Arctique : la fonte de la banquise vient de battre un nouveau record


Selon des analyses et observations préliminaires du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) (Université du Colorado à Boulder) en partenariat avec la NASA, la banquise arctique a atteint son plus bas niveau depuis plus de 30 ans ! Une tendance lourde et alarmante selon les scientifiques.
 
Pour la première fois, la banquise arctique a atteint sa plus faible superficie depuis les observations satellitaires (1979), battant ainsi le record de 2007. L'étendue de la glace de mer était de seulement 4,10 millions de km² le 26 août 2012, c'est 70.000 km² de moins que le précédent record du 18 septembre 2007 (lien) ! Cela correspond à une perte équivalente à la superficie de l'Irlande.
 
Le 5 septembre 2012, la glace n'en finissait pas de fondre avec une superficie désormais inférieure à 4 millions de km², à une dizaine de jours de la fin de la saison de fonte en Arctique.
 
Walt Meier, scientifique au NSIDC a indiqué :
 
« Par lui-même, il ne s'agit que d'un nombre et quelques fois de nouveaux records sont établis. Mais dans le contexte de ce qui est arrivé dans les dernières années et via les observations satellitaires, il s'agit d'une indication que la banquise arctique est en train de changer fondamentalement. »
Selon le directeur du NSIDC, Mark Serreze,

« le précédent record de 2007 est apparu parce que le temps estival était idéal pour faire fondre la glace. Mis à part une grosse tempête début Août, les conditions météorologiques de cette année étaient classiques. Mais la glace est si mince et faible que la force du vent importe peu. »
 « L'Arctique est habituellement dominé par de la glace qui s'accumule d'année en année, ou qui reste en place pendant des années », précise Walt Meier, « Maintenant, l'Arctique devient davantage une couverture de glace saisonnière enclin à fondre en été ». 
Actuellement, les scientifiques du NSDIC peuvent prévoir deux à trois semaines à l'avance l'étendue maximale de la fonte de glace qui survient à la fin de l'été. En effet, la superficie de la glace de mer arctique dépend de la saison : la mer gèle en hiver et la glace ainsi formée fond en été.
 
Bien que cette étendue soit également fonction des conditions météorologiques qui varient d'une année sur l'autre, les observations satellitaires montrent un déclin structurel dramatique depuis les trente dernières années. Il s'agit sans aucun doute possible d'un signal fort et inquiétant d'un réchauffement climatique à long terme du climat.
 
Record de fonte de la glace de surface du Groenland
 
Pendant plusieurs jours de juillet 2012, la glace de surface du Groenland a fondu à un niveau jamais vu depuis plus de 30 ans d'observations satellitaires. En temps normal, près de la moitié de la calotte glaciaire de surface du Groenland fond en été, cette fois-ci, la fonte a été presque totale (97 %) !
 
Stupéfaits par ces données issues du sattelite indien Oceansat-2, Son Nghiem du laboratoire Jet Propulsion (Pasadena, Californie) de la NASA a tout d'abord pensé à une erreur, en vain. Cette fonte a été très rapide, le 8 juillet 2012 environ 40 % de la glace de surface avait fondu, quatre jours plus tard : 97 % !
 
Celle-ci s'explique par des températures de surface anormalement chaudes au-dessus du Groenland : un véritable dôme s'est installé depuis fin mai 2012 et a entamé sa dissipation le 16 juillet 2012. Même les environs de la station Summit au centre du Groenland, située à 3216 m d'altitude, près du point culminant de la calotte glaciaire montraient des signes de réchauffement et de fonte avec une température supérieure à 0°C.
 
« Les carottes glaciaires provenant de la station Summit montrent que ce type de fonte survient en moyenne tous les 150 ans. Avec le dernier qui est apparu en 1889 [il y a donc 123 ans], cet évènement arrive donc dans les temps »
indique Lora Koenig, une glaciologue de l'Institut Goddard qui participe à l'analyse des données satellitaires.

« Mais si nous continuons à observer de nouveaux évènements comme celui de cette année, cela sera inquiétant. »
ajoute t-elle.
 
Enfin, les chercheurs n'ont pas encore déterminé si ce volume d'eau supplémentaire contribuerait à l'augmentation du niveau des océans.



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