certaines de leurs critiques.

Le président Michel Temer a été secoué par une série ininterrompue de scandales et déstabilisé par des démissions à un très haut niveau depuis qu’il a pris ses fonctions il y a six mois. Mais vendredi un scandale l’a touché directement pour la première fois au milieu d’allégations selon lesquelles il aurait abusé de son pouvoir pour faire une faveur personnelle à l’un de ses ministres. Il a nié ces allégations.

Le scandale pourrait saborder la capacité de Temer à passer une série de mesures d’austérité qui, selon lui, sont nécessaires pour sortir la plus grande économie de l’Amérique latine d’une profonde récession – et cela représente une menace pour sa présidence. L’opposition a promis de prendre des mesures au Congrès pour demander sa destitution.

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Les manifestants crient des slogans anti-gouvernementaux comme ils réclament la destitution du président Michel Temer du Brésil à Sao Paulo, au Brésil, le dimanche 27 novembre 2016. (AP Photo / Andre Penner)

Ce dimanche, des centaines de personnes se sont rassemblées sur l’avenue principale de Sao Paulo pour réclamer cette destitution. Les représentants des partis politiques et les mouvements sociaux ont également protesté contre la proposition du gouvernement de plafonner les dépenses pour maîtriser le déficit, que beaucoup craignent que cela se traduira par des coupures profondes des budgets de l’éducation et des soins de santé.

D’autres protestaient contre la corruption endémique dans la politique, critiquant non seulement l’administration actuelle, alors que certains se plaignent du manque de logements convenables. Un groupe tenait une bannière avec une photo de Fidel Castro, rendant hommage au leader révolutionnaire cubain qui est mort vendredi soir.

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Les manifestants marchent avec une bannière du défunt chef Fidel Castro de Cuba lors d’une manifestation exigeant la destitution du président du Brésil Michel Temer à Sao Paulo, le dimanche 27 novembre 2016. (AP Photo / Andre Penner)

Beaucoup ont critiqué la façon dont Temer est arrivé au pouvoir. Il était le vice-président de la présidente Dilma Rousseff, qui a été mise en accusation et démise de ses fonctions plus tôt cette année, et les manifestants disent que cela signifiait qu’il n’avait pas de mandat pour passer de vastes changements dans les programmes gouvernementaux.

Je suis ici pour lutter contre la racine de tous les problèmes actuels au Brésil : la destitution sans raison, la destitution sans fondement

, a déclaré Edva Aguilar, une infirmière à la retraite qui dit qu’elle voulait voir annuler la destitution de Rousseff et le retour au pouvoir des politiciens du Parti des travailleurs. Mais de nombreux manifestants ont exprimé le dégoût de tous les politiciens. Carlos Alberto, un boucher, déclare pour sa part que

Beaucoup trop d’argent a été volé, Je suis contre tous ceux qui sont impliqués dans la corruption.

Des dizaines de dirigeants d’entreprises et de hauts responsables politiques ont été inculpés et arrêtés cette année dans une enquête sur la corruption en spirale qui a choqué les Brésiliens à cause de son niveau et son ampleur.

Le Congrès envisage des lois anti-corruption, mais de nombreux Brésiliens craignent qu’une mesure destinée à sévir contre le financement des campagnes électorales soit pervertie et puisse, au contraire, être utilisée pour absoudre les politiciens qui s’étaient livrés à cette pratique dans le passé. La controverse a atteint un tel degré que Temer a tenu une des rares conférences de presse dimanche pour dire qu’il ne permettrait pas d’amnistie pour de telles pratiques.

Il était nécessaire d’écouter la voix de la rue

, a-t-il dit aux journalistes, avec le président du Sénat Renan Calheiros et le président de la Chambre des députés Rodrigo Maia assis à ses côtés.

Par Sarah Dilorenzo - Traduction AvicRéseau International


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