Astéroïde Apophis : l'alerte de collision n'est pas définitivement levée !


Découvert le 19 juin 2004, l'astéroïde Apophis doit son nom au dieu des forces du chaos dans la mythologie égyptienne. Il a un diamètre de 270 m et suit une orbite proche de celle de la Terre. Pendant une période en 2004, on a pensé qu'Apophis s'écraserait sur la Terre en 2029, dégageant une énergie égale à l'explosion de 34 bombes nucléaires de Hiroshima.
 
Plus tard les chercheurs ont écarté cette hypothèse, mais une éventuelle collision est toujours possible plus tard, c'est dumoins ce que redoutent les Russes qui ont comme projet d'envoyer dans l'espace un « tracteur gravitationnel » à la rencontre de l'astéroïde Apophis, car d'après leurs calculs, la possibilité d'un impact théorique aurait lieu du côté de la Russie, en Eurasie...
 
Une possible collision avec la Terre le 13 avril 2036
 
En 2011, les astronomes russes ont calculé la date éventuelle de collision entre l'astéroïde Apophis et la Terre, du reste peu probable, d'après Leonid Sokolov, professeur à la faculté de mécanique céleste de l'université de Saint-Pétersbourg (lien).
 
« Le 13 avril 2029, Apophis s'approchera de la Terre à une distance d'environ 37.000 ou 38.000 kilomètres. Il peut entrer en collision avec la Terre le 13 avril 2036", a indiqué M.Sokolov. »
 
L'astéroïde Apophis provoquerait des destructions immenses
 
En 2012, les représentants de l'agence spatiale Roskosmos estiment quand à eux (lien), qu'en 2036 l'astéroïde Apophis peut entrer en collision avec la Terre ce qui provoquerait des destructions plus importantes que l'événement de Toungouska (lien wiki).
 
Cela ressort du rapport de Vitali Davydov, vice-directeur de l'agence Roskosmos, présenté en avril 2012 à Moscou à la conférence scientifique « Intérêts nationaux de Russie dans le contexte de la sécurité globale » organisée par le Conseil de sécurité de Russie.
 
Le soleil peut protéger la Terre contre un astéroïde
 
« L'impact du rayonnement solaire sur l'orbite de l'astéroïde Apophis peut prévenir sa collision avec la Terre en 2036 », a déclaré fin août 2012 un collaborateur de l'Institut d'astronomie de l'Académie des sciences lors du 7e congrès aérospatial international (lien).
 
Les astronomes russes estiment que le calcul de son orbite n'a pas pris en considération le soi-disant « effet Yarkovski » (wiki) qui se traduit par le changement de l'orbite du corps qui tourne autour de son axe sous l'effet du rayonnement solaire, ce qui peut sensiblement changer la direction du déplacement d'Apophis. Ainsi « la possibilité de la collision entre la Terre et Apophis en 2036 est minime ».
 
La Russie lancera vers l'astéroïde Apophis un tracteur gravitationnel
 
D'ici 2020 la Russie lancera vers l'astéroïde Apophis un tracteur gravitationnel pour tester la technologie de déviation d'orbite des objets spatiaux menaçant la Terre. D'ici 2023 un appareil sera lancé pour se poser sur un satellite de Jupiter, Ganymède, et y chercher des traces de la vie. Ces deux projets ont été présentés par l'institut de recherches en constructions mécaniques, une filiale de l'agence Roskosmos, pendant le Congrès aérospatial international qui termine ses travaux vendredi.
 
La présentation a été organisée dans le cadre du programme « Stratégie de développement de l'activité spatiale à l'horizon 2030 » que l'agence Roskosmos a présenté au gouvernement ce printemps. Certains volets de ce programme ont été divulgués par les médias. Mais Youri Karach, membre-correspondant de l'Académie russe de l'espace, n'a jamais entendu parler d'un « tracteur gravitationnel ».
 
« La stratégie comporte une nouvelle station orbitale, un ascenceur spatial, un vol habité sur la Lune et une foule d'autres projets. Maintenant on commence de parler d'un vol vers Apophis. Je ne comprends pas pourquoi il a été choisi si l'évaluation de son danger est à tel point diminuée ».
 Après la découverte d'Apophis il y a 8 ans les calculs ont montré que la probabilité de sa collision avec la Terre en 2029 était de 1 sur 37. Plus tard il est devenu tout à fait clair qu'elle n'aura pas lieu. Mais si l'astéroïde se retrouve dans un étroit entonnoir gravitationnel de plusieurs centaines de mètres de largeur, il heurtera notre planète lors du nouveau rapprochement en 2036. La probabilité est de 4 pour 1.000.000. Quand Apophis se dirigera quand même vers l'entonnoir, il suffit que le tracteur gravitationnel le déplace légèrement pour réduire à zéro les chances de collision. L'idée d'un tel tracteur est notoire, poursuit Youri Karach :
 
« C'est un corps qui tournera autour de l'astéroïde et influencera son mouvement. Si le tracteur est lancé avant que l'astéroïde se rapproche de la Terre à une distance dangereuse, il sera possible de dévier sa trajectoire menaçante ».
 Vladimir Sourdine, astrophysicien de l'Institut astronomique Sternberg de l'Université de Moscou, comprend l'anxiété à cause d'Apophis :
 
« Les calculs démontrent de quel côté la Terre sera tournée en 2036 lorsqu'il la frisera. A notre regret, du côté de la Russie ou, pour être plus exact, de l'Eurasie. Le lieu de son impact probable est le territoire russe. En attendant, sans faire des calculs précis, il n'est pas possible de dire qu'il ne touchera pas la Terre ».
 A l'opposé du lancement du tracteur, le vol d'un vaisseau russe vers le système de Jupiter était projeté depuis longtemps. Il a été question de son satellite Europe où, en dessous de sa surface, un océan liquide est supposé ce qui peut la rendre habitable pour certains organismes. L'expert dans le domaine spatial Igor Lissov explique pourquoi Ganymède a été choisi en fin de compte :
 
« Lorsque le projet d'une expédition conjointe vers Europe a été discuté avec les Européens, il est devenu clair que des appareils électroniques résistant à la radiation sur la surface d'Europe n'existaient pas. D'où l'idée d'aller vers un satellite plus éloigné de Jupiter, mais non moins intéressant ».
 Selon Igor Lissov, la présentation de l'Institut traduit les recherches d'un objectif global pour la période après 2020 alors que l'ISS aura été projetée dans l'océan. Il vaut peut-être la peine de s'occuper des astéroïdes à l'instar des Américains qui veulent se poser sur l'un d'entre eux d'ici 2025 ? De toute façon, la présentation d'un Institut et les projets de l'agence Roskosmos sont deux choses différentes.




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