Big brother : Un sextoy collecte les données intimes d'utilisatrices


Interrogation de votre véhicule à distance, compteurs Linky, webcams, Google glasses, domotique, les objets connectés sont de plus en plus présents dans notre société et nos vies, et si certains aspects « pratiques » des ces objets leur attribuent un certains succès auprès des « geeks » et autres moutons consuméristes, les dangers qu'ils représentent pour votre vie privée sont régulièrement pointés du doigt.

Dans le scandale dénoncé ici, un nouvel aspect sensible est mis en lumière, et ce n'est même plus votre vie privée qui est en danger, mais sa partie la plus sacrée, votre vie intime, puisque des sextoys connectés permettent au fabricant de savoir quel utilisateur/trice l'utilise, à quelle heure, quelle fréquence, quelle durée, quel « mode fonctionnement », et cerise sur le gâteau, quelles sensations éprouvées via votre rythme cardiaque.

Autant dire qu'avec la démocratisation de toutes ces mer..es connectées, d'ici quelques années, les données récoltées par les industriels leur permettront de voir en vous comme dans un livre ouvert, et votre vie n'aura plus aucun secret pour eux...

Le Veilleur

Données intimes collectées par un sextoy : une utilisatrice porte plainte

Standard Innovation est une société canadienne de technologie et gadgets intimes dont le nom revient souvent car elle collecterait de manière peu anonyme les données d'utilisation de ses utilisateurs. Une femme vient de porter plainte contre l'entreprise.

Lorsque l’on parle de sextoys connectés, le respect de la confidentialité est un sujet nécessairement important. Or Standard Innovation, une société canadienne qui commercialise un vibromasseur connecté relié aux smartphone — le We-vibe — a déjà été épinglé pour quelques pratiques peu respectueuses de ses consommateurs. En août, la Defcon de Las Vegas qui réunissait des hackers a prouvé que la compagnie recevait en temps réel l’accélération cardiaque ainsi que les modes de vibration de tous les consommateurs.

En réponse aux révélations de la Defcon, la société précisait qu’elle ne collectait qu’un nombre limité de données sur les utilisations de son objet. Et promettait également de rendre plus claires et lisibles ses conditions d’utilisation et de protection des données.

En pratique, nous utilisons ces données dans une forme non-identifiable. La température du processeur nous permet de déterminer si la puce se comporte correctement. Et l’intensité des vibrations est utilisée comme donnée dans le but de nous aider à comprendre comment — de manière anonymisée — nos produits sont utilisés.

,expliquait Standard Innovation dans un communiqué sur ses pratiques en matière de confidentialité.

Mais une consommatrice semble avoir trouvé ces explications un peu faibles et inadaptées et le 2 septembre, elle déposait plainte contre la société. S’identifiant en tant que N. P. pour garder l’anonymat, elle explique dans sa plainte que l’entreprise fait preuve « d’un non-respect des droits des utilisateurs à la confidentialité » et viole « de nombreuses lois de l’État [l’Illinois] ainsi que des lois fédérales. » Elle souligne notamment que l’entreprise n’a pas précisé que les données étaient transmises en temps réel sur ses serveurs logés au Canada.

L’utilisatrice détaille également que la date et l’heure de chaque utilisation, le mode de vibration ainsi que le modèle de vibration choisi par l’utilisateur sont collectés et qu’en plus, les adresses email des utilisateurs accompagnent les données transmises.

La plainte de cette citoyenne de l’Illinois remet clairement en cause les explications données par la société canadienne notamment en matière d’anonymisation des données. L’affaire relayée dans la presse n’a pas conduit Standard Innovation a réagir pour le moment. De son côté, N. P. a déjà trouvé son avocat. L’affaire met évidemment en évidence les problèmes à venir avec les objets connectés, que ce soit du côté des constructeurs qui pourraient aller au-delà de ce que leur permet le droit ou des objets en eux-mêmes qui pourraient manquer de sécurité.

Par Corentin Durand

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