A quoi ressemblerait la Terre si elle s'arrêtait de tourner ?


De nombreux facteurs contribuent à la répartition mondiale des océans sur la Terre, mais le plus puissant est de loin la force centrifuge qui fait que notre monde tourne autour de son axe. Cela soulève une question intéressante : comment l'eau de notre planète se répartirait-elle si le monde s'arrêtait progressivement de tourner, ce qui éliminerait cet effet centrifuge ?
 
Équipé d'un logiciel de cartographie spatiale et d'une formidable connaissance des subtilités géophysiques terrestres, l'analyste GIS Witold Fraczek a fourni une réponse convaincante à cette vision dramatique d'un monde qui ne tournerait plus rond.
 
Sa conclusion ? En l'absence de la force centrifuge, les deux principaux facteurs qui contribuent à la distribution des océans prendraient le relief de la Terre, par sa propre gravité intrinsèque, qui varie sur toute sa surface en raison de sa forme non sphérique (parce que la Terre à une forme de pomme de terre).
 
Dans ces conditions, toute l'eau de la Terre migrerait vers les latitudes extrêmes de la planète, donnant naissance à deux énormes océans polaires séparés par un vaste « méga-continent » équatorial, comme représenté sur l'hypothétique carte présentée en entête. La rigueur de l'analyse pure de Fraczek mérite une longue citation :
 
« La ligne qui délimite les zones qui contribuent hydrologiquement à l'un ou l'autre océan suivrait l'équateur, si la Terre était un parfait ellipsoïde. Toutefois, en raison du relief significatif des deux continents et du plancher océanique, la division globale et hypothétique entre les zones, qui contribue hydrologiquement à l'un ou l'autre océan, s'écarte de manière significative de l'équateur. Ce serait la frontière séparant deux bassins hémisphériques géants des nouveaux océans circumpolaires. Fait intéressant, le point culminant de cette division mondiale ne serait pas la plus haute altitude sur l'ensemble du globe. Le point culminant de la fracture mondiale dans les Andes colombiennes serait d'environ 12 280 mètres, alors que les altitudes des célèbres volcans équatoriales de Chimborazo (Equateur) et Kilimandjaro (Tanzanie) serait de 13 615 et 12 786 mètres respectivement. Les deux volcans apparaissent comme n'étant pas situé sur la ligne de fracture mondiale. Le point le plus bas sur la nouvelle ligne de démarcation mondiale, avec une altitude de 2760 mètres, serait situé au sud-ouest de l'île de Kiribati dans le Pacifique occidental.
 
En raison du relief unique de la surface de la Terre au début du ralentissement, les modifications les plus significatives, sur le contour du terrain par rapport à l'eau, pourraient se produire aux hautes latitudes de l'hémisphère nord, où l'océan s'étend rapidement sur les territoires plats et vastes du nord de la Sibérie et sur le nord du Canada. Dans le même temps, les modifications apportées aux contours continentaux aux basses latitudes seraient à peine perceptibles, car (à quelques exceptions près) les eaux équatoriales sont profondes et une diminution du niveau d'eau, de quelques dizaines de mètres, ne provoquerait pas l'émergence de grandes superficies de terres. Vers la fin de la période de ralentissement, alors que les principales caractéristiques géographiques des océans et des terres qui se sont déjà ajustés à la forme ellipsoïdale de la planète et à la nouvelle répartition de la gravité, des changements relativement mineurs se produiraient. Cela peut être attribué à la forme ellipsoïdale de la planète, qui surpasse l'effet de la diversité du relief géographique de la terre. »
 
Il s'agit d'un extrait relativement court sur la manière exhaustive (et très intéressant) de l'analyse de Fraczek que vous pouvez trouver, accompagné de plusieurs cartes illustrant les différentes étapes de la migration océanique et des changements dans l'étendue des terres, ici : esri : If the Earth Stood Still.

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Peut-être n'avait-il pas remarqué que la chaine du National geographic en avait fait un documentaire, dans lequel vous remarquerez la même reconstitution de la carte établie par Fraczek (voir vidéo ci-dessous).




Commentaires 2

avatar de Morgurgh
  • Par Morgurgh 0 0
  • La migration des océans aux confins polaires n'est qu'une des conséquences qu'aurait l'arrêt de la rotation terrestre. Nous pourrions tout aussi bien evoquer la dérive des continents eux-mêmes, l'arrêt de la magnétosphère, les extinctions d'espèces qui en découlerait, et probablement un changement radical dans l'orbite terrestre, qui pourrait s'en trouver totalement chambouler.
    A noter que Vénus, la soeur infernale de la Terre, aurait connu dans son passé lointain un arrêt, puis un revirement de sa rotation. On ne sait pas à l'heure actuelle si c'est l'état d'une collision avec un corps celeste gigantesque qui l'aurait conduit à cette rotation retrograde, ou alors du fait de la forte densité de l'atmosphère vénusienne, en prenant compte les effets de marée thermique qui démontre un certain comportement chaotique de l'axe de rotation de Vénus.

avatar de Le-veilleur
  • Par Le-veilleur (Admin) 0 0
  • Oui, tu as raison d'aborder les autres effets et conséquences si un tel évènement devait se produire. On peut y ajouter des conséquences dramatiques au niveau de l'interraction Terre/Lune, car cette dernière n'étant plus sous l'effet cynétique, se verrait attiré par notre terre avec les conséquences que l'on peut imaginer ! La répartition de l'oxygène serait également afféctée tout comme les eaux... Ce serait vraiment apocalyptique

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