21,7 milliards de dollars, le prix de la disparition programmée de la grande barrière de corail


Alors que de récentes études de chercheurs australiens alertent que 99% des échantillons de coraux étudiés dans la grande barrière de corail dénotent les traces d'un blanchissement annonçant leur prochaine mort, des autorisations d'exploitation minière viennent d'être accordées à un groupe industriel malgré les dangers évidents.

Ce deuxième « poumon » de la planète pour son apport en oxygène, et qui rappelons le, est un patrimoine mondial sous l'égide de l'Unesco depuis 1981, avait réussi à échapper à la menace du lobby du gaz de schiste en 2013. Toujours sous des prétextes énergétiques, c'est au tour du charbon de menacer cette fois la grande barrière de disparition.

Nous constatons une fois de plus qu'au sein du système consumériste dans lequel nous vivons, tout à un prix, et celui de la grande barrière de corail est « estimé » à 21,7 milliards de dollars (21.700.000.000 $), peu importe si il en va de la survie humaine !

Si cette mine voit le jour, elle serait la plus grande mine de charbon d'Australie et du monde. Sa capacité annuelle sera de 60 millions de tonnes de charbon correspondant à l’émission de 127 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent des émissions totales de la Belgique. Ce projet occupera une surface de 35 000 hectares et consommera 297 millions de m3 d'eau prélevés sur les aquifères de la région, ce qui aura des conséquences pour l'environnement et les populations locales (wikipédia).

Car en effet, le corail est avant tout un organisme vivant complexe et fragile, et les récifs coralliens qui en sont constitués jouent un rôle fondamental pour la biodiversité. Ils permettraient d’attirer et abriter pas moins d’un quart de toutes les espèces marines, et pour cause puisqu'ils offrent supports, abris et nourriture à des espèces de toutes tailles. Si le corail meurt, c’est l’océan qui meurt. Et comme l’exprimait le capitaine Paul Watson dans son livre :

Si l’océan meurt nous mourrons !

Le Veilleur

Les licences accordées à un projet minier

Le gouvernement du Queensland a octroyé dimanche des licences d’exploitation minière au groupe indien Adani pour un gigantesque projet. Ce dernier est critiqué pour son impact possible sur la Grande barrière de corail classée au patrimoine de l’Humanité.Le groupe indien a cependant déclaré qu’il attendrait l’issue des recours en justice introduits contre le programme Carmichael pour engager des financements définitifs.

Le gouvernement de l’Etat du Queensland a annoncé que trois licences d’exploitation – portant sur 11 milliards de tonnes de charbon – avaient été accordées pour ce projet houiller de 21,7 milliards de dollars australiens (16 milliards de francs suisses).

C’est un important pas en avant pour ce projet, décidé après une évaluation exhaustive du gouvernement.

, a dit la Première ministre du Queensland Annastascia Palaszczuk dans un communiqué.

Les conditions les plus strictes continueront de protéger les intérêts de l’environnement, des propriétaires de terrains et notre emblématique Grande barrière de corail.

Un impact montré du doigt

Ce projet de mine de charbon, qui deviendrait l’une des plus vastes au monde, est dénoncé par des associations de défense de l’environnement, qui le jugent néfaste pour le plus grand récif corallien de la planète. Son impact sur le climat en général est également montré du doigt, vu les piètres performances du charbon en matière de gaz à effet de serre (ndv : oui, je sais, mais c'est un autre débat).

Adani a salué cette annonce, qui donne au groupe davantage de vision alors qu’il veut entamer les travaux en 2017. Mais il a regretté les recours en justice, qui, avec la nécessité d’obtenir le feu vert des autorités à la fois fédérales et de l’Etat, font traîner la procédure depuis six ans.

La priorité pour Adani c’est l’obtention de certains feux verts mineurs et la résolution des recours juridiques motivés par des considérations politiques, avant toute décision finale d’investissement, a prévenu un porte-parole. Initialement, Adani voulait entamer la phase de construction en 2015. Le groupe n’est que trop conscient des risques qu’il y aurait à trop avancer les travaux importants avant que ces questions ne soient réglées.

Des recours juridiques

Au moins deux recours juridiques barrent encore la route d’Adani. L’un d’eux a été formé par un groupe aborigène qui a saisi la cour fédérale de Brisbane en reprochant à Adani de ne pas avoir sollicité son consentement.

La Australian Conservation Foundation a de son côté saisi la Cour fédérale australienne d’un nouveau recours contre le feu vert gouvernemental d’octobre.

Source Romandie/News

Mais aussi le projet de creusement de la Grande Barrière

On apprend également que parallèlement au projet minier, le groupe Adani a aussi lancé en 2014 un projet de creusement d'un chenal à travers la Grande barrière de corail d'Australie pour faciliter l'exportation de charbon avec le dragage de 38 millions de m3 de sable du récif. Ce projet controversé, au financement douteux suscite lui aussi une opposition internationale...



Commentaires 2

avatar de Pobs
  • Par Pobs 0 0
  • Super article, encore une histoire d'argent qui enlève tout sentiment.
    Que va-t-il rester à nos enfants ??

avatar de Le-veilleur
  • Le-veilleur a répondu (Admin) 2 0
  • En effet, que va-t-il leur rester... Les yeux pour pleurer aurais-je envie de dire. Un monde ou l'eau et l'air vont devenir payants, car rares. La disparition de nombreuses espèces animales a déjà commencé, ainsi que la déforestation. Il ne nous restera plus comme cela semble prévu d'aller coloniser une nouvelle planète et recommencer le processus de destruction... (une vision pessimiste, mais au train ou vont les choses...)

Ajouter un commentaire


Autres articles dans la catégorie « Etat de la planète Environnement »