Activité solaire : Les cycles solaires dépendraient de l'influence gravitationnelle des planètes


Un peu à l'image de notre toute petite Lune qui influe sans conteste sur les marées terrestres, et donc indirectement sur la tectonique de notre planète, les objets les plus proches et massifs du système solaire seraient directement liés aux cycles solaires, qui influent à leur tour sur les températures et le climat de notre belle bleue.

Cette nouvelle découverte devrait ravir les tenants de la théorie d'un « univers connecté », bien qu'il soit à première vue question ici d'un couplage mécanique, et non électro-magnétique, mais gageons que ce nouveau pas pourrait entraîner de nouvelles découvertes à venir qui pourraient encore nous surprendre.

Le Veilleur

Découverte : Les cycles solaires dépendraient en partie de la Terre !

Qui l'eut cru ? La Terre, avec Vénus et Jupiter, serait responsable des cycles d'activité solaire de 11 ans, du moins selon un nouveau modèle convaincant. Peut-être la fin d'une énigme...

Il a beau nous paraître immuable, le Soleil possède un cycle durant lequel son activité augmente puis diminue, le tout se reproduisant en moyenne tous les 11 années (avec une variabilité de ± 4 ans). Mais si les scientifiques savent que ces palpitations, surtout visibles par l'augmentation puis la diminution des tâches solaires, sont dues aux effets de son immense champ magnétique, ils ne s'expliquaient pas jusqu'ici la raison : pourquoi 11 ans ?

Or dans un article publié dans la revue Solar Physics, des chercheurs allemands proposent pour la première fois une explication. Et celle-ci est pour le moins inattendue : c'est la conjonction des forces gravitationnelles de Vénus, la Terre et Jupiter qui déclencheraient ce cycle... Autant dire que le saut d'un crapaud provoque un séisme !

Une influence minuscule mais décisive

En effet, même la géante Jupiter, qui pèse comme 318 Terres ou 390 Vénus, est 1000 fois moins lourde (massive) que le Soleil... sans compter que le champ gravitationnel diminue très rapidement avec la distance (il est en raison inverse de la distance au carré). Bref, l'influence gravitationnelle des planètes sur le Soleil c'est un peu l'effet d'une brise sur un gratte-ciel.

Pourtant les chercheurs, spécialistes du champ magnétique solaire, ont conçu un modèle très convaincant qui - une fois n'est pas coutume ! - montre que le roi Soleil dépend un peu de nous. Plus concrètement, l'on sait depuis longtemps que les trois planètes se trouvent en conjonction avec le Soleil tous les 11,07 ans, les quatre formant une ligne. A ce moment, les trois planètes additionnent leur force d'attraction sur le Soleil.

Au cœur du modèle, la convection de matière solaire

Les chercheurs ont alors construit un modèle, le premier expliquant précisément, « au microscope », en quoi l'addition de ces (très petits) champs d'attraction déclenche un minuscule effet de marée sur la matière (plasma) de l'astre qui, de fil en aiguille, aboutit à une réorganisation globale de son champ magnétique : les tâches solaires disparaissent, puis recommencent à se former.

En substance, si le champ magnétique du Soleil est principalement engendré par sa « rotation différentielle », c'est-à-dire la différence de vitesse de rotation de ses différentes couches concentriques de plasma (effet dynamo), il existe aussi un mouvement de convection du plasma qui, tel le magma terrestre, monte et descend entre le manteau (à partir de la tachocline) et la surface solaire.

Effet papillon

La convection est également génératrice de champ magnétique si bien que le champ global du Soleil résulte d'un composé complexe de ces deux mouvements : la rotation différentielle, qui met en jeu toute la matière solaire (noyau et manteau), et la convection, qui se produit du manteau vers la surface. Et c'est ce dernier qui serait influencé par les forces d'attraction conjuguées de Vénus, la Terre et Jupiter.

Par « effet papillon », la petite instabilité imprimée par les trois planètes modifie le jeu complexe du magnétisme solaire, très sensible aux perturbations, au point de le faire basculer : le champ magnétique s'annule, inverse sa polarité... et repart dans un cycle de 11 ans. Si ce modèle est confirmé, ce serait la fin d'une des grandes énigmes sur la vie intime du Soleil.

Par Roman Ikonicoff

Commentaire pertinent (sott.net)

Si la modélisation est valable, c'est une découverte étonnante, pour le moins. L'insignifiance apparente de planètes comme Vénus ou la Terre, en regard de la taille énorme de notre soleil, est alors trompeuse. Nous influençons donc les cycles de notre étoile d'une façon particulière, et celle-ci nous renvoie d'une façon aussi particulière, les influences transformées... de nos influences, faute de mieux pouvoir l'exprimer. Quand on sait que ces cycles d'activité solaire, ceux de 11 ans, impactent notre climat et nous promettent quelques... refroidissements, c'est encore plus extraordinaire : nous participerions nous-mêmes, certes indirectement et aidés par Vénus et Jupiter, à notre propre mise au frigo.

Qui sait si nous ne pourrions pas appliquer le même principe à une plus grande échelle : notre petit système solaire qui influence la Voie lactée, qui elle-même influence d'autres galaxies, et vice versa, et ainsi de suite ; effets concrets d' interactions réelles entre l'atome minuscule et les systèmes stellaires gigantesques ?

La Nature est une source d'émerveillement sans fin et rien, dans cet univers, ne semble pouvoir être soustrait, coupé ou isolé totalement de ce qui l'entoure. N'est-ce pas une excellente nouvelle ?

Note

Crédit photo illustration © NASA's Goddard Space Flight Center/Bridgman


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