Afrique du Sud : Quand la nature donne une leçon de génétique à Monsanto


Les généticiens aux ordres de Monsanto sont inquiets, ils sont en train de constater que mère nature est en train de balayer d'un revers de la main de nombreuses années de recherche. Ces scientifiques bardés de diplômes qui n'ont d'autre arrogance que de vouloir contrôler (et accessoirement détruire) la nature ont oublié une règle pourtant essentielle et connue de tous : La nature reprend toujours ses droits !

Comment peut on un seul moment s'imaginer posséder le contrôle d'une entité dont l'expérience acquise durant des centaines de millions d'années en matière de créativité et d'adaptation, dépasse l'imagination et l'entendement ? Ne nous leurrons pas, Monsanto et ses sbires n'auront de cesse de protéger leurs interêts, mais les signes évidents que la vie na nullement l'intention de plier face à eux se multiplient, mettant ces lobbyistes face à une réalité qu'ils ont tenté d'occulter tout ce temps : leur impuissance à dompter Gaïa dans une guerre qui est perdue d'avance ! Le veilleur
 
Un des arguments des défenseurs des OGM est la capacité d'une plante génétiquement modifiée à sécréter son propre pesticide. Mais en Afrique du Sud, une équipe de chercheurs vient de montrer qu'un papillon de nuit a développé un système de défense contre la toxine d'un maïs OGM.
 
« Ce résultat ébranle le fondement de la stratégie anti-résistance qui accompagne en général l'utilisation des OGM. »
Comme beaucoup d'autres plantes transgéniques, le maïs dit « Bt » synthétise son propre pesticide : une protéine toxique, produite dans ses feuilles et ses tiges, qui tue en quelques jours ses ravageurs. Imparable... sauf si les populations d'insectes s'adaptent à cette toxine !
 
Jusqu'à présent, les stratégies mises en place pour contrer l'apparition de résistances sont apparues efficaces. Mais des chercheurs de l'IRD et leurs partenaires sud-africains viennent de montrer qu'un papillon de nuit, Busseola fusca, a développé en Afrique du Sud un nouveau mode de défense contre la toxine Bt.
 
« Une résistance, génétiquement dominante contrairement au mécanisme classique, qui s'est propagée très rapidement. Cette découverte, publiée dans PLoS ONE, remet en question le principe-même sur lequel repose la stratégie anti-résistance qui accompagne généralement l'utilisation des OGM. »
Le risque de résistance plane
 
Le maïs OGM a été créé par insertion dans son génome du gène codant d'une protéine toxique, issue d'une bactérie appelée Bacillus thuringiensis (Bt). Le « maïs Bt » produit alors lui-même dans ses feuilles et ses tiges cette toxine, qui détruit la paroi intestinale des larves d'insectes après ingestion. Pyrale, sésamie, chrysomèle... aucun prédateur du maïs ne lui résiste. Du moins au début. Car sous l'effet de la pression de sélection imposée en continu par la molécule toxique, les insectes peuvent développer des résistances.
 
Une stratégie considérée jusque-là infaillible
 
Face à cette menace, la solution prônée consiste à conserver des « zones refuges », c'est-à-dire une petite proportion des surfaces cultivées non OGM. Objectif : maintenir des populations d'insectes sensibles à la toxine. Chez la plupart des espèces de ravageurs étudiées jusque-là, l'évolution de la résistance semblait due à une modification des cellules de la paroi intestinale, empêchant la fixation de la toxine. Ce type d'adaptation se transmet de manière récessive : seuls deux parents résistants produiront une descendance à son tour résistante.
 
Or, la probabilité d'apparition de tels individus reste faible. Un insecte résistant qui survit dans un champ d'OGM a beaucoup plus de possibilités de s'accoupler avec un de ses nombreux congénères sensibles provenant de la « zone refuge ». Cette tactique a fait ses preuves en Amérique du Nord, mais l'équipe de recherche souligne une brèche dans le système.
 
Une efficacité remise en question
 
Six ans à peine après l'introduction du maïs Bt en Afrique du Sud, les scientifiques ont découvert des chenilles de Busseola fusca résistantes, qui ont proliféré très rapidement. Pour expliquer ce phénomène, les chercheurs ont croisé des papillons sud-africains résistants avec des papillons kenyans sensibles - le maïs Bt n'est pas à ce jour commercialisé au Kenya.
 
Dès la première génération, les chenilles hybrides obtenues se sont montrées tout aussi résistantes au maïs Bt que leur parent sud-africain. Ce résultat ébranle le fondement de la stratégie anti-résistance qui accompagne en général l'utilisation des OGM.
 
Un nouveau mode de résistance
 
Cela montre en effet, pour la première fois, qu'une résistance au maïs Bt se transmet de manière dominante et non récessive. Le papillon ne fait donc pas appel au mécanisme d'adaptation classique. Selon les chercheurs, la chenille de B. fusca pourrait être capable de désactiver la toxine avant qu'elle ne s'attaque aux parois intestinales. Un tel type de mutation se transmet en effet de manière dominante. La résistance aurait ainsi pu se propager de génération en génération chez le ravageur.
 
Les mécanismes physiologiques en jeu doivent désormais être confirmés, afin de réorienter la stratégie anti-résistance des OGM. Par ailleurs, les chercheurs explorent d'autres voies de lutte biologique prometteuses contre les ravageurs du maïs en Afrique, soit à partir d'un champignon pathogène ou grâce à des petites guêpes parasitoïdes. Celles-ci pondent leurs oeufs dans les chenilles de B. fusca, puis leurs larves tuent les chenilles après s'être développées à leurs dépens.



Commentaires 8

avatar de Jacky
  • Par Jacky 0 0
  • Monsanto oublie facilement que la nature se défend des agresseurs.

avatar de Vinz
  • Par Vinz 0 0
  • Article très intéressant, avec toutefois un manque d'ivité aux sujets des « généticiens aux ordres de Monsanto ». Il se trouve qu'un des scientifiques qui a mené cette étude est un ami qui n'est absolument pas aux ordres de Monsanto. Cordialement.

avatar de Vinz
  • Par Vinz 0 0
  • Je voulais dire un manque d'ivité, désolé pour la faute de frappe.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • @ Jacky : Oui en effet, et dans le cas présent, l'adaptation semble avoir été assez rapide en terme de temps. Quand la vie est « agressée », elle se défend, mais les conséquences à venir pourraient être l'apparition de nouvelles espèces étonnantes !
    @ Vinz : Tu as raison de le souligner, je me doute bien que tous ne sont pas aux ordres de Monsanto, et heureusement d'ailleurs, certains ont encore conservé une étique plus responsable et indépendante. Si tu as des sources à me faire parvenir, je les ajouterais avec plaisir.

avatar de jeanjean61
  • Par Jeanjean61 0 0
  • Dommage que l'humanité n'aie pas les memes reflexes de défense que la nature, sinon monsanto et consors n'existeraient plus.
    mais , comme les moutons, on nous mene a l'abattoir et personne ne bronche .
    MERDE !!

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 0 0
  • L'homme, tout comme les animaux, possède l'instinct de survie qui le poussera à réagir tôt ou tard tard dans le cas présent, mais en dehors de cette évidente intoxication alimentaire, il est aussi intoxiqué par les médias qui lui font croire que tout va bien ! Soyons un peu indulgents envers ces moutons qui n'ont pas encore su comme nous ouvrir les yeux, leur heure viendra, mais pas pour tous, certains sont trop « intoxiqués » et sont trop dépendants de ces propagandes...

avatar de cellequidoute
  • Par Cellequidoute 0 0
  • ça m'évoque la fuite en avant antibiotiques vs bactéries, sauf que les bactéries, se reproduisant plus vite que les humains s'adaptent plus vite et les rescapées sont de plus en plus résistantes. Et que dire du terrain ou de l'interaction bactérie-humain pourquoi et comment le staphylocoque doré qui vit normalement sur la peau en bonne intelligence si j'ose dire est devenu de plus en plus souvent pathogène et de plus en plus difficile à juguler. Ave l'augmentation et le brassage des populations ça ne fait que commencer, sans compter l'intensification de l'élevage : bonjour H1N1 et suivants, et comme le montre cet article la culture intensive

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • A force de prendre sans cesse des médicaments pour un oui ou pour un non, nous n'habituons plus notre corps à se défendre de lui même, de plus comme tu le souligne, la résistivité des bactéries face aux antibiotiques se renforce de plus en plus, devenant plus virulentes, sans parler d'anciennes maladies presque oubliées, et qui refont surface de nos jours. La nature a toujours un coup d'avance, mais les scientifiques ne semblent pas le comprendre...

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